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Quarantaine longue, une stratégie gagnante

Allonger la quarantaine à 8, 9, 10 semaines, voire plus, peut s’avérer positif au niveau des performances de reproduction, du sanitaire, avec, au final, un intérêt économique.

© dp

Allonger la durée de quarantaine contribue à entrer dans le troupeau de truies des cochettes plus matures, plus aptes à entamer une carrière de qualité. C’est ce qui ressort de l’expérience d’éleveurs qui ont modifié leur conduite et prolongé la durée de quarantaine entre 8 et 11 semaines après l’arrivée des cochettes. Ils témoignent que, contrairement à ce qu’on pourrait penser, cette méthode a un impact économique positif.D’abord parce qu’ils constatent que la prolificité est améliorée dès la 1re portée, et que le syndrome 2e portée disparaît. Les cochettes s’avèrent plus aptes à assurer une production laitière de qualité et sortent moins fatiguées de leur première lactation (page 64). Ensuite parce que la longévité des truies est accrue : augmenter l’âge à la première mise bas diminue le taux de réformes anticipées (page 60).

Au final, la carrière de la truie se solde par des porcelets produits en plus qui compensent le temps de quarantaine souvent jugé improductif. Autre intérêt, le fait d’allonger la quarantaine contribue à maîtriser le sanitaire de l’élevage (page 66). En effet, l’introduction de cochettes, le plus souvent de haut niveau sanitaire, dans un élevage fatalement plus ou moins chargé de pathogènes, est une source constante de relances de pathologies au sein du troupeau de truies. Allonger la quarantaine permet de confiner les cochettes à part du troupeau pendant la période où, en raison de vaccinations ou de contaminations raisonnées, elles sont le plus excrétrices de ces pathogènes. C’est aussi un moyen de leur faire acquérir une meilleure immunité vis-à-vis des contaminants de l’élevage.

Pour ces raisons zootechniques et sanitaires, augmenter la durée de la quarantaine peut s’avérer payant, à condition toutefois que l’élevage le parc bâtiment, la conduite en quarantaine et l’introduction dans le troupeau permettent de respecter les principes mêmes d’une quarantaine (page 68). Le but est bien de protéger le troupeau de truies de pathogènes qui seraient excrétés par les cochettes, et protéger les cochettes des pathogènes des truies du troupeau… Les règles de biosécurité s’imposent donc, quelle que soit la durée qui s’écoulera entre l’arrivée des cochettes et leur entrée en verraterie. C’est pourquoi la configuration de la quarantaine doit permettre une conduite en tout plein tout vide, le lavage, la désinfection et un vide sanitaire, ceci supposant généralement une quarantaine en deux temps. Par ailleurs, la technique ne dispense en aucun cas l’éleveur de respecter des règles de base, entre autres une marche en avant, une tenue spécifique pour la quarantaine, et un programme de contamination et de vaccination raisonné qui s’inscrit dans le cadre plus général de la gestion du troupeau.

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