« J'ai restructuré mon élevage porcin en un seul site avec mon nouveau bâtiment de post-sevrage »
La construction d’un bâtiment de post-sevrage permet à Régis Cueff d’atteindre son objectif de longue date : centraliser tous ses animaux sur le même site.
La construction d’un bâtiment de post-sevrage permet à Régis Cueff d’atteindre son objectif de longue date : centraliser tous ses animaux sur le même site.
Entre péripéties et rebondissements, la construction de ses derniers bâtiments d’engraissement et de post-sevrage a demandé six ans à Régis Cueff, gérant d’un élevage de 650 truies employant 7 salariés, à Plouvorn, dans le Finistère. « Un parcours du combattant. »
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Entre la réflexion en 2020, les montages et dépôts de dossiers et l’obtention des autorisations environnementales sur un terrain à enjeu, le premier coup de pelle n’a eu lieu qu’en 2024. En mars 2025, son dernier bâtiment d’engraissement est mis en service, et met ainsi fin au façonnage. Le 17 avril 2026, Régis Cueff nous ouvre les portes de son bâtiment de post-sevrage, qui permettra enfin d’avoir tous ses animaux sur le même site. « C’est du pain béni d’avoir tous les animaux à la maison, au niveau économie d’échelle, rationalisation du travail, en termes d’équipe », confie-t-il.
Des investissements inscrits dans la durée
Peu après son installation en 2007 sur l’exploitation familiale historiquement laitière, Régis Cueff s’est spécialisé en porc. « Il fallait soit investir dans le porc, soit dans le lait. Mon choix s’est fait très rapidement. » Avec son envie d’entreprendre et sa volonté d’arrêter le façonnage, ses premiers projets de construction verront le jour dès 2011, avec plusieurs phases d’investissements dans des places d’engraissement. Depuis deux ans, ce sont 3 000 000 euros qui ont été investis. « J’étais à 70 % de porcs engraissés sur place à mon installation, maintenant je suis à 100 %. »
Des salles de post-sevrage confortables
Le nouveau bâtiment de post-sevrage est constitué de 16 salles de 168 places, divisées en 5 cases, pour un coût de construction de 407 euros pour 0,35m² par porcelet. L’éleveur a opté pour du caillebotis plastique pour le confort des porcelets, des fenêtres, mais surtout de la simplicité. « Faire des salles simples cela a été un choix, d’une part car j’ai des bandes conséquentes, mais aussi parce que je trouve que la circulation de l’air y est plus efficiente. » Toujours en réflexion, Régis Cueff pense à l’avenir. « En cas d’agrandissement de l’élevage, c’est plus facile de réaménager des salles simples. »
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Améliorer l’autonomie énergétique
Les salles sont chauffées par des tubes à ailettes Spiraflex, installés sur toute la longueur, dans lesquels circule de l’eau chauffée par une chaudière Thermigas. Cette chaudière est alimentée en biogaz produit par la fosse à lisier de 3 000 m³ équipée d’une couverture Nénufar. Cette fosse, nouvellement construite, sera approvisionnée par le lisier de l’ensemble de l’élevage. « Avec tout l’élevage sur un seul site, le lisier va être frais et chaud, ce qui est un point important » sur le rendement de la méthanisation passive. 75 % des besoins en chauffage du bâtiment post-sevrage seront assurés par cette production. « Je prévois 20 000 euros de gaz en moins par an. Avec un investissement de 140 000 euros pour la fosse Nénufar, j’estime un retour sur investissement en sept ans. »
Un transfert pneumatique de l’aliment
« Un élevage qui s’agrandit, c’est aussi une question de distance en termes de flux d’aliments. » Le choix s’est ainsi porté sur le Spotmix, le transfert pneumatique répondant à la contrainte de distance « et aussi de fiabilité. La précision des rations distribuées est plus grande parce que le Spotmix fait de toutes petites préparations. Lorsque je transfère un aliment à 150 mètres, je suis sûr que c’est le bon aliment qui arrive ». Cet outil permettra également d’incorporer du maïs humide, ce qui permet à l’éleveur « d’estimer une économie de 15 euros la tonne » pour son aliment post-sevrage. Ce changement de ration permettra également d’arrêter l’acidification de l’eau.
De l’eau de pluie pour le laveur d’air
Comme pour tous ses autres bâtiments, le post-sevrage est équipé d’un laveur d’air, alimenté en totalité par de l’eau de pluie. « Les quantités d’eau d’un laveur d’air peuvent aller jusqu’à 1 m³ par jour, puisque c’est un circuit fermé. Mais une partie s’évapore : on essaie de capter des microgouttes, mais elles finissent par s’évaporer. L’idée n’est donc pas d’utiliser de l’eau du forage pour ce lavage. Le complément est assuré par des eaux que nous récupérons. »
Une optimisation du site d’élevage
Outre les bâtiments d’élevage, Régis Cueff a également augmenté sa capacité de stockage de céréales en rénovant un hangar pouvant accueillir 3 000 tonnes de maïs humide, 1 500 tonnes de blé et 1 000 tonnes d’orge, les 78 hectares de SAU permettant d’assurer 75 % des rations, le reste provenant de producteurs locaux. La nouvelle charpente a permis l’installation de 600 m² de panneaux photovoltaïques, pour une puissance globale de 107 kWc. En complément, un nouveau vestiaire a été aménagé et des portails ont été installés pour sécuriser la zone professionnelle. Ces aménagements ont également permis d’améliorer la biosécurité externe ainsi que la marche en avant. Actuellement mélangeur, une future fabrication à la ferme (FAF) reste dans un coin de sa tête. « Là, il faut absorber les investissements. Mais d’ici trois ans, ce n’est pas impossible. »
Fiche élevage - SCEA Cueff
8 UTH
650 truies
7 344 places engraissement
3 600 places post-sevrage
10 bandes de 60 truies
Sevrage 21 jours
22 000 porcs charcutiers produits par an
78 hectares SAU
Un quai de vaccination pour davantage de confort
© E. Desdouets
Issu de la réflexion de Régis Cueff et de son technicien bâtiment, Vincent Corre (Evel’Up), ce quai de vaccination a pour objectif de réduire la pénibilité de la tâche pour l’équipe, grâce au travail en hauteur. « On continue de réduire les tâches pénibles et de travailler sur les conditions de travail. » Prévu pour accueillir deux cases de porcelets, le système permet à l’opérateur en charge des vaccinations de travailler en autonomie, tandis que son collègue peut assurer simultanément le transfert d’une autre case par l’intermédiaire d’un jeu de barrières, optimisant l’organisation et le temps de travail.