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Deux années pour rentabiliser un dépeuplement-repeuplement en élevage de porcs

Dépeupler son élevage pour redémarrer avec un cheptel assaini vise à booster les performances et à réduire les frais de santé. La réussite de cette démarche passe par une bonne anticipation.

Vous avez un projet d’installation, de construction de bâtiment, de restructuration de l’élevage ? C’est le moment de se poser la question de l’opportunité d’un dépeuplement-repeuplement. 

Lire aussi : "Nous avons retrouvé de la sérénité après le dépeuplement repeuplement de notre cheptel de truies"

Cette stratégie trouve tout son sens lorsque la gestion technico-économique de l’élevage est dégradée par le sanitaire, se traduisant par un gain moyen quotidien sevrage-vente inférieur à 700 g par jour, des pertes sevrage-vente de plus de 6 %, des dépenses de santé qui dépassent 180 euros par truie. D’autres élevages optent aussi pour cette solution à l’occasion d’un agrandissement et d’un projet de rénovation ou construction, l’objectif étant d’amortir plus rapidement l’investissement grâce à un troupeau plus performant.

 

 
<em class="placeholder">Graphique = Chronologie d’un dépeuplement-repeuplementUn temps de vide sanitaire d’au moins 3 semaines indispensable</em>
Graphique = Chronologie d’un dépeuplement-repeuplementUn temps de vide sanitaire d’au moins 3 semaines indispensable © Source : Terrena

Un retour sur investissement de 1 à 3,5 ans

À l’occasion d’une journée dédiée au dépeuplement-repeuplement organisée par Axiom, Michel Launay, expert technique et génétique, a présenté les bénéfices attendus de cette stratégie. « L’impact sur les performances technico-économiques est évident. » Il s’est appuyé sur la comparaison des résultats GTE (deux ans avant et deux ans après) de 31 élevages naisseurs-engraissement ayant réalisé un dépeuplement-repeuplement. 

Un gain moyen de 2,6 porcs produits
Évolution des résultats GTE de 31 élevages 
ayant dépeuplé-repeuplé
Critères GTE

Évolution 

(deux ans avant/deux ans après)

Porcs produits/truie/an+ 2,6
IC technique 8-115- 0,19
GMQ technique 8-115 (g/j)+ 63
Poids froids carcasse (kg)+ 2,3
Taux de pertes sevrage-vente (%)- 2,5
Dépenses de santé (€/truie/an)- 30
Source : Axiom

 

Elle montre en moyenne une amélioration de 2,6 porcs produits par truie et par an, une baisse de 0,19 point de l’indice de consommation 8-115 kg et une réduction de 2,5 % du taux de perte sevrage-vente (voir tableau ci-dessous). Il a estimé l’amélioration de la marge à 350 euros par truie et par an. « Peu d’investissements permettent un retour sur investissement si rapide », relève-t-il. En prenant l’exemple d’un élevage type de 250 truies productives en conduite 7 bandes repeuplant avec des cochettes pleines (trois semaines avant la mise bas afin de réduire la période de non-production à 9 semaines), le coût du dépeuplement-repeuplement de 258 000 euros (soit 1 032 euros par truie) serait amorti entre 1 à 3,5 ans, en tenant compte d’une baisse du prix d’équilibre de 11 centimes d’euros le kilo.

Une sérénité du travail au quotidien

Plus pertinente dans les zones à faible densité d’élevages afin de limiter le risque d’une recontamination rapide, la solution du dépeuplement-repeuplement reste toutefois peu pratiquée, souvent par crainte d’un risque sanitaire ou financier. « Le risque d’échec existe et tout l’enjeu est de passer les deux premières années sans recontamination », poursuit Dominique Marchand, du cabinet Epidalis. Depuis 2004, le vétérinaire a accompagné le groupement Terrena (autrefois Cap 50 puis Porvéo) dans son programme de dépeuplement, baptisé Concept Émergence. « Sur 60 dépeuplements-repeuplements, dix cas de recontamination ont été recensés, à chaque fois sur des secteurs très denses (élevages à moins de 3 km). Il s’agissait surtout d’une recontamination par du mycoplasme cinq à six ans après, qui a pu être maîtrisée par la suite via la vaccination », relativise-t-il. Au-delà de l’intérêt économique, les élevages ayant repeuplé soulignent aussi la sérénité retrouvée grâce à un sanitaire plus stable et un gain de temps (plus de vaccination des porcelets, moins d’interventions sur les animaux malades). « Repeupler n’est toutefois pas une démarche anodine. Cela occasionne un vrai changement. Il est important de se mettre d’accord sur les objectifs à atteindre entre associés et salariés, les moyens nécessaires et de bien comprendre les enjeux. » La clé de réussite est de bien anticiper et planifier les différentes étapes d’un dépeuplement-repeuplement : vider entièrement l’élevage de ses animaux, nettoyer et désinfecter tous les locaux et fosses, revoir les points critiques en termes de biosécurité, respecter un vide sanitaire de tout l’élevage de trois semaines puis repeupler avec des cochettes prêtes à mettre bas, soit un arrêt de production de neuf semaines au minimum.

Renforcer les règles de biosécurité

« On compte globalement une année entre la réflexion sur le projet de repeuplement et l’arrivée des cochettes », indique Charles Lavieille, technicien génétique au sein de Terrena. « Les éleveurs en profitent généralement pour revoir la cohérence des bâtiments et repenser l’élevage dans son ensemble (marche en avant, modernisation, voire construction) afin de réduire les mouvements d’animaux et optimiser le travail. » Le renforcement des mesures de biosécurité est fondamental pour prolonger l’effet des cochettes assainies. Cela passe aussi par la maîtrise des risques d’introduction de pathogènes. « C’est dans cette optique que nous avons intégré dans cette démarche l’ensemble de la logistique et des différents intervenants extérieurs (organisation des ramassages de porcs charcutiers, des livraisons d’aliment) en fonction du statut sanitaire des élevages. »

« Les éleveurs ayant repeuplé soulignent la sérénité retrouvée grâce à un sanitaire plus stable »

Eco

Coût d’un dépeuplement-repeuplement :

Exemple d’un élevage de 250 truies en 7 bandes, repeuplé avec des cochettes prêtes à mettre bas

258 000 euros dont

- 30 000 € de lavage et désinfection

- 59 000 € de façonnage

- 34 000 € de coût lié à la non-production durant 9 semaines

- 135 000 € de coût net du repeuplement

Sources : Axiom

Des cochettes assainies prêtes à mettre bas chez Axiom

 

 
<em class="placeholder">La clé de réussite est de bien anticiper et planifier les différentes étapes d’un dépeuplement-repeuplement, avec un arrêt de production de neuf semaines au minimum.</em>
La clé de réussite est de bien anticiper et planifier les différentes étapes d’un dépeuplement-repeuplement, avec un arrêt de production de neuf semaines au minimum. © Axiom

Afin de permettre un retour en production rapide, Axiom est en mesure de proposer des cochettes pleines prêtes à mettre bas (jusqu’à trois semaines antépartum). Elles proviennent notamment du site multiplicateur SCEA Élevage du Guigeois, dans la Manche, disposant d’un très haut statut sanitaire et ayant une soixantaine de peuplements en cochettes pleines à son actif (peuplement jusqu’à une taille d’élevage de 500 truies).

Depuis vingt ans, Axiom a développé une expertise dans le dépeuplement-repeuplement. Cette démarche a permis d’assainir l’ensemble de ses élevages de sélection et d’accompagner la moitié de ses multiplicateurs. Cette offre a depuis été élargie aux élevages naisseurs-engraisseurs.

Pour accompagner les éleveurs dans leur projet de dépeuplement-repeuplement, le schéma génétique dispose d’outils d’aide à la décision et de planification pour réaliser une étude personnalisée.

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