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Ovins et grandes cultures, un partenariat gagnant - gagnant

Économies d'intrants pour les cultures, autonomie alimentaire des ovins, optimisation de la main d'oeuvre, sécurisation économique, autant de bonnes raisons d'allier l'élevage et les cultures sur une exploitation.

© Fotolia

Très répandus il y a deux générations, les systèmes alliant élevage et grandes cultures sont aujourd'hui beaucoup plus rares. La baisse de la main d'oeuvre disponible dans les exploitations et la recherche d'une rationalisation du travail ont favorisé la spécialisation des exploitations et des territoires avec une séparation nette entre des zones à forte densité animale et d'autres dédiés aux cultures. La réforme de la pac de 1992 a accéléré le phénomène avec la réorientation massive vers les productions végétales de l'agriculture des zones intermédiaires, mouvement qui s'est ralentit dans les années 2000, le front de céréalisation ayant atteint des zones plus difficiles à mettre en culture. A la faveur de ce mouvement, les effectifs de brebis allaitantes en zones intermédiaires se sont effondrés de 38 % entre 1990 et 2000, et ont encore reculé de 15 % entre 2000 et 2010. Au recensement général agricole de 2010, moins de 1 400 exploitations de plus de 150 brebis étaient des systèmes de polycultures élevage, principalement localisés dans le Nord-Est.

Optimiser la main d'oeuvre toute l'année

Pourtant, allier sur une même exploitation les activités cultures et élevage peut être une stratégie gagnant-gagnant. Pour les productions végétales, l'atelier ovin permet d'apporter amendement minéral et organique à moindre frais, garantissant une certaine autonomie vis-à-vis des intrants chimiques dont les cours connaissent des fluctuations importantes. Pour les ovins, l'atelier culture fournit une alimentation à moindre coûts : pulpes, repousses à pâturer, surface disponible entre deux cultures pour produire des fourrages... à une époque où les matières premières alimentaires sont les premières charges de production des élevages. Les exploitations, plus autonomes, sont moins sensibles aux aléas. Autre avantage : les travaux des cultures sont très saisonnés. Avec une bonne organisation, il est possible d'intercaler les périodes d'agnelages avec les travaux des champs et optimiser ainsi la main d'oeuvre toute l'année.

Outre l'intérêt de l'exploitant, la complémentarité entre ces deux activités, s'inscrit dans une démarche environnementale et sociale. Avec un recours aux intrants plus limité, ces systèmes correspondent aux orientations défendues par le ministère de l'Agriculture quand il prône l'agro-écologie. Le maintien ou le retour de l'élevage, activité plus gourmande en main d'oeuvre et donc pourvoyeuse d'emploi, dans les zones intermédiaires, contribue au maintien des habitants et de la vie économique dans ces zones rurales qui ont tendance à se vider.

Des actions de promotion et un simulateur pour les céréaliers

En plein lancement d'un nouveau programme de développement de la production ovine, les responsables professionnels de la filière voient aussi en la complémentarité ovins-grandes culture un enjeu pour créer de nouvelles troupes. Ils ont prévu la mise en place d'actions de promotion auprès des céréaliers et de leurs coopératives d'approvisionnement pour leur présenter les intérêts agronomiques et économiques qu'offre un atelier ovin sur leur exploitation. En parallèle, le Ciirpo et ses partenaires travaillent sur la définition d'un système clé en main : race, conduite, bâtiment, financement et formation à proposer aux céréaliers afin de faciliter la création d'ateliers ovins sur leurs exploitations. Un simulateur économique est en cours de développement afin d'évaluer les conséquences de cette création de troupe sur l'exploitation et devrait être prêt début 2016.

Retrouver le dossier complet dans le Pâtre n°623 d'avril 2015, avec :

- L'intérêt d'un atelier ovin pour sécuriser financièrement une exploitation de polyculture (reportage chez Sébastien Diaz, dans la Marne)

- Les bénéfices des cultures intermédiaires pour les assolements

- L'intérêt des couverts comme ressource alimentaire pour les ovins pour diminuer les couts de production

- Les bénéfices agronomiques et économiques des engrais de ferme

- L'intérêt de l'affourageemnt en vert pour valoriser les dérobées (reportage chez Arnaud Vanhoutte dans l'Aisne).

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