Aller au contenu principal

Les demandes des éleveurs face au fléau du loup

La FNO et la FNSEA sont allées à la rencontre des éleveurs de Paca qui subissent les attaques du loup depuis plus de 20 ans. Des engagements seront demandés aux candidats à la présidence de la République.

Le 3 décembre dernier, Michèle Boudoin, la présidente de la FNO, et Xavier Beulin, le président de la FNSEA, et les représentants des chambres d’agriculture et des jeunes agriculteurs ont rencontré les éleveurs de la région Paca confrontés au loup depuis 1994. À Caussols, dans les Alpes-Maritimes, ils ont pu entendre une cinquantaine d’éleveurs, tous excédés par le prédateur. Avec les 8 900 victimes de 2015 et les 7 500 victimes recensées de janvier à mi-octobre 2016, ce sont près de 72 000 brebis qui ont péri en France sous les crocs du prédateur depuis les premières attaques de loup recensées en 1994 ! « En Paca, c’est l’équivalent d’un élevage de moutons qui est dévoré par le loup chaque mois » calcule la FRSEA.

Au-delà des chiffres, le burn-out des éleveurs

Pourtant, les éleveurs ont massivement souscrit aux mesures de protection (aides-berger, chiens, enclos). Et cela malgré les contraintes logistiques et financières que celles-ci imposent. Les chiens de protection sont, par exemple, à l’origine de conflits de voisinage avec les autres usagers du territoire. D’autant que ces mesures, à l’efficacité toute relative, coûtent très cher. En 2015, les mesures de protection ont coûté à l’État plus de 18 millions d’euros et les indemnisations près de trois millions. Et au-delà des chiffres, les éleveurs n’en peuvent plus. "J’ai fait un burn-out" expliquait ainsi avec émotion une éleveuse de 45 ans qui a subi une série d’attaques meurtrières.

Primauté du plein air sur l’ensauvagement des territoires

Grâce à la mobilisation de la FNSEA, des JA, de l’Apca et de la FNO, des avancées ont été obtenues (tirs de défense renforcés, tirs de prélèvement avec les chasseurs, augmentation du plafond de prélèvement de 24 à 36 loups, prise en compte des pertes induites par les brebis non retrouvées du fait des vautours…). Cependant, les syndicats vont profiter des élections présidentielles et du Salon de l’agriculture pour interpeller les candidats et leur demander de prendre position. « Ça ne peut pas continuer comme ça, enrage Michèle Boudoin. Les maires ruraux sont avec nous et nous allons demander aux candidats qu’ils s’engagent à déclasser le loup des textes internationaux qui le protègent. Au nom de la primauté de l’élevage de plein air sur l’ensauvagement des territoires, nous devons aussi obtenir un quota supplémentaire de loups afin de permettre aux éleveurs de défendre leurs troupeaux jusqu’à la fin de la campagne 2016-2017 ».

Des paiements en temps et en heure et des prélèvements plus efficaces

Les éleveurs demandent aussi le paiement en temps et en heure des fonds avancés par les agriculteurs dans le financement des moyens de protection. « Encore un quart des dossiers de 2015 n’ont pas été réglés » s’indigne Michèle Boudoin qui s’interroge également sur le comptage des loups « avec une association pro-loup qui appelle à détruire les indices de présences et des agents de l’ONCFS en grève ». Avec 220 à 370 loups présents dans 33 départements français, les syndicats demandent une meilleure efficacité dans la baisse de la prédation sur le terrain, en raisonnant par exemple par prélèvement de meute entière plutôt que par individu.

Les plus lus

<em class="placeholder">Des ovins au pâturage dans les Pyrénées catalanes.</em>
Des chercheurs catalans suivent le pâturage des ovins à la trace
Des chercheurs de l’Institut de recherche et de technologie agroalimentaire, basé en Catalogne, ont équipé de traceurs GPS des…
Des carcasses d'agneaux au marché de Rungis.
Accord UE-Australie : 25 000 tonnes de viande ovine et caprine concédées à l’Australie
Un nouvel accord de libre-échange a été conclu entre l’Union européenne et l’Australie le 24 mars. Les droits de douane européens…
L'éleveuse tient un chiot beauceron dans ses bras en extérieur.
Aveyron : « J’allie mes deux passions, les chiens de conduite et la sélection génétique »
Installée en Gaec en Aveyron, Amandine Gastal est éleveuse de brebis lacaunes et de beaucerons. L’élevage de chiens de conduite…
En Dordogne, « nous produisons 1 800 agneaux par an en baissant la mortalité »
Les associés du Gaec de Vialette, en Dordogne, produisent des agneaux toute l’année grâce au désaisonnement lumineux. Néanmoins,…
<em class="placeholder">Un éleveur et son troupeau de Hampshire</em>
« Moins elles passent de jours en bâtiment, mieux c’est » : Nicolas conduit ses Hampshire en plein air intégral
Jeune installé en plein air intégral, Nicolas Mary mise sur la rusticité de la brebis Hampshire pour une conduite économe. Il…
<em class="placeholder">Une brebis Montagne Noire</em>
La Montagne noire, une race aux qualités bouchères reconnues
Au Mas-d’Azil en Ariège, sur le massif du Plantaurel, Patrick Respaud est la cinquième génération à élever des vaches Gasconne…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir Pâtre
Consultez les revues Réussir Pâtre au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Réussir Pâtre