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Valorisation du fumier
Le compost est un produit naturel et hygiénique

Facile à épandre, de faible volume, plus hygiénique que le fumier sur les prairies, le compost dispose d´atouts pour être adopté par les éleveurs.


Le compostage est une technique ancestrale, simple, réhabilitée grâce à une mécanisation récente des aérations par retournement. La filière de traitement-valorisation des fumiers à la ferme appartient totalement aux éleveurs (sauf en élevages hors sol et en zone d´excédent structurel) dans une organisation collective des chantiers (Cuma avec chauffeur).
Aujourd´hui, les éleveurs sont sollicités pour jouer des rôles majeurs dans les différentes filières de traitement par le compostage, puis la valorisation des déchets verts des villes et des fractions fermentescibles des ordures ménagères. Ces produits peuvent être mélangés aux engrais de ferme et apporter de la cellulose aux fumiers qui en manqueraient. Attention toutefois, les composts obtenus sont des amendements stabilisés dans le sol pour plusieurs décennies. Le compost, produit de luxe des arboriculteurs et pépiniéristes est à la portée de tous. L´engrais de ferme devient un amendement homogène, calibré, qui sent le sous-bois. Les tas de fumier deviennent des andains réguliers et esthétiques, en bordure de champ contribuant à redorer l´image des engrais de ferme.

Le compostage accélère un processus naturel aérobie
Le compostage consiste à aérer de la matière organique (riche en cellulose et contenant un peu d´eau et d´azote) pour en accélérer l´évolution. Les aérations provoquées par le retournement de l´andain assurent le développement rapide d´une flore aérobie pré-existante dans la litière accumulée. Bactéries et champignons transforment la matière organique fraîche en fractions humifiées de stabilité variable. Les réactions provoquent alors des pertes de masse importante.
Le processus de compostage est un phénomène naturel qui s´amorce sans aération forcée lorsque le produit à composter emmagasine de l´air grâce à sa propre granulométrie. L´élévation de température au coeur du tas est l´expression de l´activité intense des micro-organismes.
En quelques semaines, les celluloses des pailles et l´azote des fumiers des micro-organismes évoluent conjointement. Les transformations qui auraient eu lieu dans le sol en plusieurs années sont accélérées. Le produit final a un rapport carbone/azote beaucoup plus faible que le fumier de départ, proche du C/N de la matière organique du sol. Le compost est dès lors devenu plus stable que le fumier de départ.
Le retournement de l´andain permet d´obtenir un produit homogène. ©D. R.

Les vrais fumiers avec cellulose sont compostables
Les produits à composter doivent contenir suffisamment d´eau pour assurer la vie et le développement des micro-organismes, mais pas trop. Un produit humide ne permet pas de maintenir une aération importante, il s´affaisse.
La cellulose est le moteur du compostage. C´est sa dégradation qui va assurer l´alimentation des micro-organismes. La cellulose joue aussi un rôle physique, elle assure le maintien de l´air dans le tas.
Seules, les déjections pailleuses (ou avec d´autres supports carbonés) sont compostables. Il s´agit des litières accumulées de bovins (7 kg de paille/UGB/jour), ovins, porcs et volailles, des fumiers de raclage après égouttage si le niveau de paillage est supérieur à 5 kg (par UGB et par jour), les lisiers en mélange avec un support carboné susceptible d´évoluer rapidement (paille par exemple). Il est possible de composter :
- les litières accumulées dès le curage ;
- les fumiers de raclage de logettes à plus de cinq kilos de paille par animal et par jour, après deux mois minimum d´égouttage sur une plate-forme ;

- les fumiers de mélange associant fumiers de litières accumulées et fumiers mous de raclage d´aires d´exercice pailleux et égouttés.
Attention, ces fumiers doivent être aérés dans un délai d´un mois après la mise en andain. Les vieux fumiers ne démarrent pas en température.
Les déchets ligneux peuvent également servir de supports, il doit s´agir de bois blancs, peupliers par exemple qui participent activement au compostage. Les autres bois devront être broyés au départ puis tamisés en fin de processus et les refus de tamis associés à la fabrication du compost suivant.
La confection des deux andains en ligne permet de les retourner en quelques minutes par un aller-retour. ©D. R.

Pour en savoir plus
Voir dossier de Réussir Pâtre de Janvier 2006 : « Le compost ovin, meilleur engrais de la ferme ». (R. Pâtre Janvier 2006, 13 pages)


* d´après une brochure technique de Sylvie Acala de l´Institut de l´élevage.
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