Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Thierry Agrinier, président de la section ovin lait de la FDSEA de l’Aveyron
« J’ai espoir que les producteurs se retrouvent sur certaines orientations »

La filière de Roquefort n’a pas réussi à mettre en place le fonds lait cru qui devait réduire les écarts de prix du lait entre producteurs. Avant d’aller plus loin, elle doit faire évoluer ses structures.

Thierry Agrinier, président de la section ovin lait de la FDSEA de l’Aveyron © Volonté Paysanne
Thierry Agrinier, président de la section ovin lait de la FDSEA de l’Aveyron
© Volonté Paysanne

La filière a échoué sur la création du fonds qualité lait cru destiné à remettre un peu de solidarité entre producteurs. Pourquoi et quelles en seront les conséquences ?

Thierry Agrinier - Lors de la réunion de la confédération de Roquefort, début mai, un industriel a refusé la création du fonds qualité lait cru, en contradiction avec le consensus qui avait été signé par toutes les entreprises et toutes les associations de producteurs à l’automne dernier. Ce fonds était destiné à rééquilibrer partiellement l’écart de prix entre producteurs. Le prix du lait étant désormais lié au mix produit de chaque entreprise, l’écart entre les producteurs les mieux payés et les moins bien payés pourrait être supérieur à 100 euros par mille litres de lait. Ceux qui avaient joué le jeu de la maîtrise de la production dans l’ancien système seront les plus pénalisés. Ce refus a pour conséquence de faire tomber toutes les autres mesures qui étaient associées à ce fonds, en particulier le plan de régulation de l’offre de roquefort, destiné à éviter une surproduction de fromage et un risque de bradage sur les marchés, ainsi que la mutualisation des risques sanitaires. Le budget de la publicité collective sera également divisé par quatre. Les industriels, qui ont le mix produit le plus défavorable, ont préféré mettre l’argent destiné à ces mesures sur le prix du lait. Nous craignons aussi que les industriels ne redistribuent pas en totalité la masse financière qui abondait la caisse de péréquation de l’ancien système.

Les discussions se poursuivent-elles malgré tout et cette idée du fonds qualité lait cru peut-elle émerger de nouveau ?

T. A. - Pour l’instant, nous sommes en train de construire le collège producteur qui siégera au sein de la future interprofession. Il devrait être composé de représentants des organisations (OP) et associations de producteurs (50 %), des syndicats (25 %) et des territoires (25 %). La modification des statuts de la Confédération de Roquefort est également en cours. À partir de là, nous pourrons engager de nouvelles bases de travail. Mais, l’idée d’un fonds qualité lait cru est abandonnée, au moins pour le moment.

Comment expliquez-vous que la solidarité qui faisait la force de la filière Roquefort ait ainsi volé en éclats ?

T. A. - L’ancien système, avec ses qualités et ses défauts, aurait dû évoluer. Mais, l’arrivée du paquet lait, qui n’était pas adapté à notre filière, a semé la division. Les industriels en ont profité pour retrouver leur indépendance par rapport à la gestion des volumes et au prix du lait et ont orienté les producteurs vers la verticalité des OP, alors que nous étions nombreux à souhaiter la création d’une OP transversale. Néanmoins, j’ai bon espoir que, dans quelque temps, les producteurs se retrouvent sur certaines orientations.
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Si la plupart des randonneurs se montrent respectueux du travail des bergers, certains échanges peuvent être tendus lorsque les brebis se font dispersées ou que les chiens sont aux abois. © B. Morel
" Vis ma vie de berger "
Joseph Boussion, alias Carnet de Berger sur Facebook, s’est donné pour mission de faire connaître la vie en estive aux…
La prédation par le loup impacte fortement les résultats économiques de l'exploitation.
Le loup entraîne un surcoût de 4 600 à 12 100 euros par exploitation
La prédation par les loups entraîne des pertes de production et des frais de protection qui ne sont pas assez compensés par les…
La bergerie, terminée en 2016, est fonctionnelle avec ses nourrisseurs et ses cornadis. © J.-M. Bidoire
Produire 500 agneaux avec 300 brebis Ile-de-France et Texel
Quatre ans après son installation, Pierre Largy produit 500 agneaux, dont 80 % sous label rouge, dans un nouveau bâtiment…
Les dégâts de l'ours sont passés de 516 animaux domestiques tués ou blessés en 2018 à 1 173 en 2019. © M. Paunovic
Toujours plus d’ours, plus d’attaques, plus de victimes
52 ours ont tué au moins 1 173 animaux l’an dernier dans les Pyrénées.
Au 31 mars, le loup avait déjà tué plus de 1 200 animaux domestiques. © L. Bourgeois
Le loup, 27 années de cauchemars
Voilà près de 30 ans que le loup a fait son retour en France, protégé par la Convention de Berne et la directive Habitat de l’…
Le tableau des indicateurs de coûts de production publié par Interbev montre les prix minimales pour assurer un revenu par travailleur de 2, 2,5 ou 3 Smic.
Un prix de revient de 9,50 à 12 euros pour avoir trois Smic en élevage ovin
Le tableau des indicateurs de coûts de production publié par Interbev montre les prix minimaux pour assurer un revenu par…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 8,00€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir Pâtre
Consultez les revues Réussir Pâtre au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Réussir Pâtre