Colliers GPS, drones, outils connectés... retours d'expérience sur six technologies en élevage ovin
L’Institut de l’élevage propose des retours d’expérience sur six technologies utilisées en élevage ovin, notamment pastoral.
L’Institut de l’élevage propose des retours d’expérience sur six technologies utilisées en élevage ovin, notamment pastoral.
Objets connectés, intelligence artificielle, robotique, capteurs, technologies de l’information et de la communication… l’éventail du numérique est large. Si bien que l’Institut de l’élevage estime que plus de 80 % des éleveurs ovins utilisent au moins un outil numérique, majoritairement des équipements automatisés ou du monitoring de bâtiment. « Mais avant de s’équiper, il faut passer par quatre étapes, recommande Laurence Depuille-Plais, de l’Institut de l’élevage. Définir ses besoins, dimensionner l’outil numérique, choisir ses critères de sélection et enfin l’intégrer dans le quotidien de l’exploitation. » Des experts de l’Institut de l’élevage ont présenté leur retour sur six technologies lors du webinaire « Le numérique au service de l’élevage ovin ».
Collier GPS
Le GPS est un capteur, souvent placé sur un collier, permettant de localiser à distance l’individu équipé et par extrapolation, le troupeau. Il permet aussi de connaître les circuits de pâturage et, installé sur un chien de protection, son activité. Pour transmettre la position de l’animal, quatre réseaux peuvent être utilisés : GSM, LoraWan, NBiOT et le réseau satellite. Chacun a des couvertures géographiques différentes. Le réseau satellite est le seul sans zone blanche, mais c’est aussi celui qui use les batteries le plus vite et le plus onéreux.
Les colliers peuvent envoyer leur position à différentes fréquences, variant en fonction des opérateurs et des réseaux. Mais attention : une forte fréquence consomme aussi plus d’énergie, et vide la batterie du collier plus rapidement. « L’autonomie des colliers dépend du nombre de points GPS qu’on veut transférer par jour et de la qualité du réseau sur site. Certains peuvent tenir six mois, d’autres une semaine », explique Pierre-Guillaume Grisot, de l’Institut de l’élevage. Certains colliers ont des batteries rechargeables, d’autres jetables… tandis que les colliers à rechargement solaire sont en pleine progression. Quant au nombre de colliers nécessaires par rapport au nombre de brebis, il reste compliqué à estimer dans l’absolu. « Tout dépend du comportement du troupeau, de son caractère grégaire ou non. »
Avant de prendre une décision, « l’idéal, c’est d’aller voir chez d’autres éleveurs ce qui vous convient le mieux », conseille Pierre-Guillaume Grisot. La qualité du service après-vente ainsi que les fonctionnalités de l’application sont à prendre en compte dans le choix du prestataire des colliers. Les prix varient de 250 à 600 euros par collier et l’abonnement, de 60 à 400 euros par an. D’après l’Institut de l’élevage, 6 % des éleveurs ovins sont aujourd’hui équipés de colliers GPS, tandis que 23 % souhaiteraient s’en équiper à moyen terme.
Drone
Comment savoir si un drone serait utile dans un élevage ? « Il faut se demander ce qui, dans votre quotidien, pourrait être vérifié par un œil volant, sans action de vos mains sur place. Y a-t-il certaines visites où il n’y a besoin que d’un regard ? », conseille Adrien Lebreton, de l’Institut de l’élevage. Le drone peut servir un usage routinier ou ponctuel, comme un tour des clôtures, la recherche de brebis en milieux boisés, le suivi de prairies.
« Ce n’est pas un remplacement total des visites, mais cela permet de prendre la décision d’y aller en personne ou non », explique Adrien Lebreton. Le gain de temps varie en fonction des saisons, mais le gain annuel estimé à Ferm’Inov est tout de même de sept jours de travail. Mais le drone a ses limites. « Il ne peut pas voler partout, ni très loin, ni par toutes les conditions météo », rappelle Adrien Lebreton.
Pistolet drogueur connecté
Connecté à un système de pesée, un pistolet connecté permet de traiter individuellement les animaux en calculant la dose administrée en fonction de leur poids. Ainsi, la quantité de produit administrée est juste, ce qui limite le gaspillage et le risque de résistance des parasites. « Nous l’avons testé sur 350 brebis. Nous estimons avoir économisé 1,5 litre de produit, et le travail était moins pénible. La fréquence était de 230 brebis traitées à l’heure », précise Pierre-Guillaume Grisot. Comptez 1 000 euros pour un pistolet connecté.
Abreuvoir connecté
Une jauge connectée permet de suivre à distance le niveau d’une cuve à eau, en recevant des alertes par SMS ou par mail. « C’est très simple d’utilisation une fois le capteur installé », assure Pierre-Guillaume Grisot. « Mais il y a besoin d’une bonne couverture réseau, du SigFox ou du LoraWan. » Le prix est d’environ 400 euros pour un an d’abonnement. Les capteurs peuvent aussi être utilisés dans une cellule à grain en bergerie.
Caméra de surveillance au pâturage
Une caméra peut être fixée sur une tonne à eau et alimentée avec une batterie. « Simple d’utilisation, cette option permet une bonne vision et a une bonne autonomie. » L’installation nécessite une carte SIM dans la caméra, donc du réseau téléphonique. « L’utilisation de caméras a permis de réduire certains trajets de surveillance, ainsi que de suivre le comportement des chiens de protection. »
Boîtier de téléalarme sur filet
Un boîtier de téléalarme est un capteur connecté aux électrificateurs pour suivre en temps réel la tension des clôtures. Quand la tension passe en dessous d’un certain seuil, une alerte SMS est donnée. Conduit avec des filets, « le test n’a pas vraiment été concluant », reconnaît Pierre-Guillaume Grisot. « La tension dans les filets est trop faible et la mise en terre souvent insuffisante pour utiliser ces capteurs. »
Pour aller plus loin
- Webinaire Idele « Le numérique au service de l’élevage ovin » disponible en replay sur idele.fr
- Fiches du projet PACAPIT disponibles sur le site mrepaca.fr/pacapit