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En assemblée générale, à Paris
Inaporc veut rebondir sur le plan de filière

L’interprofession porcine fait du plan de filière élaboré suite aux États généraux de l’alimentation une véritable feuille de route pour transformer la filière porcine en profondeur.

Guillaume Roué, président d’Inaporc. « Nous sommes d’accord pour discuter avec la société civile. Mais il ne faut pas inverser les valeurs. »
© D. Poilvet

« Le plan de filière élaboré par Inaporc constitue une vraie stratégie collective. De nombreux engagements ont été pris pour transformer la filière porcine et la rendre plus compétitive », soulignait Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture, en introduction de l’assemblée générale de l’interprofession à Paris, le 4 juillet dernier. Parmi les points forts abordés par ce plan, la segmentation de la production afin de répondre aux attentes des consommateurs a fait l’objet d’un débat. Une segmentation que le représentant de la distribution, Thierry Lirot, estime « vitale » pour l’ensemble de la filière. « Le plan de filière a validé un nouveau schéma de production. Désormais, nous devrons fonctionner en flux tirés. Pour cela, il faut être à l’écoute des consommateurs. » Des consommateurs qui, pour lui, retrouveront l’envie d’acheter des produits du porc à deux conditions : « qu’on lui propose des produits de qualité avec un niveau de sécurité élevé, et les rassurer sur les aspects bien-être animal et attentes sociétales ». Un message relayé par les transformateurs. « La montée en gamme est indispensable. Nos clients nous la demandent », martèle Arnaud Fontaine, directeur qualité du groupe Aoste. « Pour cela, nous pouvons nous appuyer sur les signes officiels de qualité : IGP, label rouge, bio… Le Porc Français doit aussi prendre plus d’importance. » Pour lui, il reste encore des progrès à faire sur le porc conventionnel, en termes de qualité technologique, mais aussi sur les questions du sanitaire et des attentes sociétales. « Il faudra faire des contrôles par un organisme indépendant à tous les niveaux de la filière : amont, production, abattage et transformation. Les contrevenants devront être exclus de la démarche s’ils ne respectent pas le cahier des charges. Il ne faut pas que quelques mauvais exemples décrédibilisent l’ensemble de la filière comme c’est le cas actuellement. »

Transparence et confiance des consommateurs

Un avis partagé par Paul Auffray, le président de la FNP et représentant des producteurs. « Nous devons apporter de la transparence, car tous les engagements appliqués par les éleveurs ne sont pas reconnus. Il faut aussi reconquérir la confiance des consommateurs. Pour cela, nous devons écouter tous les signaux des marchés. » Pour lui, étoffer le cahier des charges du Porc Français est vital. « Si nous ne le faisons pas, ce sont les ONG qui le feront. » Guillaume Roué, le président d’Inaporc, rejoint cette analyse. « Nous sommes d’accord pour discuter avec la société civile. Mais les valeurs de nos opposants ne doivent pas s’imposer. Elles doivent être simplement complémentaires, » conclut-il.

Il ne faut pas que quelques mauvais exemples décrédibilisent l’ensemble de la filière

Les distorsions européennes toujours aussi néfastes

Selon un indice de compétitivité des filières européennes calculé par l’Ifip, la France arrive seulement en cinquième position, loin derrière l’Allemagne, l’Espagne, et dans une moindre mesure le Danemark et les Pays-Bas. « L’Allemagne est avantagée par le faible coût de la main-d’œuvre. Les industriels ont massivement investi dans leurs outils d’abattage », souligne Boris Duflot, directeur du pôle économie de l’Ifip. En Espagne, la production est plus segmentée, mais l’offre est mieux adaptée aux besoins des clients. "Ils sont aussi très compétitifs en coûts de production." Danois et Néerlandais perdent du terrain par rapport aux deux leaders. Les éleveurs des Pays-Bas sont notamment pénalisés par l’environnement, « qui leur coûte entre 10 et 15 c€/kg de carcasse ». La France a vu son classement chuter depuis vingt ans. « Les contraintes environnementales qui ont commencé par la circulaire Voynet-Pensec en 1994 ont bloqué tout développement de la production », rappelle Michel Bloc’h, le président de l’union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB). Aujourd’hui, le problème de l’environnement est réglé. Mais les distorsions de concurrence avec les autres pays européens ont pris le relais."Ils sont clairement à l’origine du décalage de compétitivité actuel entre la France et ses concurrents européens", affirme-t-il. Par exemple, en Allemagne, « le régime de TVA forfaitaire appliqué par les éleveurs allemands leur rapporte entre 2 et 4 euros par porc et par an ». Dumping environnemental également, avec les transferts fictifs de lisier aux Pays-Bas, ou encore l’absence de solutions efficaces pour résorber les surplus d’azote dans certains landers d’Allemagne. Dumping social enfin, « toujours très actif en Allemagne et en Espagne », souligne Emmanuel Commault. Le directeur de Cooperl Arc Atlantique déplore que rien n’ait été fait pour atténuer ces distorsions de concurrence. « En attendant, elles permettent à nos concurrents de monter en gamme afin de garder leurs parts de marché. » La seule solution pour sortir la filière porcine française du marasme est, selon lui, de « toujours améliorer nos coûts de production ».

Inaporc et Interbev formalisent leur collaboration avec l’industrie chinoise

À la fin de l’AG, la China meat association (industriels chinois de la viande) a signé un protocole de collaboration avec Inaporc et l’interprofession bétail et viande (Interbev). Cette signature formalise une collaboration informelle en vigueur depuis plusieurs années avec Inaporc. Parmi les actions communes envisagées : la rémunération de consultants, la promotion des produits, l’organisation de conférences ou la présence sur les salons internationaux. L’un des objectifs des Français est de mieux identifier l’origine France sur les produits commercialisés en Chine. Guillaume Roué et le président de la China Meat Association se connaissent de longue date, partageant respectivement les sièges de président et vice-président de l’Office international de la viande.

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