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Lutter contre les strongles en élevage ovin, un combat stratégique et réfléchi

En élevage ovin, le parasitisme par les strongles est omniprésent et la lutte doit être raisonnée et adaptée.

« Parmi tous les parasites qui touchent les moutons, les strongles se taillent la part du lion », pose Laurent Saboureau, lors d'un webinaire organisé par le Ciirpo. Que les strongles attaquent le tractus intestinal ou l’appareil pulmonaire, les conséquences sur la santé du troupeau sont importantes. Baisse de fertilité et de fécondité, avortement, baisse de croissance, saisie à l’abattoir, amaigrissement, anémie et diarrhée, les ovins y sont très sensibles. Mieux vaut alors surveiller de près la situation lors de la mise à l’herbe… et ne pas traiter à tout-va.

« Lorsque le temps est chaud et humide, c’est là que le développement larvaire dans la prairie est le plus important, souligne le vétérinaire spécialisé en ovins. Et si les strongles sont sensibles à la sécheresse, ils se montrent très résistants au froid. » Ainsi, à la sortie de l’hiver, aussi rude fut-il, le niveau d’infestation d’une zone de pâturage peut être encore très élevé. Cependant, inutile de traiter dès la sortie des animaux. « Pour une mise à l’herbe fin mars-début avril, il ne sert à rien de traiter avant fin mai– début juin », rappelle encore Laurent Saboureau. Et on connaît malheureusement les conséquences d’un traitement inadapté, précoce ou sous-dosé. L’apparition de résistance aux traitements anthelminthiques est une réalité de plus en plus répandue en élevages avec laquelle il faut savoir composer. « Une fois une résistance à un produit apparue, celle-ci est irréversible, appuie le vétérinaire. Même si la molécule en question n’est plus utilisée pendant un moment, elle sera toujours inefficace si l’éleveur y a à nouveau recours. »

Pour éviter cette situation catastrophique et viser l’efficacité maximale du traitement, Laurent Saboureau rappelle la règle des 4B : le bon moment, le bon produit, la bonne dose et la bonne pratique. « Il ne faut pas vermifuger de façon systématique, ni parce que 'ça fait longtemps que ça n’a pas été fait'. Il n’est pas non plus question d’atteindre le 'zéro parasite', car il vaut mieux garder des animaux refuges dans son troupeau, qui vont maintenir une population minimale et diversifiée de parasites. » La réalisation de coprologies permet de mieux connaître la situation parasitaire du troupeau à une période donnée et ainsi adapter la stratégie de lutte et le moment de traitement.

L’alternance des traitements ayant recours à des familles moléculaires différentes est une bonne pratique pour limiter les résistances. Le respect de la posologie et la vérification systématique du matériel sont primordiales pour assurer l’efficacité du traitement. « La brebis de 50 kg est un mythe, elle pèse généralement plus autour de 60-70 kg, met en garde le vétérinaire. Or la dose à administrer est fonction du poids de l’animal. Il ne faut pas faire de moyenne sur le troupeau, sinon il va y avoir des sous-dosages et des surdosages. » Si le surdosage peut, avec certaines molécules, présenter un risque d’écotoxicité et représente un surcoût inutile pour l’éleveur, le sous-dosage, lui, est le plus gros facteur d’apparition de résistance. Le strongle va s’adapter au traitement sans être tué et transmettra cette adaptation aux générations suivantes.

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