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Anticiper les escarres des truies pour mieux les traiter

L’escarre est le signe d’une perte d’état de la truie et constitue une cause de réforme. Il est donc nécessaire d’anticiper ses besoins alimentaires et de les traiter au plus tôt.

L’escarre est une nécrose de la peau et des tissus sous-jacents, formant une croûte noire puis un ulcère. Chez la truie, une escarre est un ulcère nécrotique qui se forme par-dessus une nécrose de la peau, au niveau de l’épaule, qui n’a pas été traitée rapidement). Arrivée à ce stade, cette lésion cutanée ne pourra guérir, ce qui conduira à réformer l’animal. Les escarres apparaissent le plus souvent chez les truies âgées et les truies amaigries. En effet, ces animaux ne possèdent plus assez de gras sur les zones (épaules, pointes de la hanche) qui sont fréquemment en appui sur le sol ou les tubulaires.

Les truies hyperprolifiques et très musclées sont également concernées. La pression sur la peau coupe la circulation sanguine. Si l’appui se prolonge de quelques heures (moins de 2 heures chez l’humain), les cellules de la peau meurent. Ces lésions tissulaires sont irréversibles. Une rougeur persistante apparaît alors au niveau de la zone d’appui. Sachant que la première semaine de mise bas, la truie est couchée sur le côté durant 85 % de son temps le jour et 98 % la nuit, il est important de prendre en compte cette lésion cutanée.

 

 

 

L’escarre est décrite selon quatre stades : une plaie, de dedans en dehors, de forme conique (une partie des lésions n’est pas visible), à base profonde, ce qui la différencie des abrasions cutanées qui se forment suite à un accident ou une maladie. La formation des esquarres se déroule en quatre grands stades :

Stade 1 : une rougeur cutanée apparait.
Stade 2 : une ulcération se forme jusqu’au derme et une nécrose atteint l’épiderme.
Stade 3 : l’ulcération atteint l’hypoderme.
Stade 4 : l’ulcération arrive au niveau du tissu musculaire et de l’os. Ces lésions nécessitent alors l’euthanasie de l’animal.
 

Évaluer préventivement les besoins alimentaires

Pour éviter que les escarres se forment, il est primordial d’évaluer les besoins alimentaires de la truie pendant la période de gestation (notamment la première et la deuxième gestation) et pendant la période de lactation, pour éviter une perte d’état trop importante. Cette évaluation, si elle n’est pas réalisée en routine, doit obligatoirement se faire si plus de 10 % des truies ont une escarre au sevrage, plus de 3 % à l’échographie, ou plus de 1 % en milieu de gestation. Les outils pratiques qui permettent le suivi de l’état corporel des truies sont nombreux. Le plus simple consiste à l’apprécier visuellement ou par palpations en suivant un guide de notation de l’état corporel du porc. L’objectif étant d’avoir 70 % de truies de la bande avec le score 3. Cette évaluation peut aussi être faite par des outils plus objectifs, tels que la mesure d’épaisseur de lard dorsal (ELD). Elle est réalisée le plus souvent à l’aide d’un appareil à ultrasons Renco sur une zone précise du dos. Il faut viser 70 % des truies de la bande avec une épaisseur de lard dorsal comprise entre 16 et 19 mm à la mise bas. Cependant, les valeurs de références des ELD varient en fonction de la génétique de la truie. L’éleveur doit se rapprocher de son technicien afin qu’il lui indique les objectifs propres à la génétique de son troupeau. La pesée des animaux permet également de connaître l’état corporel de la truie. Cependant il faut faire attention à ne pas avoir des truies trop musclées, mais plutôt ayant des réserves de gras à l’entrée en maternité. Il peut être nécessaire, selon les génétiques, de coupler la pesée à la mesure ELD, à l’évaluation visuelle ou à la palpation. Enfin, l’éleveur peut utiliser un Caliper, un outil qui sert à évaluer l’état corporel des truies de façon globale, c’est-à-dire proportion de gras et de muscle.

Intervenir le plus tôt possible

Pour favoriser une bonne guérison des lésions d’escarres, Chêne vert conseille d’intervenir le plus tôt possible pour ne pas atteindre un stade trop avancé (nécrose, voire ulcère). La désinfection de la plaie et l’application quotidienne d’un cicatrisant sont recommandées. Il est également possible de soulager mécaniquement la truie en l’isolant dans une case (éviter les frottements sur les barreaux de cage) et en mettant des pansements spécifiques pour escarres de truies. Il est quelques fois possible d’administrer en complément un antibiotique par voie injectable quand une infection apparait au niveau de la plaie. Si le stade ulcère est atteint, l’euthanasie doit être pratiquée afin de limiter les souffrances de l’animal.

Côté biblio

Maladies d’élevage des porcs 2e édition, Guides France agricole, G.P. Martineau et H. Morvan, 2010

Avis d’expert : Amel Taktak, cabinet vétérinaire Chêne vert

Amel Taktak, ingénieure Chêne vert © Chêne Vert

« L’importance de l’observation des animaux »

En maternité, il faut prendre le temps d’observer les truies. Cette observation permet de comptabiliser les escarres et de noter leur stade (de 1 à 4) et leur localisation (épaule, hanche). En effet dans les élevages, le nombre d’escarres est bien trop souvent sous-estimé. La bonne évaluation de leur proportion permet de mettre en place plus rapidement des mesures correctives et d’éviter que trop d’animaux en soient atteints.

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