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Porc français : la FNP dénonce les distorsions

En assemblée générale à Angers le 13 juin dernier, la fédération nationale porcine (FNP) s’est montrée particulièrement vigilante sur les distorsions de concurrence qui risquent, à terme, de dégrader le taux d’autosuffisance de la France.

Une dérive inquiétante du solde commercial

« La dégradation de la balance commerciale des produits du porc interroge sur la santé de la filière porcine française », souligne Arnaud Clouet, secrétaire général de la FNP. 

Lire aussi : « Simplification administrative : tout reste à faire pour les élevages de porcs et volailles ! »

En valeur (viande + charcuterie), elle était déficitaire de -380 millions d’euros en 2024. Les volumes importés ont augmenté de 4,7 % en un an, alors que les exportations de viandes baissent, notamment vers la Chine et l’Espagne. Les abats se vendent cependant mieux à l’étranger, « grâce notamment à l’accord France-Chine de mai 2024, soutenu par Inaporc et la FNP, pour les abats blancs », souligne la FNP. Pour expliquer cette évolution, Arnaud Clouet met en avant les distorsions de concurrences subies par les éleveurs français, notamment sur le prix payé. « Les principaux pays producteurs européens ont un prix du porc plus élevé qu’en France », constate-t-il : + 15 c/kg en Allemagne, + 30 c/kg en Espagne. Il souligne également un écart croissant entre les prix des aliments achetés aux fabricants industriels et celui issu des fabrications à la ferme, « souvent supérieur à 30 €/tonne », que les cours des matières premières " n’expliquent que partiellement".

réglementation : directive Réglementation et seuils ICPE à revoir

La FNP soutient le projet de loi Duplomb actuellement en débat à l’Assemblée nationale et au Sénat. Il projette entre autres d’aligner les seuils Autorisation Installation Classée pour l’Environnement (ICPE) avec enquête publique sur les seuils européens. Ces seuils passeraient ainsi de 2 000 à 3 000 places de porcs charcutiers et de 750 à 900 places de truies. « Les seuils français actuels constituent une distorsion de concurrence importante pour les jeunes qui s’installent avec des élevages de taille de plus en plus grande », fait observer François Valy, le président de la FNP. « Le coût d’un dossier ICPE est très important, entre 15 000 et 30 000 euros. Les délais sont très longs, au moins un an, avec souvent des recours. Les éleveurs n’ont aucune certitude d’aboutir. Aujourd’hui, ils sont prêts à investir, mais la réglementation actuelle ne les incite pas à le faire ».

Le syndicat est également très actif sur le dossier IED qui soumettrait en 2032 la majorité des élevages de porcs à des normes d’émissions beaucoup plus contraignantes que celles appliquées actuellement. « Cette directive est prévue pour l’industrie, pas pour les élevages », souligne Thierry Marchal. La FNP mise désormais sur une clause de revoyure prévue en 2026 pour que l’élevage de porcs ne soit plus concerné.

La FNP suit également de près l’évolution du projet de Label Bas Carbone (LBC). « Ce label est important, car il permet de mesurer (avec l’outil GEEP développé par l’Ifip) et de donner une valeur aux réductions des émissions de carbone dans les élevages », explique Thierry Marchal. Attendu depuis au moins quatre ans, le LBC porc pourrait être enfin validé en 2025, selon la FNP. Mais les règles de labellisation plutôt contraignantes et l’évolution du marché volontaire avec un prix compris entre 30 et 50 euros/tonne risquent de rendre son déploiement « timide ».

Bien-être animal : le projet de révision « transport » européen sur la sellette

Un projet de réforme de la réglementation européenne concernant le transport des animaux d’élevage inquiète particulièrement la profession. Selon une estimation chiffrée par l’Ifip, il augmenterait les coûts de 7,23 € par porc charcutier en moyenne, « soit un coût annuel supplémentaire d’environ 1,6 milliard d’euros pour l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement porcine de l’UE ». Les mesures particulièrement impactantes sont la supervision vétérinaire renforcée, l’arrêt du transport au-delà de neuf heures, la réduction de 30 % de la densité dans les camions, et les restrictions en période de forte chaleur. « Le texte est arrivé au Parlement européen », indique François Régis Huet, en charge du dossier bien-être à la FNP. « Aucun pays de l’UE ne le soutient. On peut supposer que le texte ne sera pas adopté en l’état. Mais tant qu’il n’est pas voté, on est dans l’incertitude totale sur son issue ».

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