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La concertation sur l’ours mal engagée

Les éleveurs n’ont pas digéré les réintroductions d’ours cet automne alors qu’au moins 46 ours seraient présents sur le massif.

Après la réintroduction automnale de deux ourses sans concertation, les éleveurs ont du mal à vouloir partager une feuille de route commune avec les pouvoirs publiques. © Paunovic
Après la réintroduction automnale de deux ourses sans concertation, les éleveurs ont du mal à vouloir partager une feuille de route commune avec les pouvoirs publiques.
© Paunovic

Les chambres d’agriculture et associations d’éleveurs ont boycotté la présentation, le 11 mars dernier, des propositions visant à favoriser "la cohabitation dans les Pyrénées entre les ours et le pastoralisme". Pour les éleveurs de la FNSEA et JA, il n’est pas question de valider cette feuille de route tant que les réintroductions se poursuivent. Les éleveurs ariégeois demandent aussi que la problématique de l’ours dans le Couserans soit rapidement réglée. Ils insistent aussi pour ne pas lier les indemnisations aux mesures de protection. « Nous ne voulons pas de 'groupe ours' qui parlerait de cohabitation avec l’ours car, ici, on ne veut pas vivre avec lui », explique en substance Bertrand Gerbet, jeune éleveur des Hautes-Pyrénées.

Dans la feuille de route proposée par la préfecture, on trouve des expérimentations sur l’effarouchement de l’animal, ou "sur la fixation des ours dans les zones forestières", zones "enrichies en ressources végétales adaptées aux ours (arbres fruitiers…)". La préfecture de la région Occitanie doit également dresser un premier bilan du protocole « ours à problème » qui peut aller théoriquement jusqu’à l’élimination de l’animal.

L’aire de répartition s’accroît

Un rapport du CGAER (Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux) proposait d’améliorer le dispositif d’indemnisation, en "simplifiant la procédure d’instruction", grâce à la mise en place d’un auto-diagnostic déclaratif via une application smartphone. Le rapport de septembre dernier, mais seulement récemment communiqué, propose également de "rapprocher le barème ours du barème loup", notamment en intégrant l’indemnisation les pertes indirectes.

Si la préfecture précise que la concertation "ne s’inscrit en aucun cas dans un processus de réintroduction", les éleveurs n’ont pas digéré l’arrivée des deux ourses slovènes en octobre dernier. Alors que la tension reste vive entre habitants de la montagne et protecteurs de l’ours, les éleveurs craignent d’autres passages en force avec de nouvelles réintroductions d’ursidés dans les Pyrénées.

Selon le ministère de la Transition écologique, au moins 40 ours sont décomptés dans les Pyrénées en 2018. L’estimation passe à 46 individus en incluant l’ensemble du massif pyrénéen avec l’Espagne et Andorre. L’aire de répartition de l’espèce dans les Pyrénées ne cesse de croître, passant de 6 000 km² en 2017 à 7 400 km² en 2018.

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