Les entreprises de sélection porcines sélectionnent des porcelets plus robustes
Face à la hausse de la prolificité, les entreprises de sélection porcine renforcent leur travail sur la robustesse des porcelets afin de réduire les pertes sur nés vifs tout en sevrant davantage.
Face à la hausse de la prolificité, les entreprises de sélection porcine renforcent leur travail sur la robustesse des porcelets afin de réduire les pertes sur nés vifs tout en sevrant davantage.
La robustesse des porcelets est devenue un axe majeur du progrès génétique en production porcine.
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Dans un contexte de taille de portées toujours plus élevée, les entreprises de sélection cherchent à améliorer simultanément prolificité, viabilité et autonomie des animaux afin de limiter les pertes en maternité et sécuriser la rentabilité des élevages, comme l’ont souligné les représentants des entreprises Axiom, DanBred, Nucléus et Topigs, participant à une table ronde sur les enjeux de la maternité, organisée par la chambre d’agriculture de Bretagne.
La sélection de la robustesse passe notamment par le contrôle du poids et de l’homogénéité des portées. Ainsi, l’entreprise Axiom indexe depuis plusieurs années le poids moyen à la naissance et le nombre de porcelets de moins de 1 kg. « Notre stratégie est de maintenir et d’augmenter la prolificité, mais aussi de garder nos atouts sur la qualité du porcelet », confirme Julien Selves, d’Axiom. « En lignée pure Landrace, par exemple, nous avons augmenté en cinq ans de 0,5 le nombre de nés vivants par portée tout en gagnant plus de 80 g sur le poids moyen du porcelet à la naissance. Notre objectif est que le nombre de sevrés augmente plus vite que le nombre de nés vivants. Certains élevages de sélection arrivent à descendre en dessous de 7-8 % de taux de perte sur des cochettes. »
La survie du porcelet intégrée dans les index
Chez Topigs, le caractère de sélection sur la robustesse représente environ 35 % du projet génétique réalisé tous les ans. « Le travail engagé depuis les années 1990 s’appuie sur deux indicateurs principaux : la survie à la naissance et la survie durant la phase de lactation. Les analyses génomiques complètent ce dispositif : tous les porcelets morts font l’objet d’un prélèvement d’ADN afin d’identifier des marqueurs associés à la mortalité et de les éliminer progressivement », indique Pierre-Yves Lannuzel, de Topigs Norsvin. « En sélection, la mortalité sous la mère a baissé de 3 à 4 % en cinq ans. »
L’importance du couple truie-verrat
Les sélectionneurs insistent sur l’importance de raisonner le couple génétique truie-verrat, le porcelet héritant de 50 % du patrimoine génétique de chaque parent. « L’impact du verrat terminal sur la partie maternité est majeur, appuie Philippe Chupin, de DanBred : « Dans notre schéma, un seul couple génétique est travaillé conjointement et la robustesse représente désormais près de 60 % des objectifs de sélection de la truie et du verrat terminal. Quand on a des portées de 18 à 19 nés vivants, le verrat doit apporter de la vigueur et de la viabilité. Nous avons pris un tournant en 2022. Les pertes en maternité ont baissé de deux points ces trois dernières années. »
Des truies plus autonomes
Même si toutes ses lignées sont travaillées sur la robustesse, Nucléus propose pour sa part plusieurs verrats terminaux, notamment un verrat issu d’une lignée synthétique plus adaptée à des conditions d’élevages plus challengeantes en maternité afin de produire des porcelets plus vigoureux. « Dans le choix de la complémentarité entre la truie et le verrat, il faut aussi tenir compte du niveau d’hétérosis, ajoute Bruno Ligonesche, de Nucléus. Son effet est majeur sur le porcelet en maternité, sur sa vigueur, sa robustesse, sa croissance, son aptitude à aller à la mamelle. » Le travail du sélectionneur porte aussi sur la réduction des petits porcelets : « En élevage, nous avons réduit de moitié le taux de porcelets de moins de 1 kg en quinze ans. » Une évolution qui facilite le travail en maternité et réduit les interventions.
La robustesse du porcelet est étroitement liée à l’autonomie de la truie. Les sélectionneurs recherchent des femelles capables de mettre bas et d’élever leurs portées avec un minimum d’assistance.
Pour les sélectionneurs, l’objectif est clair : continuer à augmenter le nombre de sevrés tout en réduisant les pertes (un né de plus = au moins un sevré de plus), tout en maintenant une pression de sélection sur la prolificité qui reste un levier majeur de rentabilité.
Dico
Robustesse des porcelets
La robustesse d’un porcelet se définit par sa capacité à naître, viable, suffisamment mature et capable de démarrer rapidement en maternité, tout en s’adaptant à des environnements variés : conditions sanitaires, bâtiments ou pratiques d’élevage.