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« On sait quand on part, pas quand on revient » : être éleveur et pompier volontaire

Premières vigies des départs de feu, nombreux sont les éleveurs à être aussi sapeurs-pompiers volontaires. C'est le cas d'Alain Cornu, éleveur de brebis et de vaches allaitantes dans les Pyrénées-Atlantiques, mobilisé sur le mégafeu en cours en Gironde.

Feu dans une forêt de pins
Le mégafeu en cours en Gironde, d'une ampleur inédite, a ravagé 42 000 hectares.
© Ministère de l'agriculture

« Je suis sapeur-pompier volontaire depuis 34 ans. » Alain Cornu a débuté son engagement à 18 ans dans le corps des pompiers de son village, à Iholdy, dans les Pyrénées-Atlantiques. Il est désormais chef de centrale, gérant une caserne de 31 pompiers volontaires. Tous sont mobilisés sur le mégafeu en cours en Gironde, se relayant par équipe. « Ce qui est dur, c’est qu’on sait quand on part de chez soi, mais pas quand on revient. Nous faisons de petites nuits et des journées à rallonge », témoigne Alain Cornu, qui élève 600 Manech tête rousse et une cinquantaine de Blondes d'Aquitaine avec son frère. Entre deux mobilisations en Gironde, pas de répit : il rentre dans les Pyrénées-Atlantiques s’occuper de la ferme. 

Lire aussi : Incendies du Sud-Ouest : l’OABA propose de recueillir 150 bovins et 250 ovins et caprins

Si la progression du feu a été stoppée, il n’est pas encore fixé. « Tout va dépendre de la météo et du vent. A l’heure actuelle, nous sommes incapables de savoir quand nous cesserons d’être mobilisés. Tout ce que je peux dire, c’est que ça va être long. » Dans la lutte contre le feu, ses collègues agriculteurs venus de toute la région ont apporté une aide bienvenue. « Ils nous ont acheminé de l’eau en continu grâce à des tonnes, nous évitant ainsi de devoir nous ravitailler. Cela nous a fait gagner beaucoup de temps. »

Lire aussi : Incendies en Gironde : les agriculteurs se mobilisent pour soutenir les pompiers face aux feux

 

Se sentir utile à la société

L’engagement d’Alain Cornu s’est fait naturellement, une passion qu’il avait depuis tout petit. « Quand on est jeune, un tel engagement fait acquérir une certaine maturité très rapidement. On a vite l’impression d’être utile à la société. » Une mission avec laquelle il parvient d’ordinaire à concilier son activité d’éleveur ovin. « En semaine, nous sommes mobilisables 24 heures sur 24, avec un système de bips. Les week-ends et les jours fériés, nous sommes répartis en quatre équipes d'astreinte tournant chaque semaine. » 

Cet été 2026 est malgré tout particulièrement éprouvant : « Dans ces conditions, c’est difficile de tout concilier. Je suis aussi administrateur de la fédération nationale ovine, et j’ai dû annuler ma participation à un conseil d’administration. » Mais la lutte contre les incendies passe avant tout. « Oui, le métier d’éleveur est compliqué, mais être pompier volontaire en plus d’être éleveur me fait relativiser sur les problèmes qu’on peut avoir chez soi. »

Alain Cornu, éleveur laitier de 600 Manech tête rousse en Gaec à Iholdy (Pyrénées-Atlantiques) et sapeur-pompier volontaire

Alain Cornu, éleveur laitier de 600 Manech tête rousse en Gaec à Iholdy (Pyrénées-Atlantiques) et sapeur-pompier volontaire

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