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Parage des onglons : peut (beaucoup) mieux faire

Dans le cadre d’Am’TravOvin, des ergonomes ont observé des chantiers de parage des onglons pour proposer des repères permettant d’améliorer les moyens de travail.

Pénibilité, exigence physique, perte de temps… Le parage des onglons reste souvent une tâche difficile. Partant de ce constat, le projet Am’TravOvin s’est attelé à l’amélioration des moyens de travail pour le réaliser. Jeoffroy Beaujouan et Mathilde Dumas, ergonomes à l’université de Clermont-Ferrand, ont observé des chantiers de parage afin de mieux cerner ses exigences et proposer des repères de conception d’équipements plus performants à destination des constructeurs. Observations et entretiens ont été réalisés au Ciirpo Le Mourier et sur la ferme du lycée agricole de Charolles. De nombreux échanges ont eu lieu aussi avec les acteurs du parage. Cette analyse ergonomique a permis de décortiquer chaque étape du parage pour mieux détecter les difficultés récurrentes : acheminement de la brebis, entrée dans la zone de contention, contention, retournement, parage, repositionnement de l’animal sur ses pattes, sortie. « Nous avons constaté des inadéquations entre les moyens disponibles pour réaliser le parage et la réalisation de cette activité. Ces difficultés sont directement liées à la conception des dispositifs de retournement », révèle Mathilde Dumas.

L’instinct grégaire des brebis

L’acheminement des brebis nécessite des allers-retours incessants pour faire avancer les brebis. En cause, la non prise en compte d’une caractéristique essentielle de l’animal : son instinct grégaire. Les ergonomes préconisent donc de mettre un animal d’appel en amont de la zone de parage et ils ont établi les dimensions idéales pour le couloir en amont (7-8 m de longueur, 45 cm de largeur avec des parois pleines, 90 cm de hauteur). « L’acheminement des brebis est un vrai problème », corrobore Agathe Chevalier, directrice de l’exploitation agricole du lycée de Charolles.

La contention est tout aussi problématique. Les observations font apparaître plus de 10 manipulations pour contenir l’animal et le replacer correctement. Les dispositifs de contention ne s’adaptent pas à son gabarit, notamment pour les agnelles. Il faut souvent replacer l’animal. Quant au bien-être animal, on peut faire mieux… Bref, le dispositif idéal devrait permettre un réglable facile, rapide et solide selon le gabarit de l’animal et une contention confortable et efficace - que l’animal ne puisse ni reculer ni avancer ni se coucher - et avec le moins d’opérations possibles. On en est loin…

La balle est dans le camp des constructeurs

Le retournement génère aussi de nombreuses manipulations et des efforts physiques conséquents. Une opération qui doit aussi être repensée dans la conception des dispositifs pour qu’elle puisse se faire avec beaucoup moins de force physique.

Quant au parage lui-même, il y a aussi beaucoup à faire pour en améliorer l’ergonomie. Faire en sorte que le pareur puisse accéder rapidement et en toute sécurité de part et d’autre du dispositif de contention ; qu’il ait la place à l’aplomb du pied paré pour avoir de bons appuis ; que l’accès aux pieds de l’animal soit sans obstacle ; qu’il puisse poser et reprendre à portée de main tous les outils nécessaires au parage ; qu’il garde les coudes sous le niveau du cœur lorsqu’il réalise le parage…

Des repères de conception ont également été formulés pour le repositionnement de l’animal paré sur ses pattes ou sa sortie vers le parc en aval. Il doit voir ses congénères et identifier une source lumineuse plus forte par rapport à l’endroit où il se trouve. Le dispositif devrait enfin être facile à nettoyer et à entretenir. Le cahier des charges est prêt et exigeant. La balle est dans le camp des constructeurs.

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