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Julie Lelong et Aurélien Leroy à Valette dans le Cantal
« Nous sommes nos patrons »

Julie, 35 ans, et Aurélien, 32 ans, ont choisi de changer de voie et de devenir acteurs de leur projet.

Julie Lelong et Aurélien Leroy apprécient autant de pouvoir s’organiser comme ils le souhaitent que le bon air des montagnes. © CFPPA de Saint-Flour
Julie Lelong et Aurélien Leroy apprécient autant de pouvoir s’organiser comme ils le souhaitent que le bon air des montagnes.
© CFPPA de Saint-Flour

Après la naissance d‘Ambre, nous avons remis en question notre parcours de vie. Nous avons choisi le Cantal pour notre projet d’éleveurs, en harmonie avec notre rôle de parents. Nous avons cherché un mode de vie simple, proche de la nature, privilégiant la qualité de vie, le jardinage, la randonnée. C’est un plaisir d’organiser son emploi du temps et d’être disponible pour sa famille, d’aller chercher notre fille à l’école ! Nous avons choisi l’élevage ovin et saisi l’opportunité de louer des locaux et des terrains. Des investissements limités ont rendu notre projet rassurant et sécurisant.

La brebis Bizet s’imposait pour sa capacité à valoriser le territoire. Ce sont de bonnes marcheuses, capables de puiser dans leurs réserves et de produire en semi plein-air. Très maternelles, elles facilitent la conduite de notre système. Ces brebis sont aussi réputées pour la qualité gustative de leur viande, très appréciée par Louis XIV qui disait : « de la viande Bizet, sinon rien ! ». Cette race répond bien à notre objectif de vente directe. La Bizet est aussi familière avec l’homme et leur robe originale les rend plus attractives lors des visites à la ferme.

Être salariés ne nous convenait plus !

Après des formations en paysagisme, puis des études d’auxiliaire de puériculture suivies d’une expérience avec les enfants, j’ai souhaité changer de voie. Ma grossesse a été un élément déclencheur. Notre choix de l’élevage ovin a été de travailler avec du vivant et sur un gabarit d’animal adapté au mien ! J’ai fait un CS en production ovin viande. Mon compagnon a commencé par des formations en électrotechnologie, suivies d’une formation en commerce, et d’un diplôme d’ambulancier. Son choix a été de suivre ensuite un BP REA. Nos formations sont complémentaires.

Le Cantal nous a aidés à nous installer par la session d’accueil d’actifs et une résidence d’entrepreneurs. Les collectivités territoriales ont été séduites par notre projet, ce qui a facilité notre implantation. L’OS Bizet nous a accompagné pour constituer notre cheptel et nous a ouvert les portes de la sélection.

Être son propre patron, c’est faire ses propres choix. C’est choisir nos produits transformés à la ferme, notre commercialisation, notre communication, notre développement et notre organisation du travail. À l’avenir, nous souhaitons développer des cosmétiques tels que des savons au lait de brebis, faire de l’accueil de personnes avec des hébergements insolites dans des anciennes cabanes. Nous voulons mettre en place une auberge : une tablée, maximum 10 personnes, sur réservation, une fois par semaine, l’été. Notre choix, c’est d’abord se faire plaisir ! »

La communication au cœur du projet

« Dès la construction de notre projet, il a fallu séduire, exposer, expliquer pour convaincre. Nous avions aussi choisi de faire de la vente directe, aller vers le consommateur. Nous voulions gérer notre produit dans toutes ses étapes, de la production à la vente. La stratégie de communication est ici essentielle et notre expérience dans ce domaine pouvait servir. Pour nous faire connaître et nous faire plaisir, nous avons développé l’accueil de public à la ferme, les marchés, la vente directe, des animations, notre page Facebook La ferme ô nuages. Une exposition de photos accompagnera prochainement la création d’un marché de producteurs et artisans en été. Cette démarche de proximité avec le territoire, les gens, les consommateurs a été un des facteurs clés de la réussite de notre projet. »

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