Aller au contenu principal

A cause du mulesing anti-myiases
Une association de protection des animaux menace le commerce de la laine australienne

En Australie, les éleveurs de moutons avaient mis en place une solution radicale mais efficace contre les myiases. Une association américaine de protection des animaux remet cette pratique en cause et appelle au boycott de la laine australienne.


L´Australie profite des grands espaces de l´outback pour faire pâturer ses 120 millions d´ovins dont 75 % de moutons mérinos élevés pour la laine et la viande. A elle seule, l´Australie représente 30 % de la production mondiale de laine. Pourtant, la laine est en danger au pays du kangourou.
Une association américaine de défense des droits des animaux, PETA (les citoyens pour le traitement éthique des animaux) s´est pris de compassion pour les moutons australiens et mène dès lors la vie dure à leurs éleveurs.
Leur principale revendication porte sur la pratique du « mulesing » jugée barbare voire cruelle et qu´ils aimeraient interdire. L´association a mené des campagnes actives de boycott de la laine australienne au niveau des distributeurs internationaux de vêtements parmi lesquelles Gap, H & M et dernièrement Benetton.

Déguisés en moutons sanguinolents, les activistes de la cause animale ont manifesté au printemps 2005 devant les boutiques distribuant des vêtements fabriqués avec la laine australienne. Les grandes enseignes se sont, pour la plupart, pliées aux exigences de l´association et ont réorienté leurs importations vers des filières de production de laine « éthique ». De même, à l´automne 2005, les ambassades australiennes des États-Unis et des principaux pays européens et d´Asie ont reçu la visite de militants dénudés préférant être nus que de porter de la laine australienne.
Ces campagnes chocs ont entraîné une prise de conscience et l´industrie australienne lainière craint une déstabilisation de ses marchés, en particulier européens. Bien que le mulesing soit ancré dans les pratiques d´élevages, les associations d´éleveurs et l´industrie de la laine ont planifié l´arrêt de cette pratique pour 2010. Ainsi, des recherches sur des méthodes alternatives de luttes contre les myiases ont été financées.
Des militants de PETA, en Italie, premier importateur européen de laine australienne, manifestent devant l´ambassade d´Australie contre le mulesing. ©D. R.

Obstination des protecteurs et résistances des éleveurs
Mais l´association américaine de défense des droits des animaux, peu portée sur la modération et parfois sujette à l´anthropomorphisme, continue ses actions en exigeant un arrêt immédiat de la pratique. Sur son site internet (www.savethesheep.org), l´association dénonce « l´industrie de la laine australienne qui représente des souffrances énormes pour les moutons, dont des millions sont mutilés chaque année ». Des vidéos de la pratique peuvent être visionnées et des alternatives aux habits en laine sont proposés.
En Australie, pourtant, la principale association de défense des animaux, la Société royale pour la prévention de la cruauté envers les animaux, a préféré s´associer avec les vétérinaires et accepter la pratique du mulesing comme un traitement nécessaire contre les myiases.
Face aux attaques de PETA, les producteurs de laine ont riposté de différentes manières. D´abord sur le plan juridique en cherchant à interdire les menaces de PETA à l´encontre des détaillants. Ensuite, inquiets de l´image de la marque « woolmark », les producteurs de laine ont mis en place un site internet (www.woolibest.com) montrant les bonnes pratiques et les soins apportés par les éleveurs australiens. Enfin, les exportateurs de laine tentent malgré tout de dialoguer avec l´association américaine pour trouver un terrain d´entente.
Les grands espaces australiens accueillent 120 millions de moutons. ©D. R.
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Pâtre.

Les plus lus

La Ferme Aozteia a déjà fait parrainer toutes ses brebis.
Adopte une brebis avec le site crowdfarming.com
Le site CrowdFarming.com propose d’adopter une brebis, une chèvre, un pied de vigne, un arbre ou une vache. Ce site d’origine…
C'est juste avant la mise à l'herbe qu'il est le plus intéressant de traiter brebis et agnelles car lorsque la météo est encore humide, la pression parasitaire au pâturage est très forte. © B. Morel
Un antiparasitaire injectable pour les petits ruminants
Enfin les éleveurs de petits ruminants disposent d’un traitement injectable pour traiter leurs animaux contre les parasites…
Sacripant, Sifredi ou  Sauterelle ? © I. Heeren
2021 sera l’année des S
L’habitude de nommer ses animaux par une même lettre permet de connaître facilement leur millésime. Dans les petits troupeaux,…
Les panneaux photovoltaïques permettent à l'herbe de continuer sa pousse même en été et pourvoient les brebis en ombre. © E. Mortelmans
Des surfaces additionnelles grâce à l’agrivoltaïsme
Emmanuel Mortelmans bénéficie de surfaces de pâturage additionnelles pour ses brebis grâce à la centrale photovoltaïque proche de…
Georges Ferté change ses brebis de parc environ tous les trois jours. © A. Peucelle
« J'ai diversifié les grandes cultures avec des moutons pour pérenniser l'exploitation »
Installé en 2002 sur une ferme de grandes cultures, Georges Ferté se heurte aux évolutions de la PAC ainsi qu’à un système…
Cindy Simon, 25 ans, est à la tête d’une exploitation de polyculture élevage de 139 hectares. © A. Peucelle
Je cherche à améliorer les performances du troupeau 
Dès son arrivée sur l’exploitation familiale en 2016, Cindy Simon, à Bonnet dans la Meuse, a cherché à moderniser l’atelier ovin…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 93€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir Pâtre
Consultez les revues Réussir Pâtre au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Réussir Pâtre