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Le cochon à corps et à “gruiiii”

Pendant une semaine, le salon de l’agriculture de Paris a décerné plaques ou médailles à l’élite des éleveurs et producteurs français. Attention ! Ne pas oublier Noël Jamet, 41 ans, originaire de la Manche et vainqueur du concours du cri du cochon, dimanche 24 février. C’est une vraie bête de concours !

Les collègues de travail de Noël Jamet ont détecté son talent. Après avoir entendu ses imitations, ils l’ont inscrit au concours du cri du cochon de Vire.
Les collègues de travail de Noël Jamet ont détecté son talent. Après avoir entendu ses imitations, ils l’ont inscrit au concours du cri du cochon de Vire.
© V.M.
Le concours du cri du cochon a drainé du public lors du Salon international de l’agriculture (SIA) de Paris. Les visiteurs semblent circonspects, amusés, désabusés, inquiets et philosophes à la fois. Noël Jamet, lui, ne se pose pas tant de questions. Derrière son nez de cochon, sa mine est simplement joviale. Il pratique cette discipline unique pour s’amuser. Pourtant, la préparation du concours se révèle des plus minutieuses. Quitte à participer, autant gagner ! “Si vous n’avez pas de mise en scène ou de costume, vous n’avez aucune chance”, analyse Noël Jamet. N’en déplaise à Karl Lagerfeld, ce chauffeur-livreur de profession s’est lancé dans la haute couture. Et dans sa collection, le rose s’avère particulièrement tendance. Aux fils de soie, Noël Jamet a préféré le fil à linge. Bien plus pratique pour une queue-de-cochon en tire-bouchon ! La tenue de scène a néanmoins connu quelques retouches. “Mes oreilles étaient trop lourdes, trop grandes, elles ressemblaient à celles d’un lapin”. Une vraie problématique puisque le concours du cri du lapin n’existe pas encore ! L’homme s’est donc adapté. Noël Jamet, c’est un peu Macgyver au pays des couturiers croisés avec des cochons. “J’ai prévu un porte micro rose. Sur mon costume, j’ai également installé six tétines. Normalement, je devrais en avoir au moins douze pour refléter la réalité”. Pour le show, ce gai luron s’est donc résolu à faire quelques concessions.

Un show rodé
Plus t’en fais mieux ça vaut”, pourrait être sa devise. Lors du concours, les candidats répondent à des figures imposées : naissance, allaitement, le cochon amoureux et la mort du cochon. Nono, pour les intimes, a ses trucs pour se démarquer. “J’arrive sur scène en cage. Ensuite, je me relève pour faire le cochon amoureux. Puis, je sors des peluches de mon costume pour simuler la naissance. Enfin, je m’enfuis et on me saigne”, détaille Nono. Ce dernier a ainsi intégré l’élite des participants aux concours du cri du cochon. En coulisses, les bouteilles de vin ou de cidre et la nourriture riche semblent témoigner d’une préparation pointue du concurrent. “C’est très physique, il faut du coffre”, indique-t-il tout essoufflé à la fin de sa prestation. D’ailleurs, Noël commence à perdre sa voix. L’homme n’hésite pas à donner de sa personne pour de nombreuses démonstrations. Et la soirée risque de se terminer tard dans le hall 1. Il garde l’esprit cochon jusqu’au bout de la nuit avec son tee-shirt de la confrérie des porciphages.

Pour ses numéros, Noël Jamet est accompagné par Bruno Langlois. Les parents de ce dernier élèvent des porcs à Moon-sur-Elle (50). “Je prends plaisir à l’accompagner dans son délire. Il ne faut pas être timide. Les gens rigolent, c’est l’essentiel”. Noël Jamet sillonne la France avec son assistant, qui fait office de verrat. Depuis trois ans, ils participent à tous les concours. Sur 11 participations, Nono en a gagné 10. Il a juste perdu au championnat de France dans les Pyrénées. Même pas peur de la revanche : “le champion de France, il est prenable. Et puis, je suis quand même le vainqueur d’un concours international au salon de l’agriculture”. En revanche, les prix décernés aux lauréats n’ont rien d’internationaux. A bon vivant, bon produit : le panier du terroir garni demeure de rigueur. Avec son puissant cri, Nono gagne surtout la gloire.

Un personnage médiatique
Le personnage séduit. Au salon de l’agriculture, il est devenu l’un des chouchous des médias. En témoignent les photographies de son presse book avec des animateurs radio. Europe 2, NRJ, France bleue, ou RTL l’ont interviewé. “Je suis en photo avec Cauet, Cécile de Ménibus, Julien Courbet, Laurent Boyer ou Gérard Klein”.
Toujours plus fort, toujours plus cochon. De nouveaux effets spéciaux devraient apparaître dans son numéro. C’est un véritable show à “l’armoricaine” ! “On va ajouter du faux sang pour mieux imiter la mort du cochon”. Avec deux victoires pour trois participations, Noël Jamet est bien le champion du SIA. Et il compte bien le rester. Dans le cochon tout est bon, Nono le crie à sa façon.

V. Motin
“En France : une vingtaine de passionnés du cri du cochon”
 
Jean-Philippe Ménier organise pour la troisième fois le concours du cri du cochon au salon de l’agriculture. “Les responsables du salon ont trouvé la démarche sympa. A toute personne qui participe, on offre le repas du midi”. Cette année, les lauréats ont même eu droit à une plaque. Dimanche, 13 personnes ont participé. Ce Belge élève des porcs de Bayeux à Saint-Laurent-du-Mont (14). Il a d’abord tenté l’expérience de ce concours en organisant chez lui la Saint Cochon. “En France, on compte une dizaine de concours. 20 personnes y participent de manière régulière. Et ils viennent souvent avec leur femme...”   
 

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