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Dossier
Installation : la cohérence avant tout

Pour réussir son installation en production porcine, il est aujourd’hui nécessaire de tenir compte de la cohérence des tous les paramètres qui entourent l’élevage, et d’imaginer de nouvelles solutions pour dégager une bonne rentabilité.

© dp

Indéniablement la problématique des installations en production porcine a beaucoup changé ces dernières années. L’évolution majeure réside dans l’augmentation exponentielle du montant des capitaux engagés. Gwenola Floc’h Penn, économiste à la Chambre d’agriculture du Finistère, chiffre une reprise moyenne à plus de 400000 euros, avec parfois des sommes qui dépassent un million d’euros (voir page 18) ! Difficile dans ces situations d’imaginer une installation avec de simples prêts bancaires. Ces sommes nécessitent désormais de nouveaux montages financiers, qui feront de plus en plus appel à des capitaux extérieurs à l’exploitation, voire à la filière.

Une fois le financement trouvé, il convient,mais ce n’est pas nouveau, de limiter au maximum le prix d’équilibre afin que l’exploitation dégage un résultat positif dès les premières années, même si les marchés sont en crise. Une exigence qui oblige bien souvent à dévaluer la valeur de reprise de l’exploitation, qui sera calculée plutôt sur son potentiel de rentabilité future que sur la valeur patrimoniale réelle. Pour réaliser cette évaluation, la qualité des partenaires de l’acquéreur joue un rôle essentiel,mais ne se limite pas à une simple expertise financière. Les stratégies de soutien des groupements aux jeunes qui s’installent diffèrent, selon qu’ils leur proposent un prix minimum couvrant le coût de production (voir page 28) ou bien qu’ils développent une stratégie de compétitivité globale qui vise à limiter le coût des intrants tout en maximisant le prix de vente (voir page 30).

La valeur de l’exploitation s’évalue également par sa dimension environnementale, bien au-delà du simple plan d’épandage ou de la station de traitement (voir page 20). La dimension humaine est aussi essentielle, et ne pas en tenir compte fait trop souvent échouer une reprise.

Une fois ces préalables respectés, il est alors possible à l’acquéreur d’envisager toutes les possibilités de développement. Cette possibilité de réfléchir à des solutions alternatives est même nécessaire, si cela permet au repreneur d’optimiser à la fois les critères financiers, ses ressources humaines et environnementales. Des alternatives comme les « naissages associatifs » (voir page 24) sont désormais envisagées pour les jeunes qui s’installent. Elles illustrent parfaitement la diversité des solutions qui peuvent se présenter à eux et les conséquences que cela implique. Selon Dominique Amiaut de Porc Armor, les éleveurs engagés dans un naissage collectif produisent leurs porcs charcutiers à un coût similaire. Mais leur prix d’équilibre et constitué différemment des naisseurs-engraisseurs individuels : moins de charges opérationnelles grâce à une rationalisation plus importante de la production,mais plus de charges opérationnelles à cause notamment d’une main-d’oeuvre salariée plus importante. À cela s’ajoutent des conséquences à la fois humaines et environnementales qui peuvent totalement modifier les perspectives de développement à long terme. À chacun donc de choisir les options qui lui conviennent le mieux.

Plus que jamais la cohérence de l’élevage doit être au coeur des préoccupations de tout jeune qui s’installe.

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