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La main-d’œuvre sous toutes ses formes

Au-delà du salariat, plusieurs solutions permettent de partager le travail sur son élevage. Reste à choisir la plus adaptée.

Joël Acher, éleveur ovin laitier en Hérault © D. Hardy
Joël Acher, éleveur ovin laitier en Hérault
© D. Hardy

Dans le cadre d’Inn’ovin, la FNO et l’Institut de l’élevage ont édité une série de fiches1 présentant les principales solutions de recours à la main-d’œuvre : association, entraide, entreprise extérieure, apprentissage, service de remplacement, groupement d’employeurs, emploi direct. De nombreux éleveurs ovins aspirent à avoir plus de temps libre alors que la charge administrative augmente, que la taille des exploitations grandit et que le bénévolat familial diminue. Ce besoin de solutions s'accente dans une période où le temps de travail du reste de la société tend à diminuer.

Avant d’opter pour l’une ou l’autre solution, il convient d’identifier les améliorations souhaitées sur son élevage. Veut-on faire face au pic de travail ou se libérer du temps au quotidien ? Il faut aussi s’interroger sur ce que l’on est prêt à changer sur son exploitation. La simplification du système, l’aménagement des bâtiments (paillage automatique, tapis de distribution…), l'investissement dans du matériel de contention (cornadis, parc…) ou le travail avec un chien de troupeau sont aussi des solutions pour gagner du temps.

Des moyens à mobiliser et des appréhensions à lever

Si l’on veut faire appel à de la main-d’œuvre extérieure, il faut bien sûr être capable de dégager des ressources pour payer et pérenniser le personnel recruté. Même si cela peut être perçu comme un placement qui apporte des gains économiques, en temps, en réactivité et en souplesse face à l’imprévu, salarier quelqu'un nécessite un fonds de roulement suffisant avant un retour sur investissement qui sera décalé dans le temps.

Il faut aussi être en mesure de gérer le travail d’autrui, donc savoir déléguer et faire confiance. Heureusement, la réticence sur ces points se lève souvent de manière progressive une fois le salarié en place. Autre difficulté souvent énoncée par les éleveurs: trouver et fidéliser un bon salarié. Mais avant cela, il faut prendre le temps de réfléchir au profil recherché : quelles sont les qualités les plus importantes, suis-je prêt à le former, combien suis-je prêt à le payer ? Dans tous les cas, différentes solutions existent pour ne pas rester seul.

Avis d’éleveur

Joël ACHER, éleveur ovin laitier en Hérault

« Cinq employeurs pour un même salarié »

« Avec quatre autres éleveurs ovins laitiers de la même génération, nous avons fait appel sept ans durant à un salarié dans le cadre d’un groupement d’employeurs. Nous avons été aidés lors de la mise en place de ce groupement pour la partie administrative. Heureusement, car c’est ce qui nous faisait le plus peur. Si on veut un salarié compétent, il lui faut de la stabilité. Nous ne l'avons jamais considéré comme un salarié kleenex que l’on appelle uniquement le week-end. Nous nous sommes réparti le travail, un jour par semaine, entre les co-employeurs avec des réunions deux à trois fois par an pour planifier le calendrier. En cas de force majeure, on pouvait bien sûr modifier ce planning. Et c’est très rassurant de savoir que quelqu’un qui connaît la ferme peut nous remplacer facilement en cas d’absence. Pour le salarié, ça peut être un très bon tremplin vers l’installation car il expérimente diverses façons de travailler. Et, à la différence d’un stage, il est payé à la fin du mois… Le salarié a un seul employeur et un seul contrat de travail. De notre côté, nous avions une facture à régler tous les mois. »

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