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Que faire quand le piétin apparaît dans son troupeau ovin

Dès que les premières boiteries apparaissent au sein du troupeau, il faut réagir vite pour contenir l’épidémie. Évaluer l’importance de celle-ci permet de définir la stratégie de lutte à mettre en place.

Le protocole proposé par Pactise suit en fait une approche en cinq étapes. Le premier pas est d’estimer l’impact du piétin sur la charge et le confort de travail de l’éleveur, le coût que cela représente, etc. Vient ensuite l’identification des principaux facteurs de risques, puis le recensement des pratiques de lutte actuelles et leur efficacité. Pour finir, l’éleveur va définir son plan de lutte et devra le conduire sur trois ans. Cette durée a été estimée par les membres du projet Pactise d’après les expériences relatées par les éleveurs qui ont réussi à maîtriser le piétin sur leur troupeau et d’après le plan de lutte mise en place en Grande-Bretagne depuis plusieurs années. « C’est une durée qui permet à l’éleveur d’avoir un objectif réalisable, tout en gardant en tête que les résultats ne vont pas être immédiats, rappelle Laurent Saboureau. Selon les techniques mises en place, cela peut prendre du temps et il ne faut pas s’attendre à résoudre la situation en six mois. »

Lorsque l’éleveur observe l’apparition de brebis boiteuses au sein du troupeau, il doit réagir vite pour endiguer la contamination collective et limiter l’aggravation de l’état de santé de chaque individu. Les premiers gestes vont être déterminés par la stratégie de lutte mise en place sur le troupeau. Cette stratégie fait écho aux observations et à l’historique de piétin de l’élevage. "Les préconisations que nous avions l’habitude de faire sont toujours présentes dans ce protocole, reprend le vétérinaire de l’Alliance Pastorale, basé en Haute-Vienne. Mais celles-ci sont désormais mises en adéquations avec les possibilités de l’élevage concerné et en cohérence avec la prévalence de la maladie, le taux de récidives, etc."

Sur une année glissante, l’éleveur devra estimer la proportion de brebis qui ont présenté des boiteries. Représentent-elles 10, 30 % du troupeau ? Toutes les causes de boiteries seront ici mélangées, car séparer les panaris du mal blanc et du piétin revient à une contrainte trop lourde pour l’éleveur. Enfin, celui-ci doit recenser le nombre de cas graves présentant des boiteries sévères, des pertes d’onglons… Il est ensuite nécessaire pour l’éleveur de prendre du recul afin d’évaluer la charge de travail supplémentaire que lui impose la gestion de ces boiteries. Il peut avoir recours pour cela à une notation personnelle : par exemple, sur une échelle de 0 à 10, comment voit-il le travail induit par les boiteries ?

Enfin le budget alloué chaque année aux traitements des boiteries doit être estimé. Ce budget englobe les vaccins, les sprays, les produits utilisés pour le pédiluve, les antibiotiques, les manques à gagner avec les réformes, etc.

L’intérêt du protocole mis en place par Pactise est notamment qu’il soit écrit, donc diffusable et facilement utilisable par les éleveurs et les spécialistes qui vont suivre son troupeau. L’éleveur peut rentrer ses données dans des tableaux récapitulatifs et clairs.

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