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Le CS ovin par apprentissage : un tremplin pour l’avenir

Jean-Paul manquait de main-d’œuvre sur son exploitation et Clément voulait apprendre en alliant pratique et théorie. Au final, chacun y a trouvé son compte.

Jean-Paul Rault et Clément Guérin : l’apprentissage est un bon moyen pour entrer dans le monde du travail.
Jean-Paul Rault et Clément Guérin : l’apprentissage est un bon moyen pour entrer dans le monde du travail.
© L. Sagot

A l’automne 2014, le lycée nature de la Roche-sur-Yon en Vendée ouvre une nouvelle formation par apprentissage : un Certicat de spécialisation (CS) ovin. Clément a 20 ans et il vient d’obtenir son BTS « analyse et conduite de systèmes d’exploitation ». La production ovine l’intéresse mais il n’a pas les bases en zootechnie pour travailler dans cette  lière. Il décide alors de chercher un maître d’apprentissage pour intégrer cette formation. « Je ne suis pas  fils d’éleveur et j’ai choisi la voie de l’apprentissage dès le BTS car je manquais de pratique, explique Clément Guérin. C’est un bon moyen pour mettre un pied dans le monde du travail ». À l’époque, il connaît déjà Jean-Paul Rault, sélectionneur en Mouton Vendéen, qu’il avait rencontré au Salon de l’agriculture à Paris. L’éleveur se porte alors volontaire et devient maître d’apprentissage pour une durée d’un an avec les trois quarts du temps sur l’exploitation. « J’avais l’habitude de prendre des stagiaires, indique Jean-Paul, mais je manquais de main-d’oeuvre et je cherchais quelqu’un qui puisse être autonome dans les travaux quotidiens ».

Et l’éleveur n’a pas été déçu : « Clément a montré une grande faculté d’adaptation et est vite devenu autonome sur le troupeau ovin et également bovin. Et même s’il y a  sans doute des améliorations à apporter au système d’alternance a n que l’apprenti soit présent sur l’exploitation lors des pointes de travail, Clément était motivé et a vite acquis les compétences ».

Car en plus de l’exploitation de 260 ha située à Sainte- Radegonde-des-Noyers en Vendée qui compte 360 brebis et 100 vaches, Jean- Paul est régulièrement sollicité par des responsabilités professionnelles. « J’avais déjà un salarié, et grâce à cette expérience, j’en ai embauché un second avec le même profil que Clément », ajoute l’éleveur. De son côté, Clément a considérablement élargi son champ de connaissances au cours de cette année d’alternance entre les cours au lycée Nature, les nombreuses visites réalisées en élevages et les 34 semaines passées sur l’exploitation. « Il me reste encore des choses à apprendre en particulier dans le domaine de la santé mais je sais maintenant m’occuper seul d’un troupeau ovin » souligne Clément. En attendant de concrétiser son projet d’installation dans quelques années, Clément a été embauché en tant que technicien à l’organisation de producteurs Vendée Sèvres Ovins. Au final, l’apprenti et le maître d’apprentissage ont mûri et concrétisé un nouveau projet au cours de cette année d’apprentissage. Sans doute aussi parce que le courant est bien passé entre eux !

Une rémunération qui se calcule au cas par cas

L’apprentissage repose sur le principe de l’alternance entre enseignement théorique en centre de formation d’apprentis (CFA) et l’enseignement du métier chez l’employeur. Un contrat de travail est signé entre les deux parties. L’éleveur est responsable de l’apprenti et le rémunère sur la totalité de la période d’apprentissage, c’est-à-dire y compris pendant les périodes de cours et ses congés. Le salaire versé est calculé en pourcentage du SMIC en fonction de l’âge de l’apprenti, de l’année du cycle de formation et de la convention collective dont dépend l’employeur. D’autre part, l’éleveur peut prétendre à une exonération de cotisations sociales d’environ 95 % (pour les entreprises de moins de 11 salariés), à un crédit d’impôt de 1 600 € pour la première année si l’apprenti prépare un diplôme inférieur ou égal à BAC + 2 ainsi qu’à des aides de l’État et de la région. Pour en savoir plus, contacter la chambre d’agriculture du département de l’éleveur.

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