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Porc : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière porcine dédiée aux agriculteurs, éleveurs de porcs.

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Hygiène, conduite d'élevage et alimentation
Démédication : les axes de travail de la CAM 53

L’objectif de réduction de 25 % de la consommation d’antibiotique en élevage peut être atteint. C’est l’avis des techniciens du groupement porc de la CAM 53 qui tenait forum sur ce thème le 28 février.

« Diminuer la consommation d’antibiotiques est une nécessité,mais qui doit se faire en maintenant le potentiel de performance des élevages intact », affirmait Julien Segalen, responsable du groupement porc de la CAM 53, lors du forum organisé le 28 février dernier à Laval. Pour lui, l’objectif imposé par les pouvoirs publics d’un quart d’antibiotiques en moins dans les élevage est réalisable. Tout au long de la journée, les témoignages d’éleveurs adhérents au groupement ont abondé dans ce sens. Les interventions des techniciens qui ont détaillé les actions possibles pour réaliser cet objectif montrent que les axes de travail sont multiples et efficaces.


À commencer par la biosécurité. « Nous pouvons agir à la fois contre l’introduction de nouveaux germes dans l’élevage, et contre leur propagation à l’intérieur de l’élevage », rappelle Amandine Massiot, technicienne à la CAM 53. Des mesures qui ne coûtent pas cher, si ce n’est parfois en temps de travail, en rigueur, et en bonnes habitudes à prendre. "Elles ont pour avantage de protéger l’élevage des maladies en général, et non d’un germe en particulier, et agissent directement sur les performances techniques : productivité, GMQ, IC, TMP et bien sûr les taux de pertes. »


Mais ces mesures de biosécurité ne sont efficaces que si l’hygiène en élevage est bien respectée. « Notre rôle de technicien est de toujours rappeler les bonnes pratiques concernant des opérations essentielles comme le lavage, la désinfection des salles, l’hygiène et l’entretien des circuits d’eau », souligne Gaétan Derrien, technicien porcs. « Il faut du temps pour mener à bien correctement l’ensemble des opérations, mais on oublie trop souvent qu’elles sont justifiées et que le gain financier est réel. » Le non-respect des normes des bâtiments représente également un risque important de dérapage sanitaire. « On parle de surcharge lorsque la surface par animal est inférieure à 0,65 m en engraissement », rappelle Paul Vanhaecke, technicien bâtiment. Chiffres à l’appui, il démontre que toutes les solutions supprimant la surcharge sont économique- ment rentables : baisse du nombre de truies, changement de conduite en bande, vente de porcelets, achat ou construction d’un engraissement supplémentaire quand cela est possible... « À chaque fois, le gain de performance compense largement les surcoûts induits », constate-t-il.


Dans certains cas, le dépeuplement et le repeuplement de l’élevage par des reproducteurs assainis est la solution radicale pour supprimer les germes pathogènes de l’élevage. « L’expérience des éleveurs ayant réalisé cette démarche avec le schéma génétique Nucléus montre que cette opération coûte 400 euros par truie en moyenne », souligne Jean- Louis Quinton, technicien porc. « Mais grâce à l’amélioration des performances techniques, le retour sur investissement est la plupart du temps inférieur à deux ans. » Enfin, la démédication de l’aliment premier âge en particulier, est certainement l’axe de travail offrant le plus de promesses concernant la réduction des antibiotiques en élevage. Les éleveurs du groupement CAM sont bien avancés sur ce sujet, puisque 65 % d’entre eux utilisent déjà un 1er âge blanc. « Nous pouvons maîtriser les désordres digestifs du sevrage en limitant les taux de protéines de l’aliment, et en contrôlant le stress du porcelet par des nutriments et des additifs ciblés », explique Laurent Roger, chef produit porc CCPA. « Et malgré cette restriction protéique, le potentiel de l’aliment reste élevé, grâce à l’utilisation de matières premières très digestibles et à la prise en compte de la protéine idéale », conclut-il.

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