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Détecter les mammites en ovin allaitant

Première cause de réforme en élevage ovin allaitant, les mammites peuvent avoir un impact économique conséquent. Voici quelques conseils pour les prévenir et les détecter précocement.

« Les mammites représentent 30 % des réformes, ce qui en fait la première cause de réforme chez les brebis », alerte Claire Saby-Chaban, vétérinaire à Socsa Élevage, lors d’une journée technique ovine dans le Lot. Une maladie qui n’a rien d’anodin : en diminuant la quantité et la qualité du lait produit, les mammites ont un impact direct sur la croissance des agneaux. « L’impact économique des mammites est souvent sous-estimé. »

Une mammite est une inflammation de la mamelle due à une bactérie (staphylocoque doré ou Mannheimia haemolytica), ou un virus. Les brebis avec une immunité faible peuvent aussi être sensibles à des levures, telles que les aspergilles et Candida albicans. La contamination se fait souvent au contact d’agneaux voleurs, porteurs de ces germes. « Les agneaux voleurs transmettent des germes présents sur la mamelle d’une brebis à une autre. » Une mauvaise conformation de la mamelle augmente aussi les risques : « Une mamelle mal conformée sera moins tétée et donc moins bien drainée qu’une mamelle bien conformée », explique la vétérinaire.

Mammites : trois périodes à risque

« Il est important de détecter les mammites précocement, avant qu’elles ne deviennent chroniques. Une mammite chronique entraîne la destruction du tissu mammaire et une production de lait insuffisante. » Les symptômes d’une mammite modérée sont des kystes et des signes d’inflammation de la mamelle, qui est rouge, chaude et douloureuse. À un stade aigu, le lait produit est aqueux, et l’animal est fiévreux. Au stade gangréneux, la mamelle est bleue et le pronostic vital de l’animal est engagé. « Trois périodes sont à risque : l’agnelage, la lactation et le tarissement»

À la mise bas

À l’agnelage, l’immunité de la brebis est diminuée. « Une alimentation adaptée à la mise bas limite cette baisse d’immunité », rappelle Claire Saby-Chaban. Le paillage aussi doit être suffisant, autour de 1,5 kilo par jour et par brebis. Au tout début de la lactation, l’agneau ne tète pas encore beaucoup : il y a un risque que la mamelle soit mal drainée. La palpation des mamelles permet de s’assurer que les deux trayons sont fonctionnels. « Un pis de bois entraîne la réforme de la brebis et l’adoption de son agneau par une autre. Pour les brebis avec une mammite sur un des deux quartiers, ne laisser qu’un seul agneau et réformer la brebis après lactation », explique la vétérinaire. En revanche, la présence de sang dans le colostrum n’est pas grave.

En lactation

Il faut être vigilant aux contaminations via les agneaux voleurs. Les mamelles avec des kystes sont à surveiller de près : les agneaux peuvent manquer de lait. Ainsi, un agneau qui ne tète pas peut être un signe indicateur de mammite. Si plus de 10 % des brebis sont contaminées, vérifier le paillage et la ration, et faire intervenir un vétérinaire. Il pourra prescrire un traitement antibiotique ou vaccinal adapté au germe à l’origine des mammites, ainsi qu’un anti-inflammatoire.

Au sevrage

La mamelle produit toujours, mais n’est plus vidangée par l’agneau. Il faut donc adapter la ration pour diminuer la production de lait. « Trois à sept jours avant le sevrage, arrêter les concentrés et ne donner que du foin », conseille la vétérinaire. Bien séparer les agneaux des brebis, car une nouvelle tétée suscite une nouvelle montée de lait.

À la mise à la lutte, une palpation systématique des mamelles permet de vérifier si les deux quartiers sont fonctionnels, et de réformer le cas échéant. « Une mamelle bien conformée a des trayons inclinés vers le bas, ni trop gros, ni trop petits. » Les kystes ne sont pas forcément un critère de réforme immédiat, mais doivent être surveillés.

Remerciements aux organisateurs de la journée technique ovine du Lot 2026

Côté web

Vidéo du Ciirpo sur la palpation des mamelles : https://www.youtube.com/watch?v=eRejTEEgQoc

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