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Le pic de pousse d'herbe s’est fait attendre ce printemps

La fraîcheur du mois de mai a ralenti la pousse de l’herbe. Tour de France des régions et conseils de prairies avec le service fourrages et pastoralisme de l’Institut de l’élevage.

Après un mois de mai sous le signe de la fraîcheur et du retour tant attendu des pluies, les prairies ont eu un développement plus tardif et leur pic de croissance s’est réalisé avec plusieurs semaines de retard par rapport à la moyenne décennale. Dans sa note agro-climatique des prairies, le service fourrages et pastoralisme de l’Institut de l’élevage note que le début du mois de juin laisse espérer un rattrapage de la production perdue en avril.

Les températures sont restées fraîches tout au long du mois de mai puisque la température moyenne mensuelle a été inférieure de 1,3 °C à la moyenne de 1981-2010. Cette fraîcheur par rapport aux moyennes est moins marquée dans les zones méditerranéennes et pyrénéennes ainsi que sur les bords de la Manche. Conséquence, les cumuls de température sont par endroits plus faibles que d’ordinaire.

Au 11 juin, le bilan hydrique reste contrasté selon les régions. Les sols superficiels se sont asséchés sur une partie du territoire alors qu’ils sont restés humides sur les Pyrénées, les Alpes et les Vosges. Les prévisions saisonnières estiment plus probable un été chaud et sec pour la France.

Lire aussi : Fin printemps 2021 : un pic de l’herbe qui s’est fait attendre

En Occitanie, la précocité de l'herbe est de l'ordre de celle d'une année moyenne, avec jusqu'à deux semaines de retard par rapport à 2020. En mai, il a fallu profiter de la moindre fenêtre de beau temps pour réaliser les fauches. Tout début du mois de juin, les épisodes orageux ont favorisé la pousse de l'herbe mais ont compliqué la réalisation des foins. Ces épisodes pluvieux ont tout de même maintenu un certain niveau d'humidité dans les sols, favorable à la levée des dérobées.

En Provence-Alpes-Côte d'Azur, c’est une année très atypique, avec du froid tardif, du sec longtemps, puis finalement trop d'humidité au mauvais moment. Il n’a cessé de pleuvoir depuis le retour des pluies fin avril. Les prairies souffrent de deux à trois semaines de retard en termes de maturité. Les légumineuses sont davantage touchées par ce retard de développement que les graminées.

En Charentes-Poitou, les fauches ont été difficiles à réaliser en mai, avec des alternances de pluie et de soleil. Début juin, les conditions restaient propices à la croissance des prairies, venant légèrement combler le manque d'avril. Dans le Limousin, le mois de mai a rempli les réserves utiles et mis les prairies dans de bonnes conditions de croissance.

Dans les Pyrénées-Atlantiques, l'année reste globalement sèche, avec des cumuls de précipitations bien en dessous des normales de saison. Début juin, une fenêtre a permis de réaliser les foins.

Avec les températures fraîches, les prairies des Pays de la Loire n’ont pas connu une explosion de l'herbe. La croissance de l’herbe a continué sa légère augmentation au fil du mois de mai pour atteindre le pic de l'année début juin. A la fin du mois de mai, le retour des conditions clémentes a laissé la possibilité de faucher jusqu'à la mi-juin avec quelques arrêts liés aux orages.

Note agro-climatique n°3 de juin 2021 du service Fourrages et pastoralisme

En Bretagne, les pluies de début mai ont enfin permis aux prairies de décoller et aux maïs d'être semés dans de bonnes conditions. Les périodes de beau temps à la fin du mois de mai ont permis des fauches de qualité à temps avant le boom des épiaisons. Les rendements restent cependant inférieurs aux moyennes historiques pour les récoltes du premier cycle. Au début du mois de juin, l'herbe exprime enfin son potentiel.

En Normandie, les faibles croissances de l'herbe du début de mois de mai ont poussé les éleveurs à conserver un pâturage agrandi en utilisant des surfaces destinées à la fauche.

Dans les Hauts de France aussi, le retour des pluies et les températures plus clémentes ont vu les prairies croître fortement avec un pic à 90 kgMS/ha/j sur la première semaine de juin.

En Lorraine, le mois de mai a été une alternance de périodes de pluie relativement froides et de journées chaudes où les fauches en voie humide ont eu lieu. Début juin les foins ont pu se faire dans de bonnes conditions. Idem en Alsace où le pic de croissance atteint finalement des niveaux comparables aux années précédentes mais de manière bien plus tardive.

Dans le Centre-Val de Loire, la reprise de croissance des prairies au retour des pluies s'est avérée difficile à cause du pâturage sévère du mois d'avril. Par la suite les prairies ont retrouvé des niveaux élevés de croissance, plus tardivement qu'à l'accoutumée comme dans bon nombre de régions. Les luzernes et les trèfles violets se sont peu développés au 1er cycle mais ont pu jouir de conditions météo plus clémentes et ainsi assurer une bonne deuxième coupe. Les méteils à base d'avoine n'ont pas pu être récoltés précocement à cause des conditions météo mais ont accumulé de la biomasse tout en gardant tout de même une bonne valeur alimentaire.

En Bourgogne, les premières récoltes d'ensilage et d'enrubannage fin mai ont donné de bons retours en quantité. Les fauches en foin ont continué début juin. L'année tardive devrait quand même produire des fourrages de bonne qualité.

En Ardèche, Drome, Isère et Loire, la sécheresse a repointé le bout de son nez début juin dans la vallée du Rhône et les prairies ont freiné fortement leur croissance. A la mi-juin le déficit hydrique est cependant moins marqué qu'en 2020. En montagne, le développement tardif des prairies devrait assurer rendement et qualité en 2021.

En Auvergne, le retour des pluies de fin avril a relancé les croissances d'herbe à toutes les altitudes. Mi-mai les pluies abondantes ont favorisé une croissance importante de l'herbe. L'arrêt de la période fraîche et pluvieuse fin mai a relancé les fauches en plaine et demi montagne. Début juin, les croissances sont restées soutenues.

Lire aussi : L'herbe dans Pâtre

Le service fourrages et pastoralisme de l’Institut de l’élevage préconise de préparer l'été avec un stock d'herbe sur pied : « C'est le moment d'allonger le temps de retour sur les parcelles et de créer un stock sur pied pour pâturer plus longtemps cet été. L'agrandissement par le pâturage des prairies fauchées en mai est un moyen d'augmenter le temps de retour ». Par contre, il faut évitez la tentation de faucher si on a moins de 25 jours d'avance.

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