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Un bel engagement humanitaire au Burkina Faso

Naisseur-engraisseur dans le Finistère, Jacques Milin a apporté son savoir-faire en participant à la construction d’une petite porcherie dans un centre de formation agricole du Burkina Faso en 2013. Depuis, il poursuit son engagement solidaire avec de beaux projets.

Les murs de la porcherie sont montés par les bénévoles avec les maçons locaux, en utilisant des parpaings fabriqués sur place.
Les murs de la porcherie sont montés par les bénévoles avec les maçons locaux, en utilisant des parpaings fabriqués sur place.
© DR

Il insiste pour préciser que son engagement est celui de tout un groupe. À savoir la contribution à une mission humanitaire tout à fait intéressante à Bérégadougou, à 400 kilomètres de la capitale du Burkina Faso, petit État de la corne ouest de l’Afrique. Là, un groupe d’agriculteurs et d’habitants de la commune de Milizac, au nord de Brest, y a séjourné du 23 février au 9 mars 2013 pour y construire une petite porcherie d’engraissement pour loger les porcs issus de la dizaine de truies présentes au lycée agricole Clima, centre lassalien d’initiation aux métiers de l’agriculture. L’idée est venue d’un habitué de l’Afrique et des missions : Michel Le Ru, professeur d’électrotechnique au lycée La Croix Rouge de Brest. Cet homme organise en effet depuis de nombreuses années des chantiers dans différents pays africains, chantiers sur lesquels il emmène ses élèves qui découvrent ainsi comment des microprojets peuvent aider efficacement des populations « très demandeuses de ce type d’aide », affirme Jacques Milin.
Avant toute chose, l’équipe de 17 personnes, hommes, femmes, retraités ou actifs, ont réussi à collecter les 15 000 euros nécessaires à l’achat des matériaux et aux infrastructures pour mener à bien ce projet. Une belle opération de repas dans la commune de Milizac, avec 500 parts de jambon à l’os a permis de recueillir plus d’un tiers du budget. Tous les membres du groupe s’investissent pour boucler le budget. Pour sa part, Jacques a utilisé le « réseau » de l’élevage, groupements, fournisseurs… pour aller chercher des contributions.
Puis c’est le départ pour cette aventure qui marquera le début d’un engagement « solidaire ». Chaque membre du groupe paye son voyage de sa poche « afin de ne pas amputer les fonds nécessaires à l’aboutissement du projet ». Arrivés sur place tous s’arment de pelles, truelles… pour monter les parpaings faits sur place par les artisans locaux. « L’idée n’était pas de se substituer complètement aux ressources locales, mais de travailler en harmonie avec le charpentier ou le maçon local. » De même, nous n’avons jamais imaginé « imposer » un type de production ou de bâtiment. Mais nous avons seulement mis au service de ces personnes nos compétences pour les aider à construire un bâtiment typique dans ce pays : de petites cases très simples, avec une « baignoire » pour que les porcs s’y rafraîchissent, de larges ouvertures pour laisser circuler l’air… L’objectif était bien de rationaliser un minimum la production qui a une vocation pédagogique mais aussi économique dans la mesure où elle participe aux recettes qui font vivre l’institution de formation, dédiée aux jeunes couples avec enfants qui vivent et s’instruisent sur le site pendant deux ans.
Les élévations terminées, le charpentier local est venu couvrir le bâtiment, puis ce fut la fête. Jacques Milin nous montre avec une émotion à peine dissimulée les photos des musiciens, chanteurs et danseuses qui ont fait le spectacle avant le départ des bénévoles qui se sont accordés une semaine de découverte du pays avant de rejoindre le Finistère.

« Cela m’a beaucoup servi à relativiser les choses »


De cette première expérience, Jacques Milin tire plusieurs enseignements majeurs. Le premier est de devoir s’adapter au pays, à ses habitudes, à certaines lenteurs… Le second est que ce type de découverte est aussi une richesse pour le bénévole. « Cela m’a beaucoup servi à relativiser les choses, mesurer ce qui est important ou pas, se contenter de ce qu’on a, et qui est tellement disproportionné par rapport à ce dont disposent ces habitants et les difficultés qu’ils rencontrent ! »
Enthousiasmé par cette première expérience, Jacques Milin a signé pour un deuxième voyage en 2014. Toujours dans le sillage de Michel Le Ru, il a cette fois participé à la construction d’une maternité-dispensaire pour les femmes d’un village éloigné de toute structure sanitaire. Même satisfaction de participer à un microprojet dont le résultat est tangible, et dont les Africains sont toujours très demandeurs.
On ne s’étonnera donc pas du projet qu’il est en train de mettre sur pied : constituer une association, l’Amis, Association Milizac Iroise Solidarité, constituée majoritairement des membres de la première mission au Burkina, et perpétuer ces initiatives en Afrique. « Le chantier est énorme, la population très demandeuse, et l’accueil est exceptionnel. » La prochaine destination n’est pas dévoilée, mais les dates quasiment fixées : ce sera pour février-mars 2015.

Jacques Milin, éleveur engagé dans l'action humanitaire en Afrique

 

1982 : installation en Gaec à Milizac avec son frère.
2009 : constitution de l’EARL Océane avec deux sociétés distinctes, une pour le lait et l’autre pour le porc avec 220 truies, 35 hectares et un salarié. Groupement Aveltis.
Jusqu’en 2010, administrateur Pigalys et à présent administrateur ADN.

 

Jacques Milin est également bénévole au niveau de sa commune, Milizac. Il est notamment très actif dans l'organisation de la fête du porc.

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