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Bernard Dinez, éleveur ovin lait et viande en Savoie
« Le troupeau est descendu d’alpage plus tôt que prévu à cause du loup »

Les dernières attaques ont fait une quinzaine de victimes et une trentaine d'animaux disparus.
Les dernières attaques ont fait une quinzaine de victimes et une trentaine d'animaux disparus.
© L. Bourgeois

« Nous devions faire la descente d’alpage le 4 octobre. Seulement, nous avons subi deux attaques de loups sur le troupeau fin septembre, nous avons donc décidé d’avancer la date d’une semaine. Les attaques ont fait 15 victimes et 30 animaux disparus dans le troupeau. Vu les dégâts des attaques, le choix de précipiter le retour à la ferme s’est fait immédiatement. Heureusement que cette année la pousse de l’herbe a été bonne autour de l'exploitation, les brebis ont eu de quoi manger. Mais nous avons 750 brebis, donc il faut avoir à l’esprit que ce qu’elles mangent maintenant, ce sera ça de moins pour passer l’automne et l’hiver. D’où la problématique de descendre trop tôt, la ressource fourragère n’est pas toujours assurée. Et puis c’est toute une organisation, car nous avons 150 brebis allaitantes de race Thônes-et-Marthod auxquelles s’ajoutent 450 brebis que nous prenons en pension sur notre alpage en Haute-Maurienne (Savoie).

Une catastrophe sociale et économique

Mais notre plus grosse activité, nous l’avons avec nos 150 brebis laitières. La traite se fait sur l’alpage, avec une remorque et nous avons un local là-haut pour transformer. C’est la première fois que nous redescendons plus tôt, mais nous ne sommes pas les seuls. Il y a un éleveur isérois qui met ses brebis en alpage dans le coin qui a dû les redescendre dès juillet. Nous avions fait chiffrer ce manque à gagner sur le fourrage consommé précocement. Malheureusement aujourd’hui, les éleveurs confrontés à la prédation ne sont plus écoutés par les pouvoirs publics, donc présenter ce type de chiffres ne nous sert plus. Nous tentons juste de survivre à cette catastrophe économique et sociale qu’est la prédation, en attendant des jours meilleurs où le pastoralisme sera repris en considération. »

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