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La microméthanisation pour garantir l’autonomie énergétique

À Plasne dans le Jura, Laurent Mottet a investi dans une microméthanisation qui lui permet de supprimer ses achats de fioul pour le chauffage et de sécuriser son plan d’épandage.

La station de microméthanisation de 64 kW mise en service au mois de juin par Laurent Mottet devrait produire suffisamment de chaleur pour couvrir les besoins en chauffage de son élevage de 350 truies naisseur-engraisseur sans avoir à acheter de fioul. « L’investissement dans une unité de micro-méthanisation répond avant tout à un objectif d’autonomie énergétique », explique l’éleveur, installé à Plasne, une commune du Jura situé à 600 mètres d’altitude. « Ici, la chaudière tourne quasiment toute l’année, excepté 15 jours en été ». Aussi, malgré des bâtiments bien isolés en briques monolithes, les factures de chauffage étaient salées. « La micro-méthanisation me permettra d’économiser entre 10 000 et 12 000 litres de fioul par an pour produire l’eau chaude destinée à chauffer les plaques des maternités et les post-sevrages via des ailettes. »

Digestat riche en azote facilement assimilable

Par ailleurs, Laurent Mottais souhaitait sécuriser son plan d’épandage en proposant à ses prêteurs de terres un digestat riche en azote facilement assimilable. « Avec eux, nous sommes allés voir un éleveur de porcs qui a fait une installation similaire et qui fertilise ses céréales avec le digestat de sa station. Les rendements annoncés avec très peu d’achats d’engrais minéral les ont impressionnés. La méthanisation améliore la valeur fertilisante des lisiers qui sont mieux assimilés par les plantes », souligne-t-il. La principale source de rentabilité de l’installation provient cependant de la revente d’électricité à EDF, chiffré par Bio4gaz, le fournisseur de l’installation, à près de 90 000 euros par an. Ce type d’installation (moins de 80 kW et 60 % minimum d’effluents d’élevage) bénéficie du meilleur tarif de rachat (22,5 centimes par kW). Pour un investissement total de 800 000 euros, le retour sur investissement calculé par Bio4gas est de huit ans.

Vidange des préfosses toutes les trois semaines

Laurent Mottet prévoit d’utiliser l’intégralité des 8 000 m3 de lisier produit par son élevage. Pour obtenir du lisier le plus méthanogène possible, les préfosses des engraissements sont vidangées toutes les trois semaines. Celles des post-sevrages le sont entre chaque bande tous les 35 jours, et celles du bloc naissage tous les mois. Il utilise également du fumier pâteux de vaches laitières récupéré d’un prêteur de terres. Le tout est incorporé deux fois par semaine dans une fosse de préparation de 65 m3. « Il me faut 150 m3 de lisier et 25 tonnes de fumier chaque semaine », calcule-t-il. Il a également incorporé cet été des déchets de céréales issues de sa fabrique d’aliment, un substrat très méthanogène. Pour le suivi quotidien, Laurent Mottet dispose d’un écran qui lui indique en temps réel le taux de sulfure d’hydrogène (H2S) et de méthane (CH4) présent dans le réacteur. « Si l’H2S augmente trop, j’envoie immédiatement de l’air pour rectifier le tir. Si la production de CH4 diminue, c’est qu’il y a un problème de production, lié par exemple à une canalisation bouchée. » L’éleveur admet avoir parfois tâtonné au départ pour trouver les bons réglages. « Je me suis appuyé sur l’expérience de Benoît Drouillhet de la SCEA La Richardière dans l’Ain qui possède une installation similaire », avoue-t-il (voir Réussir Porc septembre 2013, page 80). « Désormais, je pense maîtriser l’ensemble du process », assure-t-il.

Trois mois après la mise en service de l’installation, Laurent Mottet est pleinement satisfait de son choix. « Le temps que j’y consacre est minime. Il faut simplement faire de la surveillance, apporter le fumier dans la préfosse et ouvrir les vannes de lisier quand il y en a besoin. » L’autonomie énergétique de son exploitation est en passe d’être atteint. « C’est un aspect qui renforce sa pérennité, au même titre que l’autorenouvellement des reproducteurs, la fabrication des aliments à la ferme, et la vente directe », conclut-il.

Chiffres clés :

L’unité de méthanisation

Préfosse de 65 m3 + hangar de stockage du fumier
Digesteur de 800 m3
Moteur de 64 kW
Fosse de stockage de 1 200 m3 (+ récupération d’une fosse existante de 2 000 m3)

La conception du digesteur Bert optimise la production de biogaz

Le digesteur commercialisé par Bio4gas est composé de deux compartiments imbriqués l’un dans l’autre. Elles sont équipées de deux tubes en inox appelés Thermo-gas lift (TLG), dans l’épaisseur desquels circule de l’eau chaude. Ce chauffage provoque un gradient de température sur la hauteur des tubes et induit un mouvement vertical du substrat. Ce principe de thermosiphon permet de brasser le mélange à l’intérieur du digesteur sans éléments mécaniques. Il évite la formation d’une croûte solide à la surface du mélange qui pourrait ralentir la réaction. La température de fonctionnement de l’unité (38 °C) est maintenue de façon homogène sur toute la hauteur du digesteur. Grâce à ces caractéristiques, le temps de présence du substrat est abaissé à 30 jours, contre 40 jours dans des digesteurs classiques.

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