Aller au contenu principal

Gilles Bourrieau à Gourgeon en Haute-Saône
« Je devais me professionnaliser avant de m’installer »

Gilles avait besoin d’élargir ses connaissances et de prendre du recul avant de s’installer. Après huit ans de salariat et six mois de certificat spécialisé ovin, il se sentait prêt.

Aujourd'hui, la culture de maïs a disparu et celle de luzerne s’est développée. © Ciirpo
Aujourd'hui, la culture de maïs a disparu et celle de luzerne s’est développée.
© Ciirpo

« Lorsque j’ai décidé de m’installer, en 2014, je connaissais bien l’exploitation. Très bien même puisque c’était celle de mes grands-parents où, adolescent, j’y avais passé mes vacances et bon nombre de week-ends. J’y avais même travaillé au cours de mes deux années d’apprentissage de BTS. Le problème, c’est que je ne connaissais qu’elle, ou presque !

Après le BTS, je ne me sentais pas prêt à m’installer. Je travaille alors un an au service de remplacement, en vaches laitières essentiellement. Et puis, je suis successivement salarié et directeur dans le secteur associatif, deux ans dans l’agriculture et cinq ans hors du secteur agricole. Mais, même si les relations humaines me sont indispensables, les brebis et la ferme me manquent. Avec ma grand-mère, ma future associée qui est installée depuis 1992, nous construisons un nouveau projet et décidons de créer un Gaec pour passer de 180 à 340 brebis sur les 74 hectares, toujours en agriculture biologique et en vente directe dans un magasin de producteurs. Nous conservons cette activité de commercialisation qui a permis mon installation sans agrandissement de l’exploitation. Fortement encouragé par ma grand-mère, je décide de m’inscrire au certificat de spécialisation ovin à Mirecourt dans les Vosges. J’avais besoin de me professionnaliser, de connaître d’autres modes d’élevage, d’autres façons de travailler.

J’ai fini le CS en juin 2015 et je me suis installé le 1er janvier 2016. À l’issue de ces six mois d’alternance entre les cours et les stages en exploitation, j’étais prêt. Comme la structure tournait déjà, nous avons profité de mon installation pour nous équiper en matériel afin de simplifier le travail. Et j’ai désormais tous les éléments pour choisir et trouver des compromis. Si j’ai des questions techniques, je sais que je peux appeler mes formateurs. Nous avons aussi modifié des points de la conduite du troupeau. Par exemple, les brebis pâturent l’hiver des couverts implantés par un voisin céréalier bio. Nous avons également modifié les périodes de reproduction afin de nous simplifier le travail tout en approvisionnant le magasin de producteurs chaque semaine. Bien sûr, cela a été possible grâce à mes nouvelles connaissances qui m’ont permis de prendre du recul mais aussi parce que ma grand-mère est toujours prête à remettre en questions ses pratiques. Elle est toujours prudente mais, si mes arguments sont valables, elle est partante ! »

Pâturage et simplification du travail

Être salarié avant de s’installer

Une période de salariat avant l’installation agricole permet souvent d’acquérir des expériences professionnelles et d’avoir une ouverture sur son métier. Ces expériences dans le milieu agricole peuvent aider à mieux définir et construire son projet d’installation. En visitant d’autres exploitations dans le cadre de son activité, le salarié-futur installé peut piocher des bonnes idées à adapter à son projet. Le salariat permet aussi de se rendre compte des conditions des salariés avec ses avantages (salaire régulier, temps libres…) mais aussi ses limites (hiérarchie, horaire imposé, manque d’autonomie…).

Les plus lus

<em class="placeholder">Des ovins au pâturage dans les Pyrénées catalanes.</em>
Des chercheurs catalans suivent le pâturage des ovins à la trace
Des chercheurs de l’Institut de recherche et de technologie agroalimentaire, basé en Catalogne, ont équipé de traceurs GPS des…
Des carcasses d'agneaux au marché de Rungis.
Accord UE-Australie : 25 000 tonnes de viande ovine et caprine concédées à l’Australie
Un nouvel accord de libre-échange a été conclu entre l’Union européenne et l’Australie le 24 mars. Les droits de douane européens…
L'éleveuse tient un chiot beauceron dans ses bras en extérieur.
Aveyron : « J’allie mes deux passions, les chiens de conduite et la sélection génétique »
Installée en Gaec en Aveyron, Amandine Gastal est éleveuse de brebis lacaunes et de beaucerons. L’élevage de chiens de conduite…
En Dordogne, « nous produisons 1 800 agneaux par an en baissant la mortalité »
Les associés du Gaec de Vialette, en Dordogne, produisent des agneaux toute l’année grâce au désaisonnement lumineux. Néanmoins,…
<em class="placeholder">Un éleveur et son troupeau de Hampshire</em>
« Moins elles passent de jours en bâtiment, mieux c’est » : Nicolas conduit ses Hampshire en plein air intégral
Jeune installé en plein air intégral, Nicolas Mary mise sur la rusticité de la brebis Hampshire pour une conduite économe. Il…
<em class="placeholder">Une brebis Montagne Noire</em>
La Montagne noire, une race aux qualités bouchères reconnues
Au Mas-d’Azil en Ariège, sur le massif du Plantaurel, Patrick Respaud est la cinquième génération à élever des vaches Gasconne…
Publicité
Titre
OFFRE SPÉCIAL PRINTEMPS
Body
A partir de 86,40€/an​
Liste à puce
Profitez de notre offre Printemps: -20% jusqu'au 05 avril 2026! Code Promo : OFFRE_PRINTEMPS_2026
Accédez à tous les articles du site Réussir Pâtre
Consultez les revues Réussir Pâtre au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Réussir Pâtre