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La concentration des élevages et la présence de contaminants impactent le niveau de médication

© Infographie Réussir

Une étude sur la démédication en élevage porcin a été menée par la Selas de la Hunaudaye, et présentée en avril 2013 à l'Agrocampus de Rennes , lors d'une journée consacrée à ce sujet.  Les conclusions de ce travail, exposées par Anne-Sophie Auvrignon, sont peu surprenantes : les élevages qui affichent les dépenses de santé les plus élevées sont situés dans les zones à forte concentration porcine, le SDRP et l'actinobacillus y sont présents. Ce que l'on pressentait se trouve ainsi confirmé sur 38 élevages suivis par la Selas de la Hunaudaye répartis en deux groupes égaux, l'un affichant de faibles dépenses de santé (0,53 EUR/porc) et l'autre de fortes dépenses (1,86 EUR/p).

 

La densité porcine influence la prescription d'antibiotiques


Parmi les critères qui diffèrent significativement, la zone géographique influence la prescription d'antibiotiques.
La zone la plus à l'Est, globalement hors Bretagne, avec la plus faible densité porcine se distingue par des coûts d'antibiotiques de 1,23 EUR/porc, significativement inférieurs à ceux
des deux autres zones (1,65 et 1,63 EUR/porc). Par ailleurs, l'analyse des déclarations des vétérinaires suivant les élevages, il ressort que les fortes consommations d'antibiotiques sont le fait d'élevages devant maîtriser le SDRP et l'actinobacillus pleuropneumoniae, mais aussi
le circovirus et l'iléite. Ce qui explique que ces éleveurs utilisent aussi plus de vaccins. Enfin, les infrastructures s'avèrent moins adaptées dans ce groupe qui cumule donc des
handicaps. En revanche, l'étude montre que ces éleveurs qui doivent maîtriser des contaminants majeurs parviennent à obtenir de bonnes performances techniques, qui s'avèrent même plus élevées que le groupe à faible consommation antibiotique. Le recours aux vaccins
et antibiotiques leur permet donc de maîtriser la situation. Sachant qu'en plus ils respectent davantage les règles de biosécurité interne et l'hygiène, sanitaire oblige, au final, cela explique que la marge sur coût alimentaire est identique dans les deux groupes étudiés.
Enfin, l'étude a mis aussi en évidence des caractéristiques qui n'ont aucune relation avec la consommation d'antibiotique : le vétérinaire suivant l'élevage, la marche en avant (globalement peu respectée), le taux de pertes qui, au final est bien maîtrisé même en présence de contaminants.
La jeune vétérinaire conclut en outre que les éleveurs des deux groupes peuvent être classés en deux profils psychologiques distincts : les anxieux pour les forts utilisateurs
d'antibiotiques, et les économes pour les moins dépensiers... On verra plutôt dans cette typologie une conséquence d'un sanitaire plus ou moins difficile qu'un trait de caractère qui ferait la différence !

Protocole de l'étude

38 élevages ont été suivis par la Selas de la Hunaudaye dans dix départements

Moyenne : 174 truies
Relevé des dépenses de santé.
Questionnaire soumis au vétérinaire et aux éleveurs sur le bilan de consommation et les pratiques d'élevage.
Analyse statistique.

Pour en savoir plus

Voir dossier complet de Réussir Porcs n°206, juillet-août 2013 p. 22 à 34.

http://www.reussir-porc.com/actualites/la-demedication-en-bonne-voie:OUF5WA6S.html

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