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Virus grippaux : Des situations contrastées dans les différents pays européens

Les virus grippaux majoritairement impliqués diffèrent très sensiblement selon les pays européens. C’est ce que démontre le premier bilan d’une étude démarrée en 2015 par le laboratoire IDT Biologika [JA1].

Agnès Jardin, vétérinaire, responsable technique France IDT. A coordonné l’enquête qui a porté sur 136 élevages en Europe, dont 78 en France.
© DR

Pour accompagner son développement à l’international et en l’absence de réseau européen de suivi des virus grippaux depuis 2013, le laboratoire propose aux vétérinaires une aide au diagnostic de la grippe, par la fourniture de kits de diagnostic. L’objectif est de connaître la situation des pays vis-à-vis des souches de virus porcins de la grippe.

Le premier bilan des résultats collectés est étonnant puisqu’il n’y a pas de comparaisons possibles entre des pays, pourtant voisins, avec des circulations d’hommes, d’animaux, de matériel conséquents.

En France, très majoritairement, la souche H1N1 prédomine (78 %), tandis que le H3N2 n’est pas détecté et que la souche pandémique « reste » à 10 %. À l’inverse, au Danemark, cette souche pandémique (contre laquelle il n’existe pas de vaccin en France à ce jour) est identifiée dans 56 % des cas, le H1N2 représentant le reste des souches identifiées. Entre ces deux situations, les autres pays affichent tantôt une relativement forte proportion de souche H3N2 (Belgique, Pays-Bas), tandis que seuls les Pays-Bas sont confrontés à la souche « rare » H1N1 human/avian…

Agnès Jardin, vétérinaire IDT, en dresse le constat sans pouvoir, à ce stade, fournir d’explication définitive. Les virologistes émettent l’hypothèse que cette « photographie » est le résultat d’une « compétition entre les virus » qui « s’installent » plus ou moins sur un territoire. Ainsi, Gaëlle Simon émet l’hypothèse que, en France, « le virus pandémique a fait son trou là où il n’y avait rien ». Une question d’opportunisme en quelque sorte.

Plus de 2 000 échantillons analysés

Le laboratoire IDT Biologika fournit dans les différents pays européens des kits de diagnostic (boîtes d’écouvillons nasaux). Les vétérinaires utilisateurs de ceux-ci permettent le succès de l’étude qui se prolonge encore à l’heure actuelle. Au total, en 2015, ce sont 2107 échantillons en provenance de 136 élevages qui ont été analysés. Les deux tiers de ces élevages ont présenté au moins un écouvillon positif grippe et, au final, un tiers des écouvillons étaient positifs.

En France, 78 élevages ont participé à l’enquête et 60 % ont eu au moins un écouvillon positif. Agnès Jardin ajoute que de nombreux cas étaient associés à des co-infections avec le SDRP ou le circovirus, et que le virus pandémique pouvait être associé à toutes les formes cliniques de la grippe, classique ou récurrente (voir plus loin).

 

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