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Gestion de l´alimentation
Nourrir les ovins après la sécheresse

Estimer les stocks et les besoins du troupeau est une première démarche. Ensuite, il faut mettre en pratique un régime de substitution à base de paille et préparer les cultures fourragères de 2004.


La sécheresse et les fortes chaleurs de cet été ont marqué de diverses manières les régions françaises en amputant de façon parfois catastrophique les récoltes de fourrages, obligeant à entamer les stocks nécessaires pour l´hivernage et transformant les prairies en paillasson.
Face à cette situation, et dans tous les cas, il est plus que nécessaire de faire le point tant sur le plan de l´alimentation du troupeau pour les saisons à venir que sur les prairies.

Estimez les stocks et les besoins
Il s´agit d´anticiper sur les mois à venir afin de conduire au plus juste et de façon cohérente le troupeau.
L´estimation ne doit pas être que qualitative, mais doit également prendre en compte la « qualité » des ressources, les différentes catégories animales et leurs besoins, leurs capacités d´ingestion afin de définir non seulement les besoins, mais également le meilleur ajustement entre les deux. En effet, toutes les solutions ne sont pas adaptées à tous les types d´animaux présents et il faut d´ores et déjà affecter les bonnes ressources aux bons lots.
Faute de disposer de stocks d´herbe en quantités suffisantes pour alimenter les troupeaux, la première alternative à laquelle on pense logiquement est la paille. Pour des agneaux en finition, pas de problèmes à l´utilisation de paille. Les performances seront équivalentes à celles obtenues avec du foin.

Pour des brebis, c´est envisageable dans la plupart des situations. Il faut toutefois faire attention à l´état corporel à la rentrée en bergerie d´une part, et surtout veiller à la complémentation minérale et vitaminée. Les pailles sont pauvres en minéraux et particulièrement en phosphore.
Contrairement au régime foin, les quantités de paille consommées par une brebis sont très variables, mais restent toujours modestes. La paille offerte doit être appétente et disponible à volonté en respectant les quantités.
L´utilisation d´aliment liquide épandu sur le fourrage permet d´améliorer les consommations et apporte un complément énergétique et parfois azoté non négligeable. Lorsqu´on distribue de la paille à des brebis en fin de gestation et en lactation, les quantités de concentrés à apporter quotidiennement sont importantes et il est préférable de les distribuer en deux fois, maximum : 500 g à la fois. Attention aux brebis qui présentent un état corporel modeste en fin de gestation et en lactation : il serait préférable de distribuer du foin. Le cas échéant, si cela n´est pas envisageable, il ne faut laisser qu´un seul agneau sous la mère.

Attention à la capacité d´ingestion des brebis
Dans la majorité des cas, compte tenu des types génétiques, il est souhaitable, voire conseillé, d´apporter une ration quotidienne de foin de qualité : au minimum 500 g/jour, surtout dans le dernier mois de gestation et le premier mois de lactation.
Des équivalences pour estimer les besoins. Pour 10 tonnes de foin, il faut compter :
- 7 tonnes de paille et 22 quintaux de céréales et 6 quintaux de soja
- 7 tonnes de paille et 32 quintaux d´aliment complet
Si la paille est une solution relativement facile à envisager, quelles seront les disponibilités au cours de l´hiver, voire actuellement si les achats n´ont pas encore été réalisés et à quel prix ? Pour ce fourrage, comme pour les autres, une alimentation au plus juste des besoins est nécessaire et il faut avoir le souci d´économiser.
Des dérobées pour passer l´automne, l´hiver et mettre à l´herbe tôt au printemps.

Avec le retour de la pluie, et des températures plus basses, l´implantation de dérobées, notamment de RGI alternatif, voire de RGH ou de festulolium plus pérenne peut être envisagée.
Outre une production fourragère importante à l´automne, 50 à 60 jours après le semis, le maintien des brebis au pâturage va permettre d´économiser de la paille. Cette économie est loin d´être négligeable puisqu´il faut compter 1 kg de paille par brebis et par jour, soit la quantité qu´il faut lui mettre à disposition lorsqu´on l´utilise en fourrage.
Implanter en septembre, un RGI est capable de produire 3à 4 tonnes de MS/ha dès le mois de novembre. Bien gérée, sans gaspiller, cette production peut assurer 10 à 15 jours de pâturage d´un lot de 100 brebis en fin de gestation. Pour limiter les pertes, il faut adopter un chargement instantané élevé et l´utilisation d´une clôture électrique est souhaitable. Outre cette production d´automne, ces prairies démarrent tôt au printemps, ce qui permettra une sortie rapide des brebis.
©D. R.


L´intérêt du colza fourrager
Dans ces stratégies d´adaptation, le colza fourrager a bien évidemment tout son intérêt. En deux mois, c´est 25 à 30 tonnes de matières vertes qui seront disponibles. C´est de surcroît un excellent fourrage : 1 kg de MS (soit 8 kg vert) contient 1 UF et 110 à 150 g de PDI. Compte tenu de sa forte teneur en eau, il faut mettre à disposition du fourrage sec.
Pour réussir la culture du colza fourrager, il faut faire en semis d´été derrière les céréales :
- un semis rapide après la moisson pour profiter de l´humidité du sol,
- un double déchaumage suffira pour réussir le lit de semences,
- une dose de semis de 4 à 6 kg par hectare.
- en semis d´été, choisir aussi une variété d´hiver et semer à une dose un peu plus forte : entre 4 et 6 kg/ha.
- une fumure de 40 unités d´azote, 60 unités de phosphore et 60 unités de potasse.
Apporter une attention toute particulière pour les altises en traitement des semences et un désherbage si nécessaire.
©D. R.


Ne pas oublier les prairies
En ce début d´automne, certaines prairies sont encore de véritables paillassons et deux questions se posent : Que reste-t-il de leur potentialité de production et faut-il envisager de les refaire ?
Dans tous les cas, et déjà pour une simple question de temps, seule une fraction des prairies peut être refaite. Autant bien les choisir. Divers itinéraires techniques, selon l´objectif et le temps disponible, sont envisageables, du labour au sursemis en passant par le semis direct. L´observation des prairies, après des précipitations, doit permettre de décider ou non d´un renouvellement. Le cas échéant, on peut simuler une pluie en arrosant pendant 3 à 4 jours consécutifs une petite surface à l´aide d´un arrosoir, la zone choisie devant être représentative de la parcelle, mais en ce début d´octobre, les décisions doivent être rapides et il est déjà trop tard pour ce test. Cela étant, on peut penser que des prairies sur lesquelles il n´y a pas eu d´animaux à stationner cet été sont capables de repartir.
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