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Porc : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière porcine dédiée aux agriculteurs, éleveurs de porcs.

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Baisser encore la protéine de l'aliment porc, c’est possible !

Essais en engraissement à Crecom. La diminution du taux de matières azotées totales des formules croissance et finition permet d’aboutir aux mêmes performances et réduire les rejets, sous réserve de respecter les apports d’acides aminés recommandés.

Il est possible de distribuer aux porcs en engraissement un aliment à bas taux protéique, équilibré en acides aminés, tout en conservant d’excellentes performances de croissance, d’indice et de classement.
Il est possible de distribuer aux porcs en engraissement un aliment à bas taux protéique, équilibré en acides aminés, tout en conservant d’excellentes performances de croissance, d’indice et de classement.
© D. Poilvet

La chambre régionale d’agriculture de Bretagne et le fournisseur d’acides aminés Ajinomoto viennent d’achever deux essais à la station porcine de Crecom. Ils confirment qu’il est possible de distribuer aux porcs en engraissement un aliment à bas taux protéique, équilibré en acides aminés, tout en conservant d’excellentes performances de croissance, d’indice et de classement. Avec à la clé des économies sur la consommation de protéines, sur les rejets azotés (15 à 23 %) et une amélioration de la marge sur coût alimentaire. Hervé Roy, ingénieur à la chambre d’agriculture de Bretagne, détaille les deux essais.

Le premier a consisté à comparer des aliments croissance et finition contenant respectivement 14,5 % et 13,5 % de matières azotées totales (MAT) avec un témoin « classique », bien que déjà moins riche en MAT que les maxi Corpen (15,5 % et 14,5 % respectivement). Dans cet essai, les animaux étaient alimentés selon un plan relativement sévère : 45 g/kg de poids vif à l’entrée en engraissement, une progression de + 25 g/j et un plafond à 2,5 kg/j. Résultat : des performances tout à fait identiques entre les deux lots (voir tableau), une consommation de lysine identique, mais une réduction de la consommation de protéines de 9 %, et des rejets azotés de 15 %.

L’essai qui a suivi a globalement repris le même protocole, « mais dans des conditions plus proches du terrain », résume Hervé Roy : 40 g/kg d’aliment à l’entrée en engraissement et une progression de 32 g/j. De plus, deux lots de porcs ont été constitués avec l’aliment « bas en MAT », l’un rationné à 2,5 kg, l’autre à volonté. Comme dans l’essai précédent, avec un même plan d’alimentation, les aliments témoins et « bas taux de MAT » conduisent à des performances tout à fait identiques. Et sans surprise, les porcs nourris à volonté ont obtenu des croissances très supérieures à ceux qui étaient rationnés : 974 g/j contre 892 g/j. Leur consommation de MAT et de lysine est évidemment supérieure à celles des porcs rationnés recevant le même aliment, mais les rejets azotés restent inférieurs à ceux du lot témoin.

Hervé Roy a en outre calculé l’impact économique d’une réduction de la MAT dans ces conditions (respect des équilibres en acides aminés et recours aux AA de synthèse) avec des conjonctures de prix du porc allant de 1,10 €/kg à 1,60 €/kg (prix cadran). Dans tous les cas, la marge sur coût alimentaire est améliorée avec l’aliment « bas taux de MAT » rationné, de 3 % à 5 %. Il conclut donc que « la réduction du taux de MAT des aliments croissance et finition, sous réserve de respecter les apports minimaux en différents acides aminés est possible, sans que les performances ne soient altérées ». Il encourage donc les professionnels à aller dans ce sens afin de diminuer notre consommation protéique et les rejets azotés, et regrette que, trop souvent, « il y ait une surenchère sur la valeur en MAT figurant sur l’étiquette qui, comme le confirment encore ces deux essais, n’a que peu d’importance, l’essentiel étant de satisfaire les besoins en acides aminés totaux et digestibles ». Mais ces valeurs, elles, ne figurent pas sur l’étiquette !

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