Aller au contenu principal

Isabelle et Pascal Richard
Fiers de valoriser leurs porcs localement

Isabelle et Pascal Richard, éleveurs à Trégomeur dans les Côtes-d’Armor, commercialisent une partie de leurs porcs charcutiers engraissés sur paille auprès de bouchers-charcutiers pour des débouchés locaux.

L’organisation mise en place à l’EARL Bellevue est pour le couple d’éleveurs une réussite sur le plan personnel et économique. Les porcs produits par les 150 truies de l’élevage sont engraissés sur caillebotis et commercialisés au groupement Cooperl pour 2 500 d’entre eux. Les 1 800 autres sont engraissés sur paille, et vendus à une clientèle de proximité, artisans bouchers-charcutiers et collectivités locales.

Sur le plan personnel, Pascal Richard affirme « aimer le commerce » et avoir pensé à la vente directe il y a plus de dix ans. Mais pas par la transformation, bien trop compliquée. Le « deal » passé avec un jeune charcutier local, Christophe Mahé, et son collègue Stéphane Pestel, lui a permis de réaliser ce projet intelligemment : « C’est moi qui entreprend les démarches pour trouver les nouveaux clients. Ensuite, Christophe m’accompagne pour discuter entre professionnels de la restauration. Puis c’est lui qui transforme et qui livre ».

Le partenariat a commencé en 2012, année où le jeune charcutier s’installe à Lanvollon dans la boutique « Terroir et Traditions ». Il recherche des cochons élevés sur paille. Ses besoins sont alors de trois à quatre porcs par semaine. Isabelle et Pascal trouvent là une opportunité de circuit court qui les intéresse.

Un engraissement neuf dédié à la vente directe

Ils construisent alors un engraissement de 200 places pour fournir le charcutier selon le cahier des charges souhaité : tout l’engraissement sur paille, une alimentation sans OGM et avec de la graine de lin. À chaque bande, 200 femelles sont placées dans ce nouveau bâtiment. Les affaires de Christophe marchent très bien et ses besoins en porcs augmentent ! Pour satisfaire la demande croissante de ses clients dans le magasin et sur les marchés, il a besoin de 10, puis 15, puis 20 porcs semaine. Les éleveurs construisent alors un deuxième engraissement sur paille en 2014. De quoi fournir leur « partenaire » et satisfaire de nouveaux débouchés : d’autres artisans bouchers charcutiers de communes voisines, mais aussi des collectivités locales – cantines… – que Christophe Mahé livre à la demande : « 600 saucisses pour tel lycée, 50 côtes pour telle cantine…, autant de commandes que je ne pourrais pas satisfaire si j’avais choisi de transformer moi-même mes porcs. Car il faut valoriser toute la carcasse », justifie l’éleveur.

Et le commerce de Christophe Mahé continue de se développer ! Les éleveurs ont donc construit cette année un troisième engraissement sur paille pour 300 places supplémentaires afin de fournir la demande actuelle qui a atteint 40 porcs par semaine. Et ceci de façon régulière toute l’année grâce à la complémentarité des débouchés : les marchés pour les touristes l’été (Binic n’est qu’à quelques kilomètres), et les collectivités de Saint-Brieuc et des alentours dès la rentrée de septembre.

Un bon retour sur investissement

La réussite est aussi économique. Sans aller plus loin dans le détail, les éleveurs témoignent de la bonne valorisation des porcs engraissés sur paille. Certes, le coût de production est plus élevé que celui du porc conventionnel. Il faut compter la paille (produite sur l’exploitation mais pas vendue), le surcoût alimentaire (18 €/tonne d’aliment), l’investissement dans le bâtiment (250 €/place), la croissance des porcs plus lente (+ deux semaines au même poids de vente), et le temps passé. À savoir, selon l’éleveur, l’équivalent d’une journée par mois liée au paillage, au tri plus compliqué dans ces grandes cases de 66 porcs et la prospection de nouveaux clients. Mais les éleveurs annoncent que le prix de vente de ces porcs couvre sans problème ces surcoûts et justifie d’avoir investi dans les trois bâtiments d’engraissement uniquement dédiés à ce débouché.

