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L'Alsace retrouve son agneau local

La filière ovine alsacienne est marquée par une forte pression foncière mais un bassin de consommation important qui a permis d’amorcer le virage de la vente directe aux bouchers pour mieux valoriser les agneaux

© A. Villette

 

Avec plus de 1,8 million d’habitants sur  8 300 Km2, la région Alsace a une forte densité de population (225 habitants au km2). Cet important bassin de consommation permet d’écouler les produits agricoles locaux. L’Alsace est ainsi la quatrième région française pour la vente en circuits courts. 2900 exploitations vendent en circuits courts, soit un quart des exploitations alsaciennes. La forte densité de population contribue aussi à générer une concurrence forte sur le foncier. Avec un nombre élevé d’agriculteurs -  11 345 exploitations dont 5390 professionnelles - , les surfaces sont plutôt petites, 45 ha en moyenne, d’où la persistance d’un taux élevé de pluriactivité. La région est occupée par une grande diversité de productions et en 2013, 40 % du territoire était occupé par la forêt, 30% par des terres arables, 10 % par des surfaces toujours en herbe et 2 % par de la vigne.

Plus de la moitié des détenteurs d'ovins sont pluriactifs

Avec 30 000 brebis mères, localisées aux trois quart dans le Bas-Rhin, le cheptel ovin alsacien représente moins de 1 % du troupeau national. Ce cheptel s’est relativement bien maintenu au cours de la dernière décennie et seuls les petits troupeaux ont fortement régressé. Ils constituent tout de même encore 80% des élevages et seuls une cinquantaine d’éleveurs détiennent plus de 150 brebis. Un quart des élevages ovins sont des systèmes spécialisés. En systèmes mixtes, ils sont associés à d’autres herbivores notamment en montagne vosgienne ou à des grandes cultures préférentiellement en plaine du Rhin et région sous vosgienne. Plus de la moitié des détenteurs d’ovins sont pluriactif.

La vente directe aux bouchers en plein développement

Seul un tiers des agneaux est traité dans les abattoirs alsaciens, le reste partant en Lorraine ou dans le sud de la France, par l’intermédiaire de grossistes. Une part d’abattage non contrôlé est également à considérer. Avec une tradition importante de vente en vif aux particuliers et pour la fête de l’Aïd, les éleveurs ont dû réfléchir à de nouveaux débouchés pour sécuriser l’écoulement et la valorisation des agneaux face aux contraintes règlementaires. Les circuits courts bénéficient de ce revirement et étaient pratiqués en 2010 par la moitié des exploitations de plus de 150 brebis. Créée fin 2012 pour commercialiser des agneaux nés, élevés et abattus dans la région, la marque « Agneau terroir d’Alsace » est en plein développement. Avec l’arrivée de nouveaux adhérents et l’augmentation des points de vente, l’association a commercialisé en 2014 pas moins de 4 700 agneaux.

Retrouver le dossier complet dans le Pâtre n°624 de mai 2015, avec :

- La création d'un magasin collectif pour installer deux jeunes - reportage au Gaec l'Eichmatt

- "Nous sommes passés de bergers à éleveurs" - interview du président du syndicat ovin du Bas-Rhin

- Avoir l'oeil du boucher pour éviter le gras - reportage au Gaec Bottemer

- Maïs ensilage et vaine pâture pour maximiser l'autonomie alimentaire - reportage à l'EARL Schaeffer

- La marque Agneau terroir d'Alsace coordonne la vente directe - reportage chez le président de l'association

- Dialoguer avec les bouchers - Interview de la présidente de la corporation des bouchers du Bas-Rhin

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