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Un lien entre l’hygiène de la soupe des truies et les diarrhées néonatales

Une étude de Porc. spective montre que le risque d’avoir des diarrhées néonatales augmente lorsque le dénombrement d’entérocoques dans la soupe distribuée aux truies est élevé.

Le nombre d’Enterococcus et de coliformes totaux dans la soupe peut être un indicateur d’une soupe de mauvaise qualité microbiologique et à risque de diarrhées néonatales. © D. Poilvet
Le nombre d’Enterococcus et de coliformes totaux dans la soupe peut être un indicateur d’une soupe de mauvaise qualité microbiologique et à risque de diarrhées néonatales.
© D. Poilvet

Les dénombrements des coliformes totaux et des entérocoques semblent être des critères pertinents pour juger si la qualité de la soupe distribuée aux truies gestantes et allaitantes est à risque d’apparition de diarrhées néonatales. C’est ce qui ressort d’une étude menée par Pors. spective, présentée par Romane Grandin, lors des Journées de la recherche porcine. L’étude a comparé les critères microbiologiques des soupes de dix élevages témoins à ceux de dix élevages cas, ayant au moins 20 % des portées avec diarrhées sous la mère sur au minimum deux bandes consécutives. Dans chaque élevage, deux prélèvements ont été réalisés : l’un au niveau d’une vanne gestante dans le dernier tiers de gestation et le second au niveau d’une vanne de maternité durant la première semaine de lactation.

Mieux cerner le rôle d’Enterococcus

Les résultats montrent que plus les dénombrements de coliformes totaux (> 105 UFC/ml), de levures (> 104 UFC/ml) et en particulier d’entérocoques sont élevés, plus la probabilité d’observer des diarrhées néonatales est élevée. « Dès lors qu’on dépasse 104 UFC/ml d’Enterococcus dans un échantillon de soupe en gestante ou en maternité, la probabilité d’avoir des diarrhées néonatales dépasse 50 %. »

En revanche, il n’y a pas de différences significatives entre les deux groupes d’élevages sur les critères de pH, et sur le dénombrement de coliformes fécaux, de flore lactique et d’aérobies sulfito-réducteurs.

Attention à l’hygiène des soupières

Les résultats de cette pré-étude devront être confirmés par d’autres investigations, notamment pour approfondir le lien entre le dénombrement des Enterococcus spp dans les analyses de soupe et l’apparition des diarrhées néonatales à entérocoques. Les analyses réalisées en parallèle sur les porcelets ont en effet montré que dans 70 % des élevages, la bactérie Enterococcus hirae semblait être l’agent responsable des diarrhées néonatales. « Il y a une réflexion à mener sur les liens entre diarrhées néonatales, entérocoques et alimentation en soupe. »

Ces résultats soulignent l’importance de l’hygiène des cuves de préparation de la soupe et du contrôle régulier des flores dans les circuits de distribution. « Porc. spective préconise un rinçage quotidien et un nettoyage régulier avec un détergent alcalin (voire ponctuellement avec un détergent acide). Mais en l’absence de pathologie cliniquement observée et confirmée par des analyses microbiologiques de la soupe, le cabinet déconseille une désinfection de la machine à soupe. » Le risque est qu’elle détruise le biofilm positif de la soupière.

Mise en garde

Ne pas congeler l’échantillon de soupe

L’échantillon de soupe ne doit pas être congelé avant d’être envoyé au laboratoire pour évaluer sa qualité microbiologique. Une étude de Porc. spective a montré que la congélation influençait le résultat de l’analyse. Il est donc conseillé de déposer l’échantillon de soupe, sous couvert de froid, le plus vite possible.

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