Bref, une complémentarité de circuits de l’atelier qui a du sens, de l’éleveur au consommateur.

Toujours prêts à montrer ce qu’ils produisent

« L’élevage est ouvert à tous ceux qui veulent le visiter », affirment-ils, comme l’indique d’ailleurs le flyer de publicité distribué sur les lieux de vente. Les éleveurs participent aussi de bon cœur aux diverses manifestations pour la promotion du métier : opérations portes ouvertes avec le CRP, Journées Fermes et Paysages organisées par la Chambre d’agriculture de Bretagne ou encore opérations Terroirs et Traditions des bouchers. La dernière manifestation qui s’est déroulée dans l’exploitation s’est ainsi soldée par pas moins de 400 couverts servis sur place.

Coordonnées : Isabelle et Pascal Richard, Belle Vue, 22590 Tregomeur.Tél. 06 81 07 82 77bellevuerichard@wanadoo.fr
Fiche d’identité
EARL Bellevue, Tregomeur (Côtes-d’Armor)
Isabelle et Pascal Richard
130 truies naisseur-engraisseur total
2 UTH
45 hectares SAU
Groupement Cooperl
Conduite en 5 bandes

Un bâtiment sur paille tout confort

Chaque bâtiment est conçu sur le même modèle : des cases de 6,3 m par 13,5 m pour 70 places (avec un minimum de 1,2 m2 par porc). Les cases sont généreusement paillées une fois par semaine. Le fumier est repris par un légumier de la côte nord.

Le dernier bâtiment mis en service en mai dernier a coûté 75 000 € et les éleveurs ont pu bénéficier d’aides PCAE ainsi que de subventions du Conseil général et de l’Europe.

Les plus lus

<em class="placeholder">Elodie entourée de </em>
« J’ai transformé une partie de l’élevage lapin en atelier d’essai porcin »

Installée sur l’élevage familial cunicole, Élodie Guillotel vient de créer un atelier de post-sevrage et d’engraissement en…

<em class="placeholder">Installé à Plélo (Côtes-d’Armor), le démonstrateur Charlie sera le support à la finalisation du procédé de liquéfaction du biogaz. Y seront produits annuellement ...</em>
La liquéfaction du biogaz ouvre une nouvelle voie de valorisation pour les agriculteurs

Après la cogénération et l’injection, la liquéfaction ouvre une nouvelle voie de valorisation du méthane pour les agriculteurs…

<em class="placeholder">Élodie Durand, salariés de la SCEA de La Landette depuis deux ans, a pu compter sur son chef d&#039;élevage, Cédric Merlet, pour apprendre le métier et l&#039;intégrer dans ...</em>
« Mon métier de salariée en élevage porcin est devenu ma passion »

Non issue du milieu agricole, Élodie Durand s’épanouit dans son travail au naissage associatif de La Landette. Son chef d…

<em class="placeholder">L’influence du rang de portée sur le poids de naissance est moindre chez les éleveurs qui pèsent depuis plus longtemps.</em>
La pesée des porcelets à la naissance, levier de gain technique pour les éleveurs de porc

Une enquête en élevages d’Evel’Up confirme l’intérêt du suivi régulier du poids des porcelets à la mise bas pour adapter les…

Une meilleure immunité des porcelets plus lourds à la naissance

Améliorer le poids de naissance favorise la prise colostrale et limite les pertes sur nés vivants.

<em class="placeholder">Les très bons résultats enregistrés ces dernières années en élevage porcin masquent une réalité plus contrastée.</em>
Depuis dix ans, des résultats économiques des élevages porcins élevés mais très fluctuants 
Entre 2015 et 2024, les bons résultats des éleveurs porcins masquent une forte variabilité des revenus d’une année…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Porc
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Filière Porcine
Newsletter COT’Hebdo Porc (tendances et cotations de la semaine)