Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

sutitre
Des rencontres et des concours au Salon de l’agriculture

Pendant neuf jours, le dynamisme de la filière ovine a pu contraster avec l’ambiance parfois morose du Salon en pleine crise de l’élevage.

Le Salon de l’agriculture a ouvert ses portes du 27 février au 6 mars dans une ambiance contrastée. L’enthousiasme des quelque 610 000 visiteurs qui ont arpenté ses allées, un chiffre en baisse de 11% seulement malgré le contexte sécuritaire, détonnait avec les banderoles, tee-shirts et brassards « je suis éleveur, je meurs ». « Si la filière ovine ne connait pas aujourd’hui les mêmes difficultés que les filières bovines, les éleveurs ovins n’échappent pas à la crise car 60 % de nos exploitations sont mixtes », a tenu à rappeler Michèle Boudoin, présidente de la FNO. Dans un contexte où la consommation et le prix restent des sujets de préoccupation majeurs, la FNO a profité du Salon pour rencontrer les principales enseignes de la grande distribution. « Nous avons voulu échanger pour connaître leurs besoins, la place de la viande dans leurs magasins, leurs stratégies de segmentation, leurs idées pour redynamiser la consommation et leurs politiques de prix. Ces éléments sont importants pour pouvoir, sur le terrain, conforter la contractualisation en allant jusqu’au deuxième niveau, c’est-à-dire jusqu’à une forme de contractualisation entre les groupements de producteurs et les distributeurs. »

De belles présentations de races malgré les difficultés

Malgré la morosité, les éleveurs sélectionneurs n’ont pas boudé le Salon et les races en concours ont affiché de belles présentations. « Nous sommes agréablement surpris que les éleveurs jouent le jeu, malgré le contexte » s’est réjouit Aline Bonnot, directrice de l’OS Mouton Charollais. Une vingtaine d’éleveurs avaient emmené 64 animaux pour le concours de la race, soit autant que l’an dernier. « Nous avons des agneaux d’à peine un an qui atteignent un poids de 100 kilos, a souligné Pascal Chaponneau, président de l’OS. Cela représente une progression énorme. Quand je vois la conviction et la hargne mises par les éleveurs pour préparer les animaux pour venir au Salon, je me dis que si les élus pouvaient mettre autant d’énergie à résoudre les problèmes, la crise serait résolue. » Les prix de championnat viande, mâle et femelle, ainsi que le prix d’ensemble ont été remporté par le Gaec de Champagny. En race Mouton vendéen, 13 éleveurs avaient amené 57 animaux. « Le Mouton vendéen est une race docile, ce qui facilite le travail et la contention, vantait Christophe Morisset, éleveur de la Vienne. Nous recherchons dans nos objectifs de sélection à préserver la mixité de la race avec un équilibre entre les caractères bouchers et de reproduction. En effet aujourd’hui, il ne suffit pas d’avoir une bonne qualité de viande, il faut produire des agneaux pour vivre du mouton. »

La viande d'agneau en concours pour la première fois

Mais le concours général agricole, ce n’est pas que les races, c’est aussi les produits. Les viandes y participaient pour la quatrième édition mais c’était la première fois que l’agneau sous signe officiel de qualité concourrait. Pour des questions de logistiques, les dégustations avaient eu lieu en janvier au lycée des métiers de l’hôtellerie Jean Drouant à Paris mais les résultats ont été dévoilés le 27 février au Salon. Les prix récompensaient un partenariat entre groupement d’éleveurs, ODG et abatteurs. Ainsi l’abatteur Bigard à Castres associé aux éleveurs du groupement Sica-2G a remporté une médaille d’or pour son agneau Lou Paillol Label Rouge ;  Arcadie Sud-Ouest à Rodez associé aux éleveurs d’Unicor a remporté une médaille d’argent pour son Agneau fermier du Pays d’Oc label rouge et l’abatteur Destrel de Gramat associé aux éleveurs de la Capel a également remporté une médaille d’argent pour son agneau fermier du pays d’OC label rouge. « Ce qui sera intéressant, c’est de voir les répercussions, sur la durée que peut avoir ce prix sur les ventes et la consommation de notre produit » note Jérôme Rédoulès, président de la Sica-2G.

Les produits laitiers et les prairies récompensées 

Les fromages et produits laitiers au lait de brebis ont également été récompensés de 10 médailles d’or, 17 d’argent et 11 de bronze au concours général agricole. Autre concours impliquant les éleveurs, celui des prairies fleuries qui a mis à l’honneur, le 4 mars dernier, les prairies ayant le meilleur équilibre agri-écologique et qui participent à l'autonomie en fourrage des exploitations. Dans la catégorie fauche (et pâturage), le premier prix est revenu à l’élevage ovin et bovins allaitants de la Ferme des Champs Lambert dans le Territoire de Belfort. Le premier prix dans la catégorie pâturage (et fauche) est revenu à Jean-Pierre Casavieille, éleveur-fromager bovin et ovin dans les Pyrénées-Atlantiques. Le jury a salué "la passion de son travail et de sa recherche d’autonomie fourragère, sur une prairie à l'aspect paysager remarquable en forte pente, entièrement fauchée à la main et récoltée au râteau".

