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Passer du lait à la viande est peu envisageable

Dans le bassin de Roquefort, se convertir à la viande reste dans la plupart des cas plus défavorable au revenu qu’une baisse du prix du lait.

Dominique Delmas, chambre d’agriculture de l’Aveyron : « Les charges de structure d’un système ovin lait ne sont pas finançables par la rentabilité d’une production de viande ovine ». © CA 12
Dominique Delmas, chambre d’agriculture de l’Aveyron : « Les charges de structure d’un système ovin lait ne sont pas finançables par la rentabilité d’une production de viande ovine ».
© CA 12

Avec la réforme de l’interprofession de Roquefort, le prix du lait va baisser fortement pour certains producteurs. Auraient-ils intérêt à basculer du lait vers la viande ? La chambre d’agriculture de l’Aveyron a établi des simulations pour en avoir le cœur net. « Il vaut mieux perdre sur le prix du lait que passer en viande, en conclut Dominique Delmas, conseiller ovin viande. On ne récupère jamais complètement la perte sur le prix du lait. » Il s’est penché sur le cas d’une exploitation réelle qui produit 33 600 litres à 1 074 euros les mille litres. Un prix nettement supérieur à la moyenne du bassin (943 euros en 2015). Elle perd 4 700 euros si le prix baisse à 930 euros - qui correspond peu ou prou au prix auquel seront payés les producteurs de Société des Caves en 2016. Même en remplaçant les 150 brebis laitières par 200 brebis viande, grâce à une meilleure valorisation de prairies éloignées, il faudrait une productivité numérique de 1,7 agneau par brebis pour compenser une partie seulement (2 200 euros) de la perte sur le prix du lait. Avec une productivité inférieure, elle perdrait davantage encore que sur le lait, sachant que la moyenne départementale est de 1,35 agneau par brebis.

Des charges de structure deux fois plus élevées

Une autre simulation sur un cas-type spécialisé causse, avec 393 brebis produisant 85 000 litres de lait, payé au prix moyen du bassin, montre que la reconversion en viande (450 brebis à 1,5 agneau) ferait chuter le revenu de 80 %. « Le nœud du problème tient aux charges de structure, détaille Dominique Delmas. En ovin lait, elles sont deux fois plus élevées qu’en ovin viande (1 500 euros/ha contre 800 euros/ha), du fait de la mécanisation. Elles ne sont pas finançables par la rentabilité d’une production de viande ovine, même si le travail technique est au top. » Ou alors faudrait-il remettre en cause la mécanisation, ce qui n’a pas été fait dans les simulations. Chaque exploitation restant un cas particulier, « un chiffrage technico-économique est impératif afin de cerner au plus près les conditions de conversion, les aménagements bâtiment nécessaires, le système de production viande et les critères économiques à moyen terme mais aussi à court terme pendant la phase de transition », insiste le conseiller.

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