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Jean-Baptiste Belloeil a conçu un bloc naissage pour faciliter le travail

Éleveur multiplicateur femelles Nucléus à Lanfains, dans les Côtes d’Armor, Jean-Baptiste Belloeil a construit un bloc naissage de 240 truies agencé et équipé pour limiter les tâches pénibles et le temps de travail. L’objectif est de pouvoir gérer l’atelier avec deux UTH.

Installé depuis 2006 sur l’exploitation de ses parents avec 165 truies naisseur engraisseur en multiplication femelle Nucléus, Jean-Baptiste Belloeil a restructuré son exploitation en construisant un nouveau bloc naissage de 240 truies et 1 150 places de post-sevrage. La porte ouverte organisée avec son groupement Cooperl Arc Atlantique le 5 juillet dernier a été l’occasion de découvrir cet ensemble conçu pour optimiser le temps de travail de l’éleveur et de sa salariée (deux UTH), tout en garantissant un statut sanitaire de qualité grâce à une filtration en entrée d’air. L’éleveur a particulièrement mis l’accent sur la conception du bâtiment dans lequel les mouvements des animaux et des personnes sont réduits. Il a également investi dans des équipements de plus en plus automatisés qui font appel à de la technologie numérique, notamment pour la gestion de l’alimentation et la ventilation.

Des déplacements limités pour l’éleveur et les animaux

Ce qui marque avant tout en entrant dans le bâtiment, c’est sa compacité et les salles de grande dimension. La conduite en cinq bandes avec un sevrage à 21 jours ne nécessite qu’une seule maternité constituée de 40 cases ascenseur réparties sur deux rangées. L’unique couloir central permet à l’éleveur de se déplacer rapidement d’une truie à l’autre. L’éleveur a fait installer une caméra sur un rail qui permet la surveillance des animaux à distance et le déclenchement des mises bas notamment. La maternité est séparée de la verraterie-gestante par une seule porte. Il n’y a que quelques mètres à faire pour passer de l’une à l’autre. Les truies à inséminer sont bloquées dans deux rangées de réfectoires accessibles ici aussi à l’arrière par un couloir central unique. Chaque bande de truies confirmées pleines est ensuite logée dans deux cases, l’une pour les multipares et une autre plus petite pour les cochettes en première gestation. L’alimentation contrôlée individuellement est assurée par le Selfifeeder d’Asserva. À cela s’ajoute dans la salle une rangée dédiée aux cochettes en attente saillie. La quarantaine est située à proximité sous le même toit. Pour les raisons sanitaires évidentes, elles y accèdent par une entrée indépendante. Une autre porte donne accès directement au bloc verraterie-gestante pour qu’elles intègrent le troupeau quand la phase de contamination est terminée. De la maternité, les porcelets sevrés sont envoyés dans l’une des quatre salles de post-sevrage de 288 places par une seconde porte pour éviter de croiser le circuit des truies. Le passage du post-sevrage vers l’engraissement situé à côté du bloc naissage se fait par un autre accès.

Une ventilation salle par salle connectée

La compacité du bâtiment est renforcée par la ventilation salle par salle. Il ne nécessite donc pas de large couloir central sous lequel se trouve la gaine d’extraction généralement utilisée pour une ventilation centralisée. Un compromis dicté également par son coût moindre (entre 50 000 et 100 000 euros, selon l’éleveur), mais qui ne remet pas en cause la qualité de la ventilation. La filtration de l’air impose une ventilation par surpression, assurée par quatre turbines de 65 000 m3/h chacune, réparties en deux unités de filtration. La climatisation du bâtiment en périodes chaudes est assurée par un cooling situé en amont de ces turbines. La ventilation de chaque salle est pilotée soit à partir d’un boîtier individuel tactile à l’entrée de chaque salle, soit d’un PC dans l’élevage, ou bien d’une tablette ou d’un smartphone si l’éleveur est à l’extérieur du bâtiment, le tout étant connecté à une application web. Une solution qui simplifie la vie, notamment pour les multiplicateurs qui doivent se doucher avant d’entrer dans le bâtiment. Les cheminées d’extraction prennent l’air vicié soit dans la masse (maternité) soit sous les caillebotis (post-sevrages, bloc saillie-gestantes). Elles sont équipées de réducteurs de section motorisés pour les bas débits.

Gestion individuelle de l’alimentation des truies

Depuis l’arrivée de la cochette jusqu’à son départ pour la réforme, l’éleveur peut déterminer précisément et individuellement les quantités journalières de chaque animal, grâce aux alimentateurs individuels à sec développés par Asserva pour chaque stade physiologique. Outre le gain de temps, ces appareils permettent d’améliorer les performances techniques en faisant coïncider les apports aux besoins physiologiques réels. En verraterie, Jean-Baptiste Belloeil s’est équipé du Sow Meal Control (SMC), le dernier né de la gamme Asserva. L’éleveur peut programmer l’alimentation journalière maximum de chaque truie. L’aliment est distribué en petites quantités grâce à une vis lente située sous la réserve. L’alimentation en maternité et en gestante est gérée sur le même concept, mais avec du matériel différent (Materneo pour la maternité, Selfifeeder pour la gestante), avec lesquels la distribution d’eau est également automatisée, contrairement au SMC. En post-sevrage, les porcelets reçoivent une alimentation à la case avec un multiphase permettant des transitions progressives entre deux aliments. Pour limiter le nombre de vanne dans les salles, Asserva a mis au point un système à barillet qui permet de répartir la distribution de l’aliment dans 8 nourrisseurs différents. Le multiphase d’Asserva permet aussi une distribution d’aliment contenant du maïs humide, et un ajout d’eau en fin de circuit pour une alimentation humide (bouillie ou soupe).

Les fournisseurs :

Charpente Rose-Eludis (22, Lamballe)
Aménagements intérieurs Calipro (22, Lamballe)
Alimentation/ventilation/chauffage Asserva (22, Lamballe)
Caillebotis béton Fournier (35, Fougères)
Élévations Pigeon Préfa (35, Combourg)
Maçonnerie GF Bati (22, Hillion)

Multiplication Nucléus avec des truies Landrace

Pour produire les cochettes reproductrices, Jean-Baptiste Belloeil utilisera des truies Landrace croisées avec des verrats Large White. « Les Landrace compensent leur moindre prolificité par de meilleures qualités maternelles, justifie l’éleveur. Au final, les performances de productivité des deux lignées sont désormais similaires. » Jacques Gourmelon, le directeur de Nucléus, souligne l’importante progression des performances des truies Nucléus. « En 2018, les 25 % meilleurs naisseurs engraisseurs de la Cooperl, soit 110 éleveurs, sèvrent plus de 13 porcelets par portée », affirme-t-il. Par ailleurs, le groupement lamballais assure la qualité sanitaire des reproductrices en prenant en charge le coût de la mise sous filtration des bâtiments en sélection et en multiplication, jusqu’à 840 euros par truie. Il participe aussi aux coûts de fonctionnement, jusqu’à 20 euros par truie et par an.

D.P.

 
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