Des éleveurs motivés malgré l'ambiance morose

Des photos du salon sont accessibles sur www.patre.fr
Les résultats des concours sur www.concours-agricole.com

Un prix pour I-Zy Sheep, la remorque multifonction

Les jeunes de l’enseignement agricole étaient très présents et mobilisés sur le Salon, que ce soit pour participer aux ovinpiades, faciliter la circulation des animaux vers le ring ovin... Pour capter ces jeunes et les intéresser aux filières agricoles coopératives, Coop de France a imaginé un concours étudiant « Inventez les coopératives de demain », dont les prix ont été remis le 1er mars au Salon. Dans la catégorie Appui et conseil aux exploitations, le premier prix a été remporté par un groupe de six étudiants d’AgroSup Dijon ayant imaginé, en partenariat avec la coopérative Feder, une remorque automatisée multifonction I-Zy Sheep. « Nous avons essayé de voir ce qui existait déjà et d’apporter un plus, explique Roxane Arnoult. Ici, le point fort de l’outil est de combiner quatre fonctions : chantiers de tri, pesées, échographies et traitements et d’enregistrer ou commander ces opérations grâce à la lecture électronique. De plus, il est mobile ce qui permet de réaliser ces opérations, même aux champs et de s’adapter à toute sorte de bergerie. Cela permet aussi d’en faire un outil mutualisable à plusieurs agriculteurs. » Si l’outil n’existe aujourd’hui que sur le papier, Feder a apprécié le travail mené par les étudiants. « Le concept est très intéressant, souligne Anne-Marie Bolot, technicienne. Cela mérite d’être approfondi pour voir ce qu’on peut en faire et nous en débattrons au prochain conseil d‘administration de la coopérative. »

Des éleveurs de raïoles récompensés

Adrien Rigal a reçu le deuxième prix de la fondation du patrimoine pour l’agro-biodiversité animale. Avec son frère Lucas, il élève 340 brebis de race raïole dans un système très pastorale des Cevennes. « La raïole est docile et valorise bien les glands, les châtaignes, les landes et les fourrages grossiers » explique l’éleveur de 28 ans. En plus du pâturage sur les parcours, les brebis entretiennent aussi les fonds de vallée enfrichés autour de Belcastel, l’un des plus beaux villages de France dans l’Aveyron. « D’un effectif de 1 000 brebis recensés en 1994, nous sommes passés à 2 500 aujourd’hui » apprécie Martine Fiolet de l’association de sauvegarde des raïoles, caussenardes et rouges du Roussillon. Avec la dotation de 6 000 euros offerte par Ceva Santé animale, les jeunes éleveurs souhaitent clôturer une partie de leur parcours et développer la vente directe des agneaux grâce à un atelier de découpe.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Si la plupart des randonneurs se montrent respectueux du travail des bergers, certains échanges peuvent être tendus lorsque les brebis se font dispersées ou que les chiens sont aux abois. © B. Morel
" Vis ma vie de berger "
Joseph Boussion, alias Carnet de Berger sur Facebook, s’est donné pour mission de faire connaître la vie en estive aux…
La bergerie, terminée en 2016, est fonctionnelle avec ses nourrisseurs et ses cornadis. © J.-M. Bidoire
Produire 500 agneaux avec 300 brebis Ile-de-France et Texel
Quatre ans après son installation, Pierre Largy produit 500 agneaux, dont 80 % sous label rouge, dans un nouveau bâtiment…
La prédation par le loup impacte fortement les résultats économiques de l'exploitation.
Le loup entraîne un surcoût de 4 600 à 12 100 euros par exploitation
La prédation par les loups entraîne des pertes de production et des frais de protection qui ne sont pas assez compensés par les…
Les dégâts de l'ours sont passés de 516 animaux domestiques tués ou blessés en 2018 à 1 173 en 2019. © M. Paunovic
Toujours plus d’ours, plus d’attaques, plus de victimes
52 ours ont tué au moins 1 173 animaux l’an dernier dans les Pyrénées.
Au 31 mars, le loup avait déjà tué plus de 1 200 animaux domestiques. © L. Bourgeois
Le loup, 27 années de cauchemars
Voilà près de 30 ans que le loup a fait son retour en France, protégé par la Convention de Berne et la directive Habitat de l’…
Le tableau des indicateurs de coûts de production publié par Interbev montre les prix minimales pour assurer un revenu par travailleur de 2, 2,5 ou 3 Smic.
Un prix de revient de 9,50 à 12 euros pour avoir trois Smic en élevage ovin
Le tableau des indicateurs de coûts de production publié par Interbev montre les prix minimaux pour assurer un revenu par…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 8,00€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir Pâtre
Consultez les revues Réussir Pâtre au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Réussir Pâtre