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La Belgique subit encore les effets de la Fièvre Porcine Africaine

L'impact financier et organisationnel lié à la fièvre porcine africaine continue d'affecter la production porcine belge.

« La découverte d’un sanglier positif à la FPA le 13 septembre 2018 a eu des effets immédiats et dramatiques sur la filière porcine belge », témoigne Jos Schillebeeckx, vétérinaire praticien belge lors du congrès vétérinaire de l’AFMVP qui s’est déroulé à Rennes les 12 et 13 décembre derniers. Effondrement du prix du porc, fermeture des marchés extérieurs, mesures drastiques sur l’ensemble du territoire… Les effets perdurent encore. Si la soixantaine d’élevages situés dans la zone de surveillance a été rapidement dépeuplée (ils restent toujours interdits de repeuplement aujourd’hui), l’ensemble des autres élevages est soumis à des conditions strictes. Les transports ne sont autorisés qu’en camion vide et uniquement vers l’abattoir. Cette mesure a été néanmoins assouplie après cinq mois, permettant le ramassage de plusieurs élevages vers l’abattoir. La mise en place d’un traitement vétérinaire ne peut se faire qu’après une recherche étiologique par prise de sang sur trois animaux malades et sur tout cadavre entier s’il y en a. À défaut, et si l’élevage se révèle positif à la FPA, l’éleveur ne sera pas indemnisé. L’application des mesures de biosécurité est stricte.

Les éleveurs ont arrêté de nombreuses vaccinations

« Le retentissement en élevage a été important », se souvient Jos Schillebeeckx. « Les troupeaux de truies ont vieilli, suite à l’arrêt du ramassage des truies de réforme et de la livraison de cochettes. » La surcharge en post-sevrage et engraissement a entraîné l’explosion de pathologies. « La situation financière des élevages était dramatique et les éleveurs ont arrêté de nombreuses vaccinations et traitements vermifuges. » Aujourd’hui, la situation se stabilise : le cours a remonté, mais l’achat de cochettes et l’importation de porcelets restent onéreux. La déstabilisation de la démographie des troupeaux entraîne plus de diarrhées en maternité. La visite vétérinaire obligatoire avant tout traitement n’est pas prise en charge. Prochainement, la réalisation d’un audit complet de biosécurité de deux à trois heures par le vétérinaire de l’élevage sera obligatoire chaque année.

Des mesures strictes pour contrôler les sangliers

Claude Saegerman, expert au sein du groupe d’expertise collective d’urgence international (Gecu), détaille les mesures prises en Belgique pour le contrôle de la FPA sur les sangliers. La chasse est interdite dans la zone de surveillance pour éviter la dispersion des populations de sangliers et donc du virus. Les cadavres de sangliers, sources de contamination, sont prélevés, datés, géolocalisés et collectés par une équipe spécialisée pour être traités dans un centre dédié : « les derniers cas relevés concernaient de vieux cadavres de sangliers », souligne-t-il. Enfin, deux réseaux de clôtures ont été érigés pour éviter la propagation. Le second niveau permet d’anticiper les cas de fuite au-delà de la première clôture. « Ces réseaux de clôtures existent également en France », précise-t-il. Ils sont complétés par une zone " blanche " avec peu de sangliers présents. L’ensemble de ces mesures ne doit pas faire oublier que le risque lié à l’activité humaine est important, « c’est un véritable défi pour la filière porcine », conclut-il.

Rédaction Réussir

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