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Cooperl : « Nos élevages de porc à capitaux familiaux doivent pouvoir s’agrandir »

Engagé dans une stratégie de durabilité, Cooperl mise sur la montée en gamme de sa production. Pour rentabiliser les investissements technologiques nécessaires, le groupe basé à Lamballe dans les Côtes-d’Armor juge indispensable que les élevages de porcs familiaux puissent atteindre une taille critique.

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Emmanuel Commault, directeur Cooperl et Bernard Rouxel, son président : "Si l’on veut retrouver de la souveraineté, il faut accepter que les fermes puissent s’agrandir, notamment pour amortir les coûts des technologies visant à avoir un élevage plus durable."
© A. Puybasset

En 2025, le groupement Cooperl a commercialisé 4,6 millions de porcs, soit 5,4 % de moins que l’année précédente tandis que l’activité d’abattage de Cooperl viandes s’est davantage stabilisée, à 4,3 millions de porcs (- 2,6 % par rapport à 2024) et que son résultat progresse à 7,8 millions d’euros. 

Lire aussi : La Cooperl veut créer un jumeau numérique pour les élevages de porcs grâce à l'IA

« La production porcine française a perdu 3 millions de porcs entre 2021 et 2024, passant de 24 à 21 millions, a rappelé Emmanuel Commault, directeur de Cooperl en amont de l’assemblée générale de la coopérative. Cette évolution est essentiellement liée aux difficultés des jeunes à s’installer et à compenser les départs à la retraite. Si l’on veut retrouver de la souveraineté, il faut accepter que les fermes puissent s’agrandir, notamment pour amortir les coûts des technologies visant à avoir un élevage plus durable. Or, on observe un découragement chez les jeunes à s’installer face aux longs délais administratifs. » Avec environ 1 950 adhérents détenteurs de capitaux en porc, le groupement compte toutefois près de 130 installations sur les cinq dernières années.

Une progression de l’élevage avec queue longue

Le groupe poursuit par ailleurs sa stratégie de durabilité. En parallèle de ses démarches de Porc bien-être (92 % des éleveurs ne castrent plus) et sans antibiotiques (55 % des élevages), le groupement progresse significativement sur l’arrêt de la coupe des queues. « Nous sommes le premier opérateur à déployer une prime RSE (1)​​​​​​ queue longue. Depuis son lancement en juillet 2024, 269 sites d’élevages ont été primés. »

Faisant de la décarbonation un axe central, Cooperl est aussi le premier opérateur en France à proposer des références de produits de porc à impact carbone réduit. C’est 8,6 % d’émissions en moins qu’un porc conventionnel dans le cadre d’un cahier des charges Élevages bien-être, et 20 % de moins pour les produits Madrange identifiés avec le logo Impact climat réduit. Ces produits sont approvisionnés à partir des 430 éleveurs engagés dans la démarche RSE.

S’appuyant sur un budget de recherche et de développement soutenu (15 millions d’euros par an depuis dix ans), Cooperl continue d’investir dans les technologies digitales qui permettront de piloter les fermes avec l’intelligence artificielle, comme la solution Optisort Feeding participant aussi à la décarbonation.

À l’aube de ses soixante ans, la coopérative a inauguré son nouveau siège social à Lamballe (Côtes-d’Armor). Le bâtiment passif et écoconçu se veut être une vitrine de la démarche de décarbonation et de RSE dans laquelle la coopérative est engagée.

(1) Responsabilité sociétale de l’entreprise

Chiffres clés

Cooperl en 2025

4,6 millions de porcs commercialisés (-5,4 %/2024)

4,3 millions de porcs abattus par Cooperl Viandes (-2,6 %)

3 900 éleveurs détenteurs de capitaux dont la moitié en porc

Chiffre d’affaires : 2,55 milliards d’euros

Résultat : 7,85 millions d’euros

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