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Grâce à la génétique moléculaire
La lutte contre la tremblante avance à grands pas

En sélectionnant avec de simples analyses sanguines des animaux génétiquement résistants utilisés pour la reproduction, chaquerace est en bonne voie pour se prémunir contre la maladie.


Certains moutons présentent naturellement une résistance à la tremblante. Cette résistance est liée à la nature d´un gène appelé PRP qui peut présenter différents niveaux de sensibilité. Les animaux de génotype résistant à la tremblante placés dans un milieu très contaminant ne contractent pas la maladie. Cette aubaine a été exploitée par les pouvoirs publics, les scientifiques, les sélectionneurs et les éleveurs pour commencer à éradiquer la maladie.
Pour cela, le ministère de l´Agriculture et de la Pêche finance et pilote le Programme national d´amélioration génétique pour la résistance à la tremblante du mouton. Mis en place en 2001 par les éleveurs sélectionneurs avec l´aide et l´accompagnement de l´Institut de l´élevage, de l´Inra et de France Upra Sélection, ce programme vise à éliminer la sensibilité génétique à la maladie du troupeau français. L´objectif à terme est le renouvellement de tous les béliers utilisés par les éleveurs français par des animaux certifiés résistants.

Les scientifiques ont d´abord cherché à connaître le niveau de résistance génétique du cheptel en organisant un vaste génotypage des animaux. Pour cela, suite à un prélèvement sanguin, l´analyse de la nature du gène PRP permet de connaître le niveau de résistance à la maladie.
A l´origine, certaines races, comme le Berrichon du Cher, présentaient une structure génotypique plus résistante que d´autres. ©J. Diependaele

Génotypage des mâles puis des femelles
Privilégiant la voie mâle, plus rapide et touchant un plus grand nombre de descendants, le génotypage s´est d´abord porté sur les mâles reproducteurs appartenant aux schémas de sélection.
Puis, le travail s´est concentré sur les animaux de renouvellement, et 60 000 animaux ont été testés en 2002, 84 000 en 2003, 78 000 en 2004 et près de 70 000 en 2005.
Certaines analyses ont pu être évitées en calculant les probabilités de génotype en fonction de la connaissance de celui des parents ou des descendants.

Ainsi en 2004, on a pu prédire plus de 28 000 génotypes de façon complète et 151 000 de façon incomplète, avec dans les deux cas un haut degré de certitude, en s´évitant ainsi de débourser les 20 à 22 euros nécessaires au coût d´un génotypage.
Ces analyses ont permis de choisir les animaux à retenir pour la base de sélection en fonction de leur résistance à la tremblante ; les animaux très sensibles étant éliminés d´office et les plus résistants étant privilégiés. Grâce à ce choix, il n´y a plus, aujourd´hui, d´animaux très sensibles parmi les futurs reproducteurs mâles de haut niveau génétique. Mieux encore, en 2005, la quasi-totalité des ces futurs mâles reproducteurs et un peu plus de deux tiers des béliers diffusables vers l´ensemble des élevages possédaient un génotype « très résistants » ARR-ARR.

Espoir de la génétique moléculaire
Heureusement, la sélection drastique des animaux résistants n´a pas mis à terre des années de progrès génétiques accumulés et la variété des origines a été préservée. Malgré tout, la semence de certains béliers sensibles à la maladie, mais intéressants du point de vue génétique, a été conservée à la Cryobanque nationale.
« Le programme national d´amélioration génétique pour la résistance à la tremblante a bien fonctionné en France puisqu´il existait déjà un bon réseau, de bons outils et des schémas de sélection organisés collectivement », se félicite Mickaël Brockard, de France Upra Sélection et co-animateur du programme. « C´est une des premières fois que la génétique moléculaire est utilisée à cette échelle et la réussite de ce programme est très encourageante ». Mais, maintenant que ce programme a montré son efficacité, il ne faut pas que les éleveurs relâchent leurs efforts. Les reproducteurs résistants doivent continuer à être utilisés pour assainir les troupeaux.
Le génotypage est effectué par l´un des 19 laboratoires agréés en France et revient à environ 22 euros par analyse. ©P. Pulvery

L´impact de la tremblante en chiffres
Entre le 1er janvier et le 23 mai 2006 :
147 883 analyses de tremblante réalisées
166 cas de tremblante ovine observés
125 foyers de tremblante
Depuis 1996 :
734 foyers de tremblante ovine et caprine confirmés
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