La jeune génération a la technique pour gagner aux Ovinpiades
Dix-sept filles et vingt-trois garçons ont participé à la finale de la 21ème édition des Ovinpiades, samedi 21 février, au Salon international de l’agriculture à Paris. Ce rendez-vous incontournable de la filière ovine s’ouvre à un public de plus en plus varié, plus féminin et non issu du milieu agricole, tout en promouvant l’installation et la rigueur technique.
Dix-sept filles et vingt-trois garçons ont participé à la finale de la 21ème édition des Ovinpiades, samedi 21 février, au Salon international de l’agriculture à Paris. Ce rendez-vous incontournable de la filière ovine s’ouvre à un public de plus en plus varié, plus féminin et non issu du milieu agricole, tout en promouvant l’installation et la rigueur technique.
9h du matin, samedi 21 février, sur le grand ring du Salon international de l’agriculture à Paris. Quarante jeunes en formation agricole, venus de toute la France, s’apprêtent à entamer sept épreuves, véritable heptathlon de l'élevage ovin. Le graal ? Décrocher le titre de Meilleur jeune berger ou bergère de France 2026.
La finale de cette 21ème édition des Ovinpiades s’ouvre sur une épreuve théorique, avec un questionnaire et un quizz de reconnaissance des races. « On apprend à reconnaître les différentes races à partir de photos mais de la photo à la réalité, il y a parfois une grande différence. » explique Matthieu, un élève du lycée de Carmejane, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Puis les jeunes bergers et bergères enchaînent les épreuves pratiques toute la journée : parage des onglons, évaluation de l’état corporel d’une brebis, tri des agneaux, lecture de boucle électronique, choix d’un bélier qualifié, et pose de clôtures électriques. Des tâches classiques de l'élevage ovin, rappelant que la technique au cœur du quotidien des éleveurs.
Romain Rogemont, meilleur berger 2026, en pleine épreuve de tri des agneaux. ©D. Séailles
La technique pour gagner
L’ambiance qui règne dans le grand ring est calme et conviviale. Les soixante brebis de la Bergerie nationale de Rambouillet mobilisées pour l’occasion attendent stoïquement dans leurs parcs. Les élèves sont un peu stressés : tous ont, au moins un peu, l’espoir de gagner. « Je serais un peu déçu de ne pas être dans le top 10, parce qu'on s’est bien préparés. » lance Alexandre, du lycée de Brioude Bonnefont, en Haute-Loire. Mais comme le dit son camarade Alexandre : « On est surtout là pour passer un bon moment. »
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Si l’épreuve du tri des agneaux, elle, met en confiance, d’autres épreuves sont plus redoutées. Le parage des onglons, où les brebis peuvent être blessées par un coup de sécateur mal placé. Ou encore la nouveauté de cette année, la pose de clôtures électriques. « On s’est surtout entraîné à poser des filets, comme on le fait par chez nous. » explique Mathieu. « Finalement, ça s’est mieux passé que ce que je pensais ! » Une stratégie payante : le jeune homme remporte le premier prix en pose de clôtures.
La pose de clôtures électriques était une nouveauté 2026. ©D. Séailles
Entraide et esprit de camaraderie au coeur des Ovinpiades
Les meilleurs bergers 2025, Jeanne Touzelet et Anthony Rispal, meilleur berger 2025, étaient là pour conseiller leurs camarades. « Mon conseil : bien observer et analyser la situation avant d’agir. Mais le plus important, c’est de profiter du moment ! » sourit Jeanne. Et Anthony d’enchaîner : « Il faut se donner à fond, et bien faire attention aux détails. »
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Les Ovinpiades sont aussi un moment de rencontre et d’échange entre jeunes de différentes régions et de différents milieux, ainsi qu’entre acteurs de la filière. Maïwenn, étudiante en BTS Métiers de l’Élevage à l’Agricampus de Laval, participe pour la première fois. Elle nous confie qu’elle n’aime pas la compétition, ce qui ne l’empêche pas de chercher à donner le meilleur d’elle-même. Mais c’est surtout l’occasion pour elle de rencontrer tous les acteurs de la filière ovine… idéal pour décrocher un stage en exploitation. « Quand j’ai gagné les Ovinpiades régionales, j’ai enfin eu des retours positifs à mes demandes de stage ! » s'enthousiame-t-elle.
Pas le droit à l'erreur à l'épreuve de parage des onglons ! ©D. Séailles
Un Nivernais et une Lotoise sacrés meilleurs bergers
C’est finalement Romain Rogemont, 21 ans, qui décroche le titre de meilleur berger de France 2026. Le jeune homme, élève au CS ovin du CFPPA de Charolles en Saône-et-Loire, s’est beaucoup entraîné pour les Ovinpiades. Satisfait de sa participation, il lance quelques heures avant de remporter le titre : « Je n’aurais pas pu faire mieux ! » Entre autres prix, il remporte une agnelle.
La meilleure bergère de France, Manon Devez, 21 ans, est en formation CS ovin au CFA du Lot. Elle n’est pas issue du milieu agricole mais projette de s’installer une fois son CS ovin terminé. Elle remporte un bon d’adoption pour un chiot Border collie.
Manon Devez et Romain Rogemont, tous deux âgés de 21 ans, vainqueurs des Ovinpiades 2026. ©D. Séailles
Des apprentis cinéastes à la rencontre des éleveurs ovins
En parallèle des épreuves individuelles, huit équipes de jeunes participaient à l’épreuve collective. Cette année, il leur fallait réaliser un court-métrage sur le thème « Un regard aérien sur les brebis qui font vivre le territoire », en intégrant des prises de vue au drone. Une occasion pour des jeunes en formation agricole de tous horizons de découvrir la filière ovine et de rencontrer des éleveurs ovins. Le dynamisme et la rigueur de l’équipe de Nouvelle-Aquitaine a su séduire le jury. Elle a remporté un chèque de 2000 euros à consacrer au projet ovin de leur choix.
L'équipe Nouvelle-Aquitaine a reçu le premier prix aux Ovinpiades collectives, pour leur court-métrage sur l'ancrage territorial de l'élevage des brebis. ©D. Séailles
De l’importance de la technique
Ce sont au total plus de 1000 jeunes qui ont participé aux sélections des Ovinpiades cette année. Un succès pour cette compétition qui ambitionne de promouvoir l’élevage ovin auprès des jeunes et ainsi susciter des installations. « Seuls 41% des agneaux consommés en France sont produits sur le territoire. » affirme Patrick Soury, président de la section ovine d’Interbev. Promouvoir l’élevage ovin en France est donc « un enjeu de souveraineté alimentaire ». Et pour augmenter la production d’agneaux, Patrick Soury rappelle toute l’importance d’acquérir des compétences techniques. Et quoi de mieux qu'une compétition comme les Ovinpiades pour démontrer que la rigueur technique peut mener au succès ?