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La crise frappe toute l’Europe du Nord

Aucun bassin de production du nord de l’Europe n’échappe à l’insuffisance des prix du porc. Les conséquences sont globalement les mêmes partout, avec des outils qui changent de main. Mais, au final, une production qui baisse peu.

Cet éleveur allemand a décidé d'abandonner la production de porcelet et d'investir dans des bâtiments pour élever des volailles reproductrices.
© C. Reibel

C’est une évidence : avec des prix payés globalement très resserrés dans les différents bassins de production d’Europe du Nord et des coûts de production relativement proches, tous les élevages sont en difficulté depuis des mois, y compris des ateliers affichant de bonnes performances techniques.

Mais des différences existent en relation avec des organisations de production différentes et un contexte, souvent réglementaire et environnemental, particulier.

Aux Pays-Bas, les producteurs souffrent de charges essentiellement liées au traitement obligatoire de l’air et au coût de gestion des lisiers (p 18). Au Danemark, la spécialisation de la filière entre d’un côté des ateliers de naissage de 600 à 700 truies, et de l’autre des engraissements chez les éleveurs disposant de plus de surfaces d’épandage, a amené les éleveurs à investir fortement ces dernières années. Mais compte tenu du prix du porcelet, la rentabilité des ateliers de naisseurs est catastrophique (p 26). Et ce sont souvent de jeunes éleveurs ayant fortement investi qui subissent le plus durement la chute du prix des porcelets. Se rajoute à cette tension la crainte de voir la peste porcine africaine arriver sur le sol danois via les innombrables camions en provenance des pays de l’Est chaque jour… L’inquiétude est donc grande.

En Allemagne, la situation peut paraître relativement moins tendue (p 24). Les éleveurs allemands ont en effet souvent investi dans des installations telles que la méthanisation, les panneaux solaires ou l’éolien et disposent – davantage que leurs voisins du Nord – de terres, sources de revenus.

Dans ces conditions, le scénario est à peu près le même partout. Face à des situations de cessation de paiement, des élevages sont repris sans que cela n’apparaisse au grand jour, l’éleveur devenant « salarié » dans son élevage. Les repreneurs peuvent être des sociétés – intégrateurs, fabricants d’aliment… – ou d’éleveurs qui trouvent dans cette situation une opportunité pour s’agrandir.

D’autres changent de production, comme cet éleveur hollandais qui se reconvertit dans la production de volailles repros (p 25). Mais certains tentent tout simplement de vendre. En Belgique, le couple Van Branden, naisseur-engraisseur, a mis l’ensemble de l’exploitation, maison d’habitation et terres en vente depuis plus d’un an. Sans succès (p 22).

Pourtant, malgré ce contexte dramatique, personne ne prévoit une baisse significative de la production de porcs charcutiers. En revanche, une concentration de la production avec un nombre toujours plus faible d’éleveurs sera une des conséquences de cette crise que tous les observateurs qualifient de « jamais vue ».

La crise va accélérer la concentration des élevages
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