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Emmanuel Garin, vétérinaire épidémiologiste en charge de la filière ovine, GDS France
Quels changements amène la Loi de santé animale pour la filière ovine ?

À partir du 21 avril, la loi européenne sur la santé animale s’applique avec la volonté de renforcer la prévention. Le point avec GDS France.

Les différentes régions françaises doivent désormais davantage se concerter pour lutter contre les maladies animales. © D. Hardy
Les différentes régions françaises doivent désormais davantage se concerter pour lutter contre les maladies animales.
© D. Hardy

 

« La Loi de santé animale (LSA) est une refonte de toute la réglementation de la santé animale au niveau européen. Elle concerne 63 maladies touchant les animaux de rente et de compagnie et met en place une classification harmonisée de ces pathologies entre tous les États membres de l’Union européenne. Avec son entrée en vigueur le 21 avril, les maladies sont désormais classées en cinq catégories. Cela va de la déclaration et la surveillance des cas en élevage jusqu’à l’éradication obligatoire immédiate et systématique pour la catégorie la plus à risque.

 

Dans sa conception, la Loi de santé animale a pour vocation de renforcer l’harmonisation européenne ainsi que de mettre davantage en avant les principes de prévention et de biosécurité. Elle clarifie également la responsabilité de l’éleveur et des acteurs de la production, notamment sur leur rôle de sentinelle sur le terrain. Vaccination, quarantaine pour les nouveaux animaux, nettoyage et désinfection du matériel, toutes ces mesures concourent à la bonne santé des animaux.

Harmoniser les plans au niveau national pour faciliter les échanges européens

Plus particulièrement au niveau de la filière ovine, la paratuberculose, la fièvre Q, le surra et l’épididymite contagieuse doivent répondre à une surveillance adaptée à la LSA et aux besoins de la filière. Pour ces maladies et d’autres, il faut en outre fournir une certification que l’élevage est indemne de la maladie pour pouvoir accéder aux échanges intra-européens (exception faite de la fièvre Q et de la paratuberculose qui ne nécessitent pas de certification), comme cela se fait actuellement. Concernant la fièvre catarrhale ovine, la Loi de santé animale prévoit désormais une éradication volontaire (contre obligatoire auparavant) mais le statut indemne porte sur tous les sérotypes confondus quand il était donné sérotype par sérotype avant cette loi.

« Pour 1 euro en préventif, on économise 4 à 5 euros en curatif »

Pour les maladies dont le statut s’est allégé avec la loi européenne, la profession pourra demander la mise en place d’accords sanitaires d’intérêt collectifs au ministère de l’Agriculture. Ces accords devront permettre de continuer à surveiller une maladie par les acteurs de terrain (vétérinaires, GDS, etc.). Il est ainsi primordial que les plans de lutte maintiennent leur cohérence et leur harmonisation au niveau national (tout en prenant en compte les spécificités locales) pour éviter un morcellement de la gestion sanitaire et simplifier les mouvements d’animaux sur le territoire. Il est également nécessaire que les services vétérinaires continuent d’accompagner ces programmes notamment en ce qui concerne la police sanitaire. »

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