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La mélangeuse alimente 700 brebis laitières en 40 minutes

Les associés du Gaec Bordacharria, dans les Pyrénées-Atlantiques, se sont simplifié le travail en distribuant une ration mélangée riche en foin aux brebis et un mash sec pour les agnelles.

La production ovine est devenue majeure pour les trois associés du Gaec Bordacharria, René, Henri et Betti Ourthiague. D’une part avec 155 000 litres de lait pour un cheptel de 700 brebis. D’autre part, avec une production festive d’agneaux de 9 à 11 kilos à destination de l’Espagne en fin d’année.

Les exploitations basquaises vivent au rythme de l’AOP Ossau-Iraty avec un prix du lait élevé d’octobre à avril. Pour s’adapter au futur cahier des charges de l’appellation, le Gaec Bordacharria a arrêté l’ensilage de maïs depuis deux ans. Les rations de ses brebis et agnelles se constituent essentiellement de fourrages à haute teneur en matière sèche : foin, foin de vesce… Les associés achètent de la luzerne pour ses apports en protéines, son appétence et son rôle mécanique dans le rumen. Ses rations fibreuses à base de foin seront une exigence de l’appellation Ossau-Iraty à partir de 2018.

Des rations appétentes et homogènes

« Nos brebis sont difficiles, il faut leur apporter des rations appétentes et homogènes d’un tapis à l’autre pour avoir de bons résultats », explique Betti Ourthiagues. Avec plus de 600 brebis en lactation, la charge de travail devient trop importante avec la conduite traditionnelle. « Le travail doit être simplifié si l’on veut que nos jeunes restent dans le Pays basque, renchérit René Ourthiagues. La production, c’est une chose. Mais les futurs éleveurs doivent disposer de temps pour s’impliquer dans leur filière et trouver de nouveaux débouchés, autres que l’agneau à destination de l’Espagne. »

Moins de temps à distribuer les fourrages et aliments

Pour son fils, Betti Ourthiagues, l’allégement de la charge de travail répond aujourd’hui à une problématique d’organisation. « Je dois gérer 470 agnelages en novembre et décembre. Ce n’est plus possible de passer ses journées à donner les fourrages, la pulpe de betteraves, les aliments aux animaux. Et en salle de traite, impossible de donner plus de 300 grammes de concentrés par brebis laitière. »

Dans ce contexte, la mélangeuse Keenan de 16 m3 a retenu son attention, d’autant plus que « j’ai appris que l’on pouvait préparer du mash pour les agnelles. Je ne voulais pas de vis verticale, pour être certain que les concentrés soient bien mélangés avec les fourrages ».

Ce ne sont pas moins de quatre fourrages que le Gaec Bordacharria distribue à ses brebis laitières : foin de prairie, regain, foin de luzerne et foin de vesce. En fin de lactation, le maïs est introduit dans la ration et remplace le concentré distribué en salle de traite ; 40 minutes suffisent pour alimenter l’ensemble des laitières. Auparavant, il fallait deux heures…

Une à trois tonnes de mash pour un mois

Pour les agnelles, Betti Outhiargue prépare une à trois tonnes de mash pour couvrir leurs besoins sur un mois. Ce mash est distribué deux fois par jour. « Nos jeunes brebis sont habituées ainsi à consommer très tôt des fibres et à ruminer. » Devenues adultes, elles ont une plus grande capacité d’ingestion grâce à un rumen bien développé : les brebis laitières valorisent mieux les fourrages de l’exploitation. « Nous avons moins de tri et moins de pertes », confirme Betti Outhiargue.

Combien ça coûte

Plus de 40 000 euros

La mélangeuse Keenan a été achetée en leasing il y a deux ans pour un prix total d’un peu plus de 41 000 euros. Ce prix comprend le tapis latéral relevable et la sortie en tapis de 80 cm (contre 1 m en version bovine). L’achat en crédit-bail est plus coûteux mais plus souple. « C’est la première fois que nous achetons une mélangeuse. Si le produit ne nous satisfait pas, c’est plus facile de nous en séparer » explique Betti Ourthiague. Depuis 2015, Keenan garantit ses mélangeuses à pales pendant 5 ans. Ce contrat de garantie inclut aussi les pièces d’usure tels que couteaux ou bavettes de caoutchouc.

Avis d'expert sans photo

Marie-Cécile Aurnague, Centre départemental ovin des Pyrénées-Atlantiques

" Une ration sécurisée et davantage de fourrages consommés "

" Betti Ourthiague a relevé un double challenge en 2014 en arrêtant à la fois l’ensilage de maïs et en investissant dans une mélangeuse à pales. Sa mélangeuse a sécurisé la ration tout en permettant à l’éleveur d’utiliser une grande quantité de fourrages produits sur l’exploitation. Les brebis consomment plus de fourrages et le valorisent mieux, ce qui se traduit par des lactations plus élevées, 205 litres par an et par brebis. C’est un constat que l’on fait régulièrement après l’achat d’une mélangeuse. Chez Betti Ourthiague, les mélanges sont homogènes et réguliers, les brebis consomment la totalité sans faire le tri en fonction de la qualité des bottes. Autre intérêt de la mélangeuse : la possibilité de gérer des troupeaux de plus grande taille tout en facilitant le travail. Le gain est double, à la fois sur le nombre de brebis en production et sur le niveau de lactation. La mélangeuse est un retour aux fondamentaux de la rumination qui ont été trop souvent oubliés. La brebis est un ruminant, qui digère les fourrages à condition de lui apporter des fibres stimulant son rumen. Nous retrouvons du bon sens en nous recentrant sur la rumination."

Dico

Mash

Le mash est un mélange brut de matières premières pour l’alimentation animale. Les composants n’ont pas été broyés. Au mieux ils ont été aplatis. On peut les identifier à l’œil. Certains composants peuvent se présenter sous forme de noyaux (granulés ou bouchons).

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