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Olivier Desportes
Il est référent élevage pour le Crédit Agricole

Olivier Desportes, naisseur-engraisseur à Guenroc, Côtes-d’Armor, consacre une partie de son temps à la fonction de référent pour la banque dont il est aussi administrateur. Sa mission est de renforcer l’expertise professionnelle, qu’il s’agisse de projets d’installation ou de situations difficiles.

Olivier Desportes, naisseur-engraisseur à Guenroc
© DR

Donner de son temps et faire valoir son expertise en élevage auprès des agriculteurs, c’est ce qui guide Olivier Desportes depuis 2009 dans sa mission de référent élevage pour le Crédit Agricole des Côtes-d’Armor. Ils sont trente-trois dans le secteur agricole à assumer cette mission aujourd’hui en place dans ce département et en Ille-et-Vilaine (voir encadré).

Concrètement, il s’agit d’accompagner le chargé de clientèle de la banque pour une rencontre avec l’agriculteur dans globalement deux cas de figure : soit un projet (d’installation ou d’important développement), soit des difficultés financières. « Ce binôme est particulièrement intéressant, les compétences de l’un devant être complétées par celles de l’autre pour trouver la meilleure solution à chaque cas particulier. C’est la base du bon fonctionnement d’une banque mutualiste », souligne-t-il.

Suite à la prise du rendez-vous proposé à l’agriculteur, le chargé de clientèle et le référent professionnel se rendent sur place, visitent l’exploitation en détail, échangent avec lui. Le référent remet au chargé de clientèle un compte-rendu qui servira, en complément de l’étude financière, de base aux décisions d’accompagnement de la banque. Olivier précise : « Il ne s’agit pas d’un audit, d’un jugement de valeur et encore moins de conseils. C’est avant tout une analyse qui pointe les besoins identifiés pour que la banque dispose des éléments que personne d’autre qu’un homme de métier ne saurait aussi bien préciser."

Parmi les deux missions qui lui sont confiées, Olivier intervient quasiment deux fois par mois sur des projets d’installation, particulièrement les jeunes puisqu’il est aussi référent JA, spécialisé dans les « profils jeunes ». « Le premier contact dans la cour de la ferme est particulièrement important. Immédiatement, on se tutoie, on parle entre éleveurs d’égal à égal, et je découvre le profil de la personne qui est en face de moi. » Il témoigne aussi du grand enthousiasme de ces jeunes « fiers de présenter leur projet, qui se projettent dans un avenir qui les passionne ».

D’ailleurs, Olivier se souvient que, lui aussi, pour son installation avec quarante-deux truies en plein air en 1987 lorsqu’il avait 22 ans, il avait reçu la visite du président et du directeur de la caisse locale du Crédit Agricole accompagnant le chargé de clientèle. Une démarche qui s’est aujourd’hui transformée et formalisée avec ces référents, mais qui relève de la même complémentarité entre le banquier et le professionnel.

 

Plus délicates, les visites pour difficultés financières relèvent du même état d’esprit : comprendre pourquoi ; difficultés familiales, de santé, ou techniques… « Souvent, dans ces situations économiquement difficiles, les gens se referment sur eux-mêmes, refusent le dialogue. Mais au fil de la visite, ils se libèrent, évoquent peu à peu les vrais problèmes, et nous avançons dans la compréhension de la problématique et la recherche de solutions, car, j’insiste, on n’est pas là pour juger, mais faire en sorte que l’activité puisse se redresser. » L’arrêt d’activité est une issue plutôt rare, selon Olivier qui témoigne toutefois que, dans certains cas, les agriculteurs savaient qu’il valait mieux arrêter, mais avaient besoin qu’un œil extérieur (et averti) leur confirme.

« Mais dans la grande majorité des cas, il s’agit bien de continuer, trouver les solutions qui, en porc, sont généralement liées à des performances techniques perfectibles. Sont-elles liées à des bâtiments trop vétustes, des erreurs de conduite…" L’expertise d’Olivier est précieuse pour la banque.

Toutefois, la connaissance de l’élevage ne suffit pas, et Olivier, comme les autres référents, bénéficie de formations spécifiques. Une fois par an à la caisse régionale sur le rôle du référent, un cycle sur trois ans à raison de six jours par an à l’Académie bretonne, l’école du Crédit Agricole en Bretagne pour les administrateurs et les salariés, et, pour les administrateurs des caisses régionales une fois par an à l’Ifcam (institut de formation du Crédit Agricole à Paris). « La formation était quasiment la seule condition que j’ai demandée lorsque le Crédit Agricole m’a proposé cette mission. Car je n’imagine pas prétendre représenter les agriculteurs si je n’ai pas les compétences dans le domaine agricole, mais aussi bancaire. » Et il ajoute que « chaque visite enrichissant l’expertise au service des futures visites », c’est toujours avec une grande satisfaction qu’à l’issue de chacune d’elle, il a pu contribuer à faire avancer les choses dans le bon sens.

Claudine Gérard

Apporter « le côté humain supplémentaire » auprès du monde bancaire
 
 
Parcours

1987 Installation près de l’élevage familial, avec la création d’un élevage de 42 truies en plein air, puis passage à 150 truies

1994 Obligation d’abandonner le plein air et construire un bâtiment fermé par l’administration en raison de la présence de la station de pompage de l’eau pour la ville de Rennes sur le périmètre de l’exploitation

Constitution du Gaec avec deux éleveurs voisins dans la même situation

1998 Administrateur à la caisse locale (Caulnes) du Crédit Agricole

2005 Président de la caisse locale

2008 Administrateur à la caisse régionale

2009 Référent « élevage » au Crédit Agricole

 

 

Une « solidarité opérationnelle »

L’implication d’Olivier Desportes au sein du Crédit Agricole a commencé en 1998, avec l’objectif de représenter sa commune – Guenroc, 215 habitants – et sa profession, au sein de la caisse locale.

Aujourd’hui, avec des responsabilités croissantes et en particulier cette mission de référent, il entend participer à la « solidarité opérationnelle » revendiquée par la banque. Ses représentants, Jérôme Guiard, directeur des Marchés et Roger Andrieu, président de la caisse régionale 22, précisent qu’il s’agit bien d’un axe stratégique qui consiste à « aider les professionnels dans une logique d’accompagnement économique et humain ».

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