SIA 2026 : les ovins ont assuré le show
La 62ème édition du salon international de l’agriculture s’est déroulée du 21 février au 1er mars à Paris. Une édition particulière, sans bovins, et avec une fréquentation en baisse… où les ovins ont malgré tout tiré leur épingle du jeu.
La 62ème édition du salon international de l’agriculture s’est déroulée du 21 février au 1er mars à Paris. Une édition particulière, sans bovins, et avec une fréquentation en baisse… où les ovins ont malgré tout tiré leur épingle du jeu.
Cette 62ème édition du salon international de l’agriculture aura été bien spéciale. Seuls 437 000 visiteurs, soit 28% de moins qu'en 2025, se sont rendus au parc des expositions de la porte de Versailles, à Paris, pour la grand-messe de l’agriculture française. La principale cause avancée par les organisateurs est l’absence des bovins, les organismes de sélection ayant annulé leur participation quelques semaines avant le début du salon.
Venir ou boycotter ? La question s’est posée du côté des ovins. Si le Mouton charollais était aux abonnés absents en signe de solidarité avec les bovins, les autres organismes de sélection ont fait le déplacement. L’espace laissé par les bovins a en partie été récupéré par les ovins. Davantage d’animaux ont pu être exposés, le ring ovin a été agrandi, et le village du Coram, placé face à l’une des entrées du hall.
L'édition 2026 du salon international de l'agriculture a enregistré un recul de fréquentation de 28% par rapport à 2025. © D. Séailles
Un grand public à l’écoute
La fréquentation du salon était en baisse comparé aux années précédentes, certes. Mais la foule moins compacte et les allées élargies du hall 1 ont favorisé les échanges avec le grand public. Du côté du village du Collectif des Races locales de Massif (Coram), les animations en lien avec l’élevage ovin se sont succédé tout au long du salon : tables rondes, fabrication de brocciu et journées de la Lozère et de l’Aveyron. « Le but de cet espace est de faire le lien entre race, produit et territoire. » explique Alexandre Sansus, directeur du Coram.
« Un salon différent mais tout aussi intéressant »
Pour la première fois depuis une dizaine d’années, une démonstration de traite avait lieu tous les matins. « Nous sommes solidaires du contexte national. Nous nous sommes dit qu’il fallait proposer quelque chose aux visiteurs du salon malgré l’absence des bovins. » explique Anthony Soulié, vice-président de l’APLBR. « C’est un salon différent mais tout aussi intéressant. »
Les démonstrations quotidiennes de traite de Lacaune ont attiré les foules au SIA 2026. © D. Séailles
Emilie et Sébastien, éleveurs de Lacaune, sont venus exprès d’Aveyron pour animer la traite : « C’est la première fois que nous montons au salon de l’agriculture. Nous venons parler de notre métier d’éleveur au grand public : pour beaucoup, le lait n’est pas un produit associé à la brebis. Les gens posent des questions, ils sont curieux de notre métier ! »
Davantage de place pour l’élevage ovin
Face au désistement des bovins, « on s’est posé la question de venir » confie Gaëtan Legrand, éleveur-sélectionneur de brebis Bleu du Maine en Mayenne. « En plus, l’épidémie de FCO l’année dernière a décalé les agnelages et affaibli les animaux, si bien que nous n’avons pu présenter qu’un seul bélier au concours cette année. » Du côté sanitaire, il n’était pas question de prendre de risques : les ovins exposés au SIA devaient être indemnes de brucellose, avoir une prophylaxie à jour, être vaccinés contre la FCO et la MHE, et avoir été désinsectisés.
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L’espace supplémentaire a en partie été comblé par davantage d’ovins exposés. « On a pu amener plus d’animaux que d’habitude, ce qui est très bien pour nous, qui voulons faire parler de la race mouton boulonnais. » relativise Matthieu Rebout, sélectionneur de moutons boulonnais dans le Pas-de-Calais. Un espace supplémentaire alloué aux ovins qu’il espère voir maintenu dans les années à venir, pour cesser de « tout centrer sur les bovins ».
Les allées du SIA 2026 étaient moins remplies que d'habitude. © D. Séailles
Finalement, l’absence des bovins « ne nous change pas grand-chose » estime Emmanuel Fontaine, président de la race Ile-de-France. En tout, 200 brebis Ile-de-France et Texel, issues d’une vingtaine d’élevages, étaient présentes sur le salon. Mais du côté du hall des produits régionaux, l’ambiance était plus morose. Les ventes n’ont pas été au rendez-vous, tous les visiteurs ne gravissant pas les trois étages du hall. Une édition très décevante pour les commerçants, qui n’y ont pas trouvé pas leur compte.
L’excellence ovine mise en avant sur le ring
Les traditionnels concours de race se sont déroulés sur un ring ovin agrandi, avec plus de 700 ovins en compétition, issus de 13 races différentes.
Treize concours de race se sont succédés sur le ring ovin pour élire leurs plus beaux spécimens. © D. Séailles
Le trophée peau et laine a récompensé le bon état sanitaire des brebis, avec une trentaine de races en lice. « Cela peut paraître bizarre de comparer des animaux aussi différents, mais nous jugeons avant tout la propreté et l’homogénéité des toisons. » explique Antoine Brimboeuf de la bergerie nationale de Rambouillet, juré du concours. Les brebis de race Berrichon du Cher et Tarasconnaise ont raflé les premiers prix. Une trentaine de jeunes ont aussi participé au concours de jugements des animaux par les jeunes dans la catégorie des ovins.
En coulisses, des échanges entre pros
Si le SIA est la vitrine de l’agriculture française auprès du grand public, c’est aussi l’occasion pour les professionnels d’échanger en coulisses, et de faire le point sur la conjoncture. Interbev et France Brebis Laitière travaillent conjointement dans le cadre des conférences de la souveraineté alimentaire, lancées par Annie Genevard en décembre dernier. Parmi les axes de réflexion : produire plus et mieux en renforçant l’accompagnement technique, améliorer l’accompagnement de l’Etat sur les politiques environnementales, communiquer sur les aménités positives de l’élevage, ou encore prévenir et anticiper les risques sanitaires.
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« Nous participons aussi à porter un projet de plan de sauvegarde du lait cru en France. » ajoute Sébastien Bouyssière, de la France Brebis Laitière. « La consommation de Roquefort se redresse enfin, après des années où la demande était plombée par l’inflation. Les élevages laitiers ont retrouvé un équilibre économique pré-crise. Nous devons à présent consolider cette situation. » Quant au pérail, le petit dernier des fromages de brebis sous signe de qualité, il s’est officiellement vu remettre son certificat d’inscription au registre européen des indications géographiques protégées sur le stand de l’Union européenne lors d’une cérémonie officielle.
Des produits ovins médaillés
Comme chaque année, le concours général agricole se déroulait en même que tant que le SIA. Dix viandes d’agneau sous signe officiel de qualité et trente-huit fromages de brebis ont décroché une précieuse médaille. L’agneau commercialisé par Sicarev sous IGP Agneau du Limousin, et l’agneau commercialisé par Copagno sous la marque Tendre agneau, remportent chacun une médaille d’or.