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Surveiller et travailler dans le confort

Quelques jours avant les premières mises bas, la bergerie est prête : cases d’agnelage, colostrum et médicaments… Si l’objectif est commun à tous les éleveurs, les modes d’organisation sont aussi nombreux que les habitudes de travail.

« Faire de petits lots de brebis, toujours et encore ! »

Quelles que soient les dimensions de la bergerie, la surface d’aire paillée par brebis au moment de la mise bas est un élément déterminant pour faciliter le travail. En effet, les brebis doivent pouvoir s’isoler avec leurs nouveau-nés. Les recommandations sont de 1,2 m² par brebis de gabarit moyen (moins de 70 kg) et de 1,5 m² pour celles de grand gabarit (plus de 70 kg). En matière de profondeur d’aire paillée, six mètres sont préconisés avec l’installation des cases d’agnelage sur la longueur et cinq mètres sans. Mais d’une façon générale, disposer de davantage de place ne nuit pas ! Au Gaec Pech Bilière, le tunnel de 350 places est réservé aux lots d’environ 150 brebis diagnostiquées doubles et triples lors du constat de gestation. « Les brebis sont systématiquement isolées, deux à trois jours avec leurs agneaux en cas de naissance multiple, explique Sandrine Rivière, l’une des quatre associés. Les cases d’agnelage sont installées sur toute une longueur des cornadis. C’est plus facile pour les alimenter et pour la surveillance des agneaux ». En effet, des couloirs de circulation le long des cases d’agnelage pour faire le tour des cases sans passer dans les lots évitent d’enjamber toute la journée.

 

 

 

Des petits lots de taille variable

 

 
Par ailleurs, la réalisation de lots de petite taille, en particulier pour les portées multiples, est appréciable pour éviter les mélanges d’agneaux lorsque les brebis mettent bas. À la sortie des cases d’agnelage, Sandrine Rivière explique que « les brebis avec deux agneaux sont allotées par trois ou quatre à la sortie des cases d’agnelage. Deux jours plus tard, on enlève une séparation pour doubler la taille du lot. Et la taille des lots s’agrandit au fur et à mesure ». Cette organisation suppose un nombre d’abreuvoirs suffisant. Avec une claie équipée d’un passage à abreuvoirs, le même est utilisé par deux lots de brebis. Les passages d’hommes sont une solution pour enjamber le moins possible. En plus des claies disponibles dans le commerce, les éleveurs ont mis en place des astuces.

 

 

 
Les claies doivent également être fixées solidement sur les barres d’auge ou les cornadis. À l’EARL Bataille, à Saint-Etienne-de-Fursac dans la Creuse, Michel Bataille a fabriqué un système de liaison entre la claie et les cornadis. « J’en avais marre des claies attachées avec des ficelles, explique Michel. Cet accroche claie ne perd pas de place au cornadis et s’installe très rapidement ». Et pour remettre rapidement les agneaux qui courent dans le couloir dans leur lot, Loïc Mercier enregistre dans son logiciel de gestion de troupeau de quel côté de la bergerie se trouve leur mère (gauche ou droite). « Il n’y a plus qu’à biper la boucle et à le remettre dans son lot », explique-t-il.

 

Le matériel à portée

Les claies sont beaucoup utilisées pendant l’agnelage. Le travail est plus simple lorsqu’elles sont équipées d’anneaux ou d’autres systèmes d’ouverture et de fermeture faciles. Ainsi, elles sont ouvertes d’une seule main, un ou des agneaux étant dans tenu(s) dans l’autre main.

Pour éviter qu’elles encombrent les couloirs ou les aires paillées tout en restant à portée de main (ce qui peut être dangereux pour les animaux), plusieurs systèmes de rangement sont mis en œuvre en élevages. Il peut s’agir de système fixé sur le bardage.

 

 
La base des crochets est alors fixée à environ 1,5 m du sol pour ne pas faire trop d’effort. Le dispositif ne doit pas trop bas afin que les brebis ne puissent pas se frotter aux claies et les décrocher.

 

 

 
À l’EARL des Thuyas à Champfleury dans l’Aube, un chariot a été adapté au transport des claies. Jean-Roch Lemoine explique « que 20 cases d’agnelage y sont acheminées à la main ou à l’aide du quad avec adaptation de l’attelage. Le chariot chargé est assez lourd : il faut des pneus bien gonflés et un sol plat ou peu pentu. Il n’est pas obligatoire qu’il soit bétonné ». Le support est démontable et le chariot sert à la distribution du foin pendant l’agnelage. Enfin, disposer dans un même local du petit matériel et des médicaments est un gain de temps et un confort de travail pendant l’agnelage. Un local aménagé dans la bergerie ou bien accolé sous forme d’appentis permet de ranger et d’avoir sous la main tout ce qui est nécessaire pendant les mises bas : les biberons, les crayons marqueurs, les seringues et aiguilles, un évier, un réfrigérateur pour les médicaments… Souvent situé en bout de bergerie, ce local peut également être aménagé en position centrale. En effet, cela limite alors les déplacements et ne condamne pas de porte pour curer.

 

Deux exemples d’aménagement de bergerie

L’aménagement de cases d’agnelage le long d’un couloir de circulation facilite la surveillance des jeunes agneaux. En voici deux exemples.

Installer les cases d’agnelage le long d’un couloir est une solution pour simplifier le travail. Une largeur de 1,2 à 1,5 m est nécessaire pour passer avec des seaux ou une brouette. S’il s’agit uniquement de surveiller et de passer les animaux, 80 cm de large suffisent.

Retrouvez des dizaines d’autres plans sur la page WEB EquipInnovin.

Deux couloirs latéraux

 

 
Cette bergerie de 17 m de large est adaptée à une distribution des fourrages à la dérouleuse pailleuse. La distribution des concentrés peut être mécanisée, automatisée ou manuelle. Le paillage est mécanique ou manuel depuis le couloir central de 4 m de large surélevé. Les cases d’agnelage sont accolées à un couloir de circulation adapté pour l’éleveur et les animaux de 1,5 m de large. Avec ses 816 m² et ses 92 m de longueur d’auge, 230 brebis y sont logées en fin de gestation. Son coût est de l’ordre de 420 euros par brebis logée hors terrassement (coût de référence 2020).

 

Deux couloirs transversaux

 

 
Cette bergerie de 10 m de large, de type mono pente, est adaptée aux fourrages en libre-service. Ses 51 m de longueur d’auge alimentent 120 brebis en fin de gestation. En plus des trois couloirs de 1,5 m de large aménagés le long des claies auges pour alimenter les brebis, deux couloirs de la même largeur longent les cases d’agnelage. Les animaux circulent par les claies auges. Le paillage peut être mécanique ou manuel. La distribution du concentré peut être mécanisée, automatisée ou manuelle. Son coût est de l’ordre de 250 euros par brebis logée hors terrassement (coût 2020).

 